Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 16:56

Il est une évidence que le but de la vie c’est le bonheur. Ceci pousse-t-il les uns et les autres à user de leurs moyens pour faire ce qui peut donner une garantie à leur vie : les études pour les uns, le travail manuel pour d’autres, le commerce,… l’essentiel étant qu’on se sente heureux dans la vie.

En République Démocratique du Congo, les études (quelque soit le niveau atteint) ne sont pas  une panacée ; surtout dans le secteur de l’enseignement. Evidemment, cela n’empêche pas qu’on fasse un pas de plus dans les études (Master, Doctorat,…) dans l’espoir que le lendemain irait mieux. Tout de même, la réalité est telle que plus on travaille dur plus on gagne le moins possible. Les pauvres enseignants, de quelque niveau soit-il (Ecole Primaire, Ecole secondaire, Enseignement Supérieur et Universitaire),  qui travaillent  jour et nuit gagnent en retour le ridicule (ils sont les mal habillés, les mal chaussés,…), les injures (leur salaire, que certains qualifient d’ailleurs de  « SIDA » au sens de « Salaire Insuffisant et Difficilement Acquis », dénote une moquerie),…

Etablissons, à titre illustratif, une petite comparaison entre le salaire de l’enseignant avec ce que lui coûte la vie au quotidien. Au bout du mois, le pauvre enseignant touche 40000 Francs Congolais. Par contre, un poisson coûte 2000 Francs Congolais. Déduisons que le salaire de tout un mois vaut 20 poissons que le pauvre enseignant croquerait avec sa famille sans rien de plus (pas de braise, pas d’huile, pas de sel,…) et à moins d’un mois (20 jours seulement).  C’est vraiment très paradoxal ! C’est pourtant la carrière qui forme les cadres du Pays : médecins, avocats, communicologues, géologues, hommes politiques,… Ces derniers, une fois au pouvoir, oublient par quelles mains ils sont passés et se partagent les biens de l’Etat comme un gâteau de famille en clamant très haut que l’enseignement n’est pas rentable.

Cela étant, les pauvres enseignants se débrouillent tant bien que mal en initiant de petites activités génératrices de recettes en vue du bien-être de leurs familles. On les verra ainsi se couper à mille et un morceaux: enseignements ça et là (sans pouvoir y être correctement payé également), vente de la braise, vente des boissons locales (le « Mantrakwa[i] » ou la « kasiksi[ii] »),… le comble étant que lescorrections des cahiers des devoirs à domicile ou copies d'examens se feront dans des petites boucheries, dans des restaurants très dérisoires, derrière des éventaires, dans des champs (lors des pauses car affamés et fatigués par les enseignements du jour).

Sous toute cette sueur de la débrouille, il y a lieu de se demander ce que devient la qualité de l'enseignement à transmettre.

 

Quand j'examine de près la situation du pauvre enseignant congolais, je me dis qu'il lui manque seulement l'arme pour faire autant que le pauvre militaire qui, passant outre son devoir et obligations de protecteur du peuple, tracasse ce dernier à la tombée de l'obscurité.

 

Mais, alors, l’enseignant mérite-t-il cela ? Il est grand temps que nos dirigeants repensent la politique salariale. Sans en avoir trop de preuves, il semble que dans ce pays il y en a qui, par mois, gagnent facilement un salaire de 250 enseignants et même plus (4o$ x 250 = 10000$); sans compter les avantages liés au poste. Paradoxalement, on va se rendre compte qu’il n’est que D6 ou Gradué alors que ceux qui ont un niveau d’études supérieur au sien n’ont même pas le un vingtième de son salaire. Quel égoïsme et égocentrisme !

 

Comme solution à ce problème salarial, pourrait-on penser à une formule telle que le même titre scolaire ou académique devrait être payé de la même façon où qu’on soit (enseignement, administration publique,…). De ce fait si un D6, Gradué, licencié ou  Phd,… doit gagner 200$ le mois, cela devrait être pareil pour tous ceux qui ont ce niveau d’études quelque soit le service auquel ils appartiennent. Evidement, cela n’exclurait pas les avantages liés au poste et à l’échelon. Un licencié faisant fonction de recteur d’une Université aurait quelques avantages liés à ce poste qui le distingue d’un autre qui lui donne cours seulement. Aussi, celui qui a déjà quelques échelons aurait un peu plus pour récompenser cette ancienneté dans le service.

 

Pour le bien-être de tous, aidons l’homme politique à bien organiser la polis.

 



[i][i] Bière locale (N-Kivu) à base de maïs.

[ii] Vin de bananes.

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 09:50

Même si pour des raisons de commodité, certaines gens n’expriment pas l’inquiétude qu’ils aient mis au monde uniquement des garçons ou des filles, c’est tout de même une réalité que vivent bien de couples.Trois enfants, trois garçons, et pas de fille à l’horizon… !

Fille ou garçon, on serait tenté d’influencer le choix de Dame Nature ! Mais, alors, comment faire ? Certaines pratiques peuvent être d’usage et influencer ce choix; même si toutes ne conduisent pas à des résultats escomptés.

a.   Pour faire des garçons 

Certaines pratiques sont recommandées. Il s’agit notamment :

-      De l’abstinence sexuelle complète à partir des règles jusqu’au jour de l’ovulation, ou au moins 7 jours avant, pour améliorer la qualité et la concentration du sperme en spermatozoïdes ;

-      Du rapport sexuel au moment de l’ovulation (intérêt de la courbe thermique[1]si les cycles ne sont pas réguliers) ;

-      D’une douche vaginale alcaline avant le rapport : 2 cuillères à soupe de bicarbonate de soude dans 1 litre d’eau ;

-      De l’orgasme de la femme qui pourrait être simultané ou précéderait celui de l’homme ;

-      D’une pénétration vaginale par l’arrière pour favoriser le dépôt du sperme au contact du col de l’utérus ;

-      De la pénétration pénienne profonde au moment de l’orgasme.

b.    Pour faire des filles

Certaines pratiques sont recommandées. Il s’agit notamment :

-      De l’activité sexuelle normale jusqu'à deux ou trois jours avant l’ovulation ;

-      D’une douche vaginale acide : 2 cuillères à soupe de vinaigre d’alcool dans 1 litres d’eau ;

-      Pas d’orgasme chez la femme ;

-      Position de pénétration classique (position missionnaire) ;

-      Pénétration pénienne peu profonde au moment de l’orgasme.

Pour déterminer les dates les plus favorables des rapports (faire le programme
et éventuellement 2 graphiques):

-      Pour les garçons : prendre la date des dernières règles (DDR), y ajouter la durée du cycle et retrancher 14 jours. Pas de rapports entre la DDR et ce jour-là

-      Pour les filles : rapports permis entre la DDR jusqu'au jour J. Le calcul peut se faire de la façon suivante : J= DDR + durée du cycle -17 (voire 16 mais c'est moins sur) suivi d'une abstinence sexuelle d'au moins 10 jours.

c.    les croyances ont la vie dure !

Notons que choisir le sexe de bébé, c’est un rêve vieux comme la Tour de Babel ! Dès l’Antiquité, Aristote affirme sans rire qu’il faut que le vent du Nord souffle si on veut un garçon ! Au XVIIIème, les « savants » conseillent au Papa de se pincer le testicule gauche – celui qui engendre les filles ! – pour avoir un mâle… Et pour une fille ? La sagesse populaire commande d’attendre la pleine Lune, propice à la féminité, dit-on !

Fille ou garçon, les parents d’aujourd’hui ont aussi leurs croyances : la date de conception, par exemple. Pour avoir un garçon, il faudrait le concevoir le jour même de l’ovulation, car les spermatozoïdes Y - les mâles donc - seraient plus rapides que leurs copines X : l’homme court plus vite que la femme, voyons !

Des scientifiques ont tenté de vérifier cette « méthode » si populaire. Ils ont examiné les naissances issues d’inséminations artificielles, où – par principe - on connaît avec certitude la date de conception et d’ovulation. Résultat : rien à signaler ! La date de conception n’influe pas sur le sexe de bébé !

Autre méthode pseudo-scientifique qui a la vie dure : le vinaigre ! Il faudrait injecter dans le vagin - 15 mn avant le rapport sexuel – 1 litre d’eau et 2 cuillerées de vinaigre pour concevoir une fille, et à l’inverse pour un garçon, 1 litre d’eau et 2 cuillerées de bicarbonate de soude. Pas très glamour, et totalement fantaisiste ! Le sperme, alcalin par nature, a un fort pouvoir de neutralisation de l’acidité : 2 cuillères de vinaigre n’y changeront rien ! Des expériences menées dans les années 70 ont d’ailleurs définitivement prouvé l’inefficacité de cette « méthode »…

d.   Le régime alimentaire : la méthode du Dr Papa

En 1977, un gynécologue-obstétricien nommé Dr Papa – ça ne s’invente pas ! – lance une étude à la maternité parisienne de Port-Royal. Il s’intéresse à l’influence de l’alimentation sur la détermination du sexe des bébés.

L’expérience du Dr Papa porte sur 200 femmes, mais seules 58 suivent jusqu’au bout ce régime alimentaire contraignant… Le taux de réussite – un enfant du sexe désiré – est de 77,6%. L’expérience est menée aussi à Montréal par le Dr Lorrain, avec 80% de réussite sur 224 grossesses, et à Paris par le Pr Stolkowski, avec 88% de réussite sur 60 grossesses

Quelle est l’idée de base ? Une alimentation riche en potassium et sodium favorise la conception de garçons. À l’inverse, des aliments riches en  magnésium et calcium permettent d’engendrer une fille. Selon l’hypothèse du Dr Papa, le régime alimentaire influerait sur les récepteurs de l’ovule, qui accueilleraient alors plus favorablement un type de spermatozoïdes, X ou Y.  

Fille ou garçon, certes, il semblerait possible de maximiser ses chances... Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Le Dr Papa insiste bien sur les limites de cette méthode : « Le « régime fille » ou le « régime garçon » doit être strictement suivi, sans écart et sous surveillance médicale1 ». Cela implique bien des contraintes : il faut commencer le régime au moins deux mois et demi avant la conception – avec un moyen contraceptif hors pilule – et poursuivre tant qu’on n’est pas enceinte… c’est-à-dire parfois plusieurs mois ! De plus, la prise de médicaments est interdite pendant cette période, car on ne sait pas s’ils peuvent interagir avec le régime. La surveillance médicale est indispensable, pour s’assurer que l’organisme supporte bien le régime. D’ailleurs, il y a des contre-indications : n’appliquez pas ce régime si vous souffrez d’hypertension, de diabète, d’insuffisance rénale, de maladie cardiaque… et consultez absolument un médecin avant de vous lancer !

1.   Le régime « garçon »

Cette liste non exhaustive est donnée à titre indicatif, d’après le livre de Françoise Labro1. La surveillance médicale est indispensable : consultez au préalable votre gynécologue. Il pourra vous orienter vers un médecin-nutritionniste qui vous aidera à équilibrer vos repas, et vous prescrira éventuellement un complément minéral, renforçant l’efficacité du régime.

• Aliments interdits : lait, laitages, fromages, eaux minérales sauf eau de Vichy, coquillages et crustacés, œufs en plat principal, pain complet ou sans sel, pâtisseries au lait ou à la crème, crêpes, fruits secs comme noix, noisettes, cacahuètes, amandes, toutes les salades vertes (sauf mâche), tous les choux crus, épinards, chocolat, cacao, moutarde…

• Aliments autorisés : thé, café, jus de fruits, boissons gazeuses, eau de Vichy, beurre salé, crèmes et sauces sans lait, toutes les viandes, charcuterie, tous les poissons, œufs en préparation (pâtes aux œufs, pâtisserie) 2 fois par semaine, riz, pâtes, semoule, pain ordinaire, croissants, brioches, légumes (sauf interdits), tous les légumes secs, fruits secs comme pruneaux, raisins, figues, sucre, miel, huile…

2.   Le régime « fille »

Cette liste non exhaustive est donnée à titre indicatif, d’après le livre de Françoise Labro1. La surveillance médicale est indispensable : consultez au préalable votre gynécologue. Il pourra vous orienter vers un médecin-nutritionniste qui vous aidera à équilibrer vos repas, et vous prescrira éventuellement un complément minéral, renforçant l’efficacité du régime.

• Aliments interdits : sel, café, thé, chocolat, jus de fruits, boissons gazeuses, boissons alcoolisées, beurre salé, margarine, toutes les charcuteries, poissons fumés, séchés, salés ou en conserve, coquillages, crustacés, tous les fromages, pain ordinaire, viennoiseries, quiches, pizzas, maïs, chips, persil, épinards, tous les choux, champignons, courgettes, endives, avocats, fenouil, tomate crue, soja, légumes secs, fruits secs, fruits (sauf ceux autorisés), toutes les conserves, plats préparés…

• Aliments autorisés : lait (au moins ¾ de litre par jour), laitages (au moins 2 fois par jour), beurre sans sel, crème, 130 gr de viande par jour max, 130 gr de poisson frais par jour max (cuit au court bouillon), œuf, pain et biscottes sans sel, riz, pâtes, semoule, pommes de terre (3 fois par semaine max), légumes (sauf ceux interdits), pomme, poire, clémentine, fraise, framboise, sucre, miel, huiles, poivre, épices…

Aucune des théories classiques ne repose sur un fondement scientifique quelconque. Par contre, il semble plus probable qu’une méthode basée sur un régime alimentaire strict s’accompagne de résultats vérifiés et vérifiables.

e.   Complément sur le régime alimentaire pour le choix du bébé

·        Pour avoir un petit garçon :

-      buvez de l’eau minérale à forte concentration de sodium et potassium ( vérifiez les teneurs sur les étiquettes des bouteilles) ;

-      supprimez les laitages, fromages et jaunes d’œufs :

-      mangez des viandes séchées, fumées et de la charcuterie.

·        Pour avoir une petites fille, c’est évidemment tout le contraire :

-      buvez des eaux à forte concentration de calcium et magnésium, - abusez des produits laitiers sous toutes ses formes et des œufs ;

-      excluez les viandes trop salées et la charcuterie.

Bonne chance et puis n’oubliez pas que tous ces régimes nécessitent d’être suivis par un nutritionniste qui prescrira des compléments en vitamines pour pallier les éventuelles carences.

 



[1] La courbe thermique : est une méthode qui consiste à prendre sa température (pour les femmes) le matin au réveil avant le lever. Au moment de l'ovulation se produit un décalage thermique de +3 ou 4/10 persistant jusqu'aux règles (ou jusqu'a l'accouchement). Un rapport le jour du
décalage favorise les garçons. Les rapports 3 jours après ce décalage sont en
principe sans risque de grossesse. Le problème est que la moindre infection (un simple rhume par exemple) a le même effet sur la courbe.  

 

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 09:21

                         Depuis l’éclatement de deux guerres successives dites de libération en République Démocratique du Congo, la Province  du Nord-Kivu est particulièrement affectée par les méfaits et conséquences de ces guerres. La haine ethnique y a pris de l’ascenseur, les conflits fonciers y font parler d’eux-mêmes. D’où, la présence des bandes armées dont ni le gouvernement ni les leaders des tribus n’ont de main-mise.

                         Les conséquences sur la pauvre population sont innombrables : des pillages sont en répétition, des maisons sont continuellement brulées dans des villages, des champs et élevages sont ravagés, des tueries à l’arme blanche sont signalées ça et là, les viols faits aux femmes passent en outrance,… La population est réellement dépourvue de ses biens et est très instable.

                          En prêtant une oreille attentive aux uns et aux autres, tous s’accordent sur une lutte sauvage pour se libérer de ces atrocités. La question que les hommes avertis peuvent se poser est celle de savoir si les combustibles sont mieux placés pour éteindre le feu. L’histoire nous révèle toujours le contraire ; et, les exemples sont multiples : Somalie, conflit israélo-palestinien,…

                          De ce fait, nous dirions que la paix est toujours résultat d’une voie négociée : la non-violence.

                          C’est dans cette logique qu’il est souhaitable, pour le Nord-Kivu, d’adhérer aux idées des partisans de la non-violence, à l’occurrence MAHTMAN GANDHI, MARTIN LUTHER KING, NELSON MANDELA.

                          Dans le cadre d’une paix durable, Nelson MANDELE avait-il dit un jour: «  Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé » (Nelson MANDELA, un long chemin vers la liberté). Dans la communauté internationale, Mandela est ainsi présenté comme une « incarnation de la non-violence à l’échelon planétaire » (www.la-croix.com/article index.jsp). A l’occasion de ses 91 ans, le Président américain Barack Obama déclare a propos de Mandela que « sa vie nous enseigne que l’impossible peut se réaliser» (www.le monde.fr/Afrique/article/2009)et le Secrétaire Général de l’ONU Ban ki-moon qu’il est « citoyen du monde exemplaire » et « incarnation vivante des plus hautes valeurs des Nations unies. Son engagement envers une Afrique du Sud démocratique, multiraciale ; sa poursuite tenace de la justice ; sa volonté de se réconcilier avec ceux qui l’ont le plus persécuté-ce sont certaines des caractéristiques d’un homme remarquable » (Radio Chine internationale, 18/07/2009). Pour le Président français Nicolas Sarkozy, « Nelson Mandela représente un espoir pour l’humanité. C’est un homme qui est responsable de la réussite exceptionnelle de l’Afrique du Sud, de cette coexistence multiethnique. C’est un symbole pour beaucoup d’entre nous » (Le figaro, 29 février 2008). Pour Abdou Diouf, le Président de l’organisation internationale de la francophonie, Nelson Mandela est « le plus grand homme encore vivant sur terre » (Les Afriques, 22/04/2010).

 Parlant de GANDHI, synthétiserions-nous ses idées sur la non-violence en dix commandements présentés de la manière suivante :

1° Avoir un respect absolu de la personne humaine, c’est-à-dire ne jamais tuer ni blesser en paroles ni ou en acte ;

2° S’attaquer au mal et non à la personne qui le fait ;

3° Se garder de la haine ;

4° Agir avec une fermeté permanente dans la société ;

5° Ne jamais se taire ni courber la tête devant l’injustice ;

6° Refuser de s’habituer au mal ;

7° Chercher, dire, et servir la vérité dans l’amour en toute situation ;

8° Savoir risquer sa vie et surmonter la peur de la mort ;

9° Désobéir aux ordres de n’importe quelle autorité visant à détruire et à humilier le peuple ;

10° S’enraciner dans la prière pour s’imprégner.

Bref, pour une pacification durable du Nord-Kivu, peut-être aussi de l’Est de la République Démocratique du Congo, il faut la voie de la non-violence.

 

 

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 10:22

  

1.      Définition

 

Le mot nihilisme vient du latin « nihil » qui signifie « rien ». Il désigne la doctrine selon laquelle les valeurs ne possèdent pas de vérité absolue : elles sont de terribles contre-vérités qui ravalent (ravaler=déprécier, abaisser, empêcher de se manifester) l’homme a une morale d’esclave, au ressentiment (fait de se souvenir avec rancune) où son vouloir s’anéantit.

C’est dans l’œuvre de Nietzsche que la notion va prendre son sens philosophique. Elle révèle une tendance fondamentale de la civilisation moderne qui est fondée sur des « idoles » prises pour des valeurs ou pour des vérités inestimables.

Le nihilisme se trouve à l’origine de toute la décadence qui aboutit à notre culture au sens où il est une affirmation du négatif. Son affirmation essentielle est la mort de Dieu. Si Dieu est mort, on doit admettre qu’à présent le ciel est vide et l’idéal est perdu.

Les étapes du nihilisme sont (Deleuze,G., Nietzsche, Paris, PUF, 1965) :

-      Le ressentiment ;

-      La mauvaise conscience ;

-      L’idéal ascétique ;

-      La mort de Dieu ;

-      Le dernier homme, celui qui veut périr.

Citons Nietzsche sur cette fin : « Dès que l’homme découvre que ce monde n’est bâtit que sur ses propres besoins psychologiques et qu’il n’est nullement fondé à y croire, on voit se dégager la  dernière forme du nihilisme qui implique la négation du monde métaphysique et qui s’interdit de croire à un monde vrai. Parvenu à ce stade, on avoue que la réalité du devenir est la seule réalité, on s’interdit tous les chemins détournés qui ramèneraient la croyance à d’autres mondes et à des faux dieux. Mais on ne supporte pas ce monde que l’on n’a déjà plus la volonté de nier…On est arrivé au sentiment de la non-valeur de l’existence… » (Nietzsche., La volonté de puissance, (1887), Paris, Aubier).

 

2.   Notice biographique (NIETZSCHE : 1844-1900)

 

Nietzsche est né à Röcken en Saxe. Son père, qui exerçait les fonctions de pasteur, meurt 5 ans plus tard. Sa famille s’étant installée à Naumburg, près de Halle, c’est au collège de PFORTA que Nietzsche fait ses études. En 1864, il s’inscrit à l’Université de Bonn. Il s’y distingue à tel point en Philologie classique (Philologie=Etude historique des langues et civilisations par l’analyse critique des textes) qu’il est, dès 1869, sur la recommandation de RITSHL, nommé Professeur a l’Université de Bâle. Déjà, cependant, d’autres influences le détournent de la spécialisation philologique : celle de SCHOPENHAUER (dont il lit, en 1865, l’œuvre fondamentale), et celle de RICHARD WAGNER, avec lequel il noue une amitié pleine de promesses. La publication de « La naissance de la tragédie » au début de 1872, suscite les réactions hostiles des milieux universitaires, mais lui valent les éloges enthousiastes de WAGNER et de quelques amis, dont ROHDE. A travers la critique de SCHOPENHAUER, c’est toute la métaphysique qui est ébranlée. Une des conséquences est la rupture avec WAGNER, en mai 1878. Nietzsche est si gravement malade qu’il doit quitter son poste de Bâle. Commence alors une existence errante, où le philosophe, traqué par la maladie et par son génie (l’un se nourrissant de l’autre), affronte, dans le labyrinthe abstrait des idées, les énigmes suprêmes. « Aurore » (1880-1881) prolonge les analyses d’ « humain, trop humain » ; mais c’est avec le Gai savoir (1881-1882) que se précisent les intuitions qui constituent les thèmes centraux de la philosophie nietzschéenne. Présenté à LOU SALOME par son ami Paul REE, Nietzsche peut caresser un instant l’espoir d’adoucir la cruauté de son destin par la présence de cette jeune fille fascinante et douée magnifiquement. Mais ces relations s’achèvent sur une catastrophe. Humilié, Nietzsche s’enfonce dans une solitude toujours plus rigoureuse et des souffrances dont les lettres de l’époque retracent le martyre monotone. Même ses anciens amis (ROHDE, OVERBECK, entre autres) ne soupçonnent pas le drame de l’esprit qui se joue dans ces lieux de l’Engadine, de l’Italie et de l’Eternel Retour. L’éclair d’Ainsi parlait Zarathoustra illumine tout l’horizon du prochain siècle, mais les contemporains ne lèvent pas les yeux, occupés qu’ils sont des vanités à la mode. Nietzsche n’en continue pas moins son labeur héroïque, puissant dans ses notes (qui formeront l’énorme masse des posthumes) la matière des livres qu’il lance comme des brûlots (Navire chargé de combustibles, pour incendier les bâtiments ennemis ; journal ou article polémique) vers cette Europecynique (cynique=qui exprime des opinions contraires à la morale reçue), frivole (qui a peu de sérieux et, par suite, d’importance) et décadente que décrira plus tard MUSIL : en 1886, Par-delà le bien et le mal, en 1887, La généalogie de la morale, puis, en 1888, alors que les rumeurs de la gloire (grâce aux conférences de BRANDES à Copenhague et à la sympathie de Taine) montent autour du solitaire, Le ca Wagner, Le crépuscule des idoles, Nietzsche contra Wagner, L’antéchrist. « Ecce homo » est déjà rédige quand se produit la crise de démence, à Turin, en janvier 1889. Nietzsche meurt 11 ans et demi plus tard, à Weimar.

 

3.    Quelques dates qui marquent la vie de Nietzsche

 

-  1844 : Naissance en Saxe où son père est pasteur.

- 1863 : Professeur à l’université de Bâle. Il subit l’influence de Wagner et de Schopenhauer avec lesquels il se lie d’amitié. Publication d’ « humain, trop humain », il critique Schopenhauer et il est à un tournant de sa pensée car il remet en question la métaphysique.

- 1878 : Gravement malade, il erre, traqué par la maladie et par son génie, l’un se nourrissant de l’autre.

- 1882 : Lien avec Lou Salomé, jeune fille fascinante, mais leurs relations cessent vite et Nietzsche en est amer et déçu. S’enfonce dans la solitude et souffre beaucoup. Publication d’ « Ainsi parlait Zarathoustra » qui exprime un Socrate tragique et où se met en œuvre le labeur héroïque de sa pensée.

- 1889 : crise de démence qui le terrasse à Turin. Pendant 11 ans, il sera dans le chaos de la maladie mentale.

- 1900 : Nietzsche meurt sans avoir retrouvé la raison.

 

4.            Présence de Nietzsche

 

Le titre de « nihilisme » associé à l’œuvre de Nietzsche pose tout d’abord un problème d’interprétation culturelle.

L’interprétation politique de sa pensée procédait grossièrement du schéma suivant lequel Nietzsche fut le penseur du nihilisme, du rien, du grand refus libertaire et anarchisant.

Bien plus intéressante est la perspective qui consiste à voir en Nietzsche le prophète du déclin de la raison et du savoir occidental, le fondateur de la critique de la morale et de la religion, et l’annonciateur des grands ébranlements qui secouent le monde. Avec Nietzsche la philosophie connaît une fin, peut-être sa fin, mais elle est porteuse d’un nouveau commencement.

 

5.            S’expliquer avec soi-même

 

Nietzsche c’est d’abord l’affirmation d’un homme qui prend à bras le corps, la responsabilité de penser par lui-même, en dehors même des voies très rationnelles qui ont abouti aux grands systèmes philosophiques, de SOCRATE à HEGEL. Il raille les philosophes maniaques de la raison et obsédées par le problème de la vérité. Il pense, au contraire, que la raison est superficielle, elle n’atteint que la surface des choses. Il dit que « la pensée est pour beaucoup une corvée, pour moi dans mes jours heureux, une fête et une orgie » (orgie= partie de débauche ; repas long, copieux et arrosé). Il se pose en esthète de la philosophie qui peut devenir semblable à l’art et à « la fête qui inclut l’orgueil, l’insolence, l’ascèse, la raillerie à l’égard de toute sorte de sérieux ». Apprécier la philosophie Nietzschéenne c’est d’abord découvrir la richesse de la vie intérieure d’un homme pour qui la pensée n’est pas froide, rationnelle, objective, mais un acte de passion amoureuse, d’exaltation à la vie, car la vie est une explication d’abord avec soi-même, elle est le fruit d’une interrogation inquiète qui puise dans la richesse inépuisable de l’existence une nouvelle manière d’être et de philosopher.

L’œuvre de Nietzsche est d’abord une œuvre critique à l’égard du théorique et de la morale, c'est-à-dire une critique de l’idéal et de la vérité.

En second lieu, elle propose une pensée antimorale, antithétique, une pensée artistique qui n’est pas dévoilement de ce qui est mais création absolue conforme à la créativité même de la vie.

Enfin, cette pensée se propose comme critique du savoir dans laquelle la science est examinée à la lumière de l’art. C’est sur ce terrain du savoir qu’il énonce les grands thèmes de son œuvre : volonté de puissance, Eternel retour,…

 

6.            La critique Nietzschéenne de l’homme chrétien

 

Pour peu que l’on connaisse Nietzsche, on aperçoit tout de suite que la partie élaborée de son œuvre est la partie critique.  Tel est le cas de Zarathoustra, le personnage le plus célèbre de son œuvre et son porte-parole. Zarathoustra est entouré de vieilles tables brisées et aussi de nouvelles tables à moitié écrites.

          A la fois issu du christianisme et anti-christianisme, Nietzsche écrit tranquillement : « Je suis un des plus terribles adversaires du christianisme ».

Pour démontrer les méfaits et les perversions que le christianisme a engendré dans l’homme, Nietzsche qui pourtant connaît bien l’histoire va concentrer essentiellement son analyse sur le présent et sur l’existentiel dans lesquels il baigne. Si l’on veut, d’après lui, connaître ce qu’est l’homme chrétien type, il suffit de regarder l’homme occidental de la 2epartie du 19e s et comment il vit. Il suffit également de scruter la volonté qui l’anime et de la sonder jusqu’à son fond inavoué.

Il va s’appliquer ainsi, comme philosophe, à faire la généalogie de la foi. Dans son travail de fouille et d’exploration presque freudienne de l’âme chrétienne, Nietzsche discerne une attitude fondamentale : le ressentiment (ressentiment= fait de se souvenir avec rancune). C’est à partir de ce dernier que s’explique toute la croyance religieuse du chrétien. Ce qui caractérise en effet le christianisme selon Nietzsche c’est un idéal ascétique qui se présente comme un refus de la vie conjoint à la projection du sens de l’existence dans une autre vie meilleure que la première. Ce monde-ci est une prison dont il faut s’évader et il faut chercher le salut moyennant la foi dans un arrière-monde invisible.

          En agissant ainsi, le christianisme a déplacé le centre de gravité de l’homme. Il l’a arraché de son lieu naturel qui est ce monde-ci pour le projeter à Dieu. Une scission tragique est alors introduite dans l’homme qui est partagé entre le monde dans lequel il vit et qui lui est interdit et un au-delà qui est une œuvre illusion. En fait, ce « non » à la vie qui caractérise l’homme chrétien, Nietzsche ne l’impute pas vraiment en Jésus. Celui-ci proclamait la bonne nouvelle, c'est-à-dire l’Evangile. Mais le grand responsable c’est Paul, l’apôtre par excellence du ressentiment chrétien, de l’idéal de renoncement et d’ascèse, le prédicateur du péché et de la hantise (inquiétude obsédante) qu’il a introduite et perpétuée dans l’Eglise.

Si l’on considère le Christ  comme type personnel en le distinguant du christianisme comme type collectif, il faut reconnaitre à quel point il manquait de ressentiment, de mauvaise conscience ; il se définit par un joyeux message, il présente une vie qui n’est pas celle du christianisme, une religion qui n’est pas celle du christ (Deleuze., Nietzsche et la philosophie, Paris, 2ème édition, PUF, 1967, p.164). « L’inventeur du christianisme n’est pas le christ, mais saint Paul, l’homme de la mauvaise conscience, l’homme du ressentiment » (Ibidem, p. 165). Ce que Paul a prêche peut inciter le doute de tout homme éveillé, surtout qu’il n’a même pas vécu avec le christ. Pour Nietzsche, « il n’y a rien à voir derrière le rideau (…), rien n’est vrai, rien n’est bien, Dieu est mort » (ibidem, p. 170). Pourquoi se faire souffrir pour ce qui est mort ?

 

7.    Contre l’ascèse

 

D’une façon simple, l’ascèse est une discipline qui consiste à s’imposer des privations et des mortifications en vue d’atteindre un objectif, souvent incertain, envisagé par la personne qui se l’impose. Ce sont surtout ceux qui ont la foi, mieux les hommes spirituels, qui le pratiquent.

Nietzsche, philosophe de la vie est contre cette pratique. Pour lui, l’idéal ascétique est un « idéal nuisible par excellence, un vouloir mourir, un idéal de décadence » (Nietzsche., L’antéchrist suivi de ecce homo, Paris, Gallimard, 1974, p.175). Les ascètes sont, pour la plupart, des gens qui se privent des choses qui attirent l’opinion dans l’espoir qu’ils auront de meilleurs dans l’avenir et surtout dans l’au-delà. Ce sont des fideles  qui prêchent l’espoir dans l’avenir en prenant Dieu comme objet de leur idéologie. Cette foi qui est dans l’opinion, sans démonstration scientifique, n’est-elle pas un aveuglement idéologique, une misère qui conduit l’homme à une souffrance inutile ? Pourquoi, au nom de la foi, se priver de certaines choses alors que la vie, en elle-même, est misérable ? Elle est, en elle seule, une charge ; s’il faut encore la surcharger, n’est-ce pas là un aveuglement idéologique. « La morale du renoncement est par excellence la morale de la dégénérescence. C’est une morale qui nie la vie dans son principe le plus élémentaire » (Nietzsche., L’antéchrist suivi de ecce homo, Paris, Gallimard, 1974, p.194)

Quand les chrétiens voient les uns faire souffrir les autres, ils disent que Dieu punira les malfaiteurs. C’est aussi ce que prêchent la plupart des religions. Pour Nietzsche, les religions sont affaire de populace. Nietzsche ne souhaite pas être saint car, dit-il, jusqu’ici il n’y eut rien de plus mensonger que les saints (idem, p. 187). Ce sont surtout eux (les saints) qui ont prôné l’ascèse et ont prôné la prière qui est pourtant une honte (Cfr ibidem, p. 69). Pour lui, la prière est une forme d’ascèse. Ce qui est étonnant est que cette prière n’a pas de preuves qu’elle a été exaucée. Semble-t-il que Dieu, a qui on s’adresse, est irresponsable (s’il existe). On l’appelle Père, mais on ne voit pas sa paternité. « Pour un Père, il ne s’occupe pas de ses enfants ; les pères humains font mieux. Il est trop vieux. Il lui est difficile de prouver, il aime beaucoup à être cru » (Nietzsche. Ainsi parlait Zarathoustra II, Paris, Aubier-Flammarion, p. 73). Plus curieux encore, c’est un Dieu jaloux. « Il n’y a qu’un seul Dieu. Tu n’auras d’autre que moi, ce vieux barbon de Dieu, ce vieux bourru, ce vieux jaloux se laisse aller à parler ainsi » (ibidem, p. 75).

Pourquoi se faire souffrir pour un être qui ne se révèle pas responsable, un être jaloux, un autre pire que les mauvais de la terre ? N’est-ce pas l’aveuglement idéologique qui fait que des gens se fassent souffrir inutilement ? Ne faudra-t-il pas montrer à l’homme qu’il faut apprendre à jouir, à célébrer la vie ? C’est l’aveuglement qui pousse à se coincer dans des aventures inutiles.    

Après cette vision de l’homme, venons-en à un autre aspect de sa vision de l’homme tel qu’il l’exprime dans sa célèbre parabole de « trois métamorphoses ».

 

8.    Les trois métamorphoses de l’homme

 

Nietzsche se présente ici plus qu’ailleurs comme un prophète qui dénonce  et qui annonce dans un message plein de poésie et de mystère. Le noyau de ce message est le suivant : « Je vais vous énoncer trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion et comment le lion devient enfant. »

Dans cette parabole, Zarathoustra décrit le cheminement de l’humanité individuel qui veut se réaliser et se libérer pleinement.

a.   L’esprit chameau

Celui-ci signifie que l’homme met son courage à assurer d’une manière non critique ce qui existe et lui est proposé. Il se charge des fardeaux les plus pesants : ceux de la religion, de la morale et de leurs substituts modernes comme les valeurs morales laïcisées et les valeurs scientifiques. Sa caractéristique essentielle est l’esprit de docilité qui supporte et qui vénère. Cet homme-là n’est pas encore un homme car il supporte un destin tout fait. Il n’y a rien en lui de véritablement responsable, de libre, de créateur,… donc rien d’authentiquement humain.

En fait, il s’agit d’un sous-homme, d’un esclave. Et c’est le christianisme qui est coupable d’avoir engendré une telle morale et une telle attitude.

Ex : Qui peut assumer tous les dix commandements ? C’est un poids. On dirait un Chameau chargé à qui on dit tout simplement : « tu dois ». Comment s’affirmerait-on alors comme homme ? On est englouti dans des règlements, des ordres,… qui limitent notre liberté.

Ø  L’esprit chameau, c’est l’esprit de docilité, de soumission aux ordres.

b.    L’esprit lion

L’homme  peut s’arracher à l’esprit chameau en devenant esprit lion. Telle est la condition et le chemin pour conquérir son humanité authentique. Pour cela, une seule attitude s’impose à l’homme à savoir la révolte.

          Alors que l’homme, animé de l’esprit chameau croupit sous le poids des interdits, des contraintes et des valeurs imposées, lorsque se lève en lui le souffle de l’esprit brillant, il se sent poussé à opposer au « Tu dois » du dragon qui le tient prisonnier un « Je veux » qui balaye tous les impératifs catégoriques et le rend libre. Sa révolte contre toutes les valeurs communément admises constitue la crise nécessaire pour accéder à l’autonomie. Quiconque veut créer, détruit toujours. Le lion oppose un non catégorique à tous ceux qui s’érigent à maîtres autour de lui.

Mais, si l’homme métamorphosé par l’esprit lion n’est plus esclave, s’il sait donner un espace de liberté où il peut être son propre maître, il n’en est pas pour autant arrivé au stade suprême auquel il aspire. Que faut-il donc pour cela ?

c.    Que le lion devienne enfant

C’est la 3emétamorphose, la plus énigmatique mais aussi cela que l’on pressent comme la clé secrète de son message prophétique. Dans son livre : « Le gai savoir », Nietzsche condamne les nihilistes européens du 19e s qui tout en étant révoltés contre l’héritage chrétien ont été incapables de s’orienter vers la création de nouvelles valeurs. Pour être homme, en effet, il ne suffit pas de dire non, de détruire, il faut être créateur. C’est pourquoi l’homme ne peut en rester à l’esprit lion. Il doit devenir enfant.

Certains ont voulu, à ce propos, rapprocher Nietzsche à Jésus dans l’Evangile : « Si vous ne devenez pas semblables à des enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ».

          Si l’on s’en tient à ce que Nietzsche dit, il semble qu’un tel rapprochement doit être écarté. En effet, loin d’exalter les valeurs de simplicité, de conscience de sa faiblesse, d’humilité que Jésus met en relief en posant un petit enfant comme modèle à ses disciples, Nietzsche au contraire fait de l’homme-enfant le symbole de l’homme authentiquement créateur. C’est pourquoi l’enfant n’est encore conditionné par rien (il est le 1ercommencement) parce qu’il est devant un univers des possibilités neuves et imprévisibles qu’il est seul à mesure de faire grandir en lui le surhomme  à venir qui ne doit pas être un nouveau modèle d’homme mais l’homme qui se crée sans modèle et qui est prêt à innover sans cesse.

Nous venons d’évoquer le Surhomme. Avec cette idée, nous atteignons le nœud vital, le cœur de l’aspiration nietzschéenne au dépassement et à la nouveauté radicale concernant l’homme qu’il veut voir advenir, l’homme de demain.

 

9.            Le surhomme et les conditions de son avènement

 

Tout le monde, même ceux qui ont à peine quelque vague idée de Nietzsche lui associent le terme de surhomme.

Mais, il faut reconnaître qu’il n’est pas particulièrement facile d’en préciser le concept et d’en dessiner le profil. Il importe en 1er lieu d’en dénoncer les caricatures que les drames récents de l’histoire ont imprimé dans les esprits.

Lorsque Nietzsche parle de surhomme pour désigner l’idéal de l’homme qu’il entrevoit, il ne songe nullement à une certaine race d’homme considérée comme supérieure aux autres  selon la doctrine raciste et l’idéologie nazie élaborée par ROSEN BERG. A l’avance, Nietzsche avait condamné ces déviations de sa pensée comme on peut le lire dans les textes de son livre « Le gai savoir » : « Nous sommes beaucoup trop peu allemands au sens qu’a pris le mot de nos jours pour pouvoir plaider en faveur du nationalisme et de la haine de race ».

Le concept de surhomme ne doit pas non plus être confondu avec celui d’homme surdoué, d’homme supérieur par ses talents et ses capacités. Il n’est pas non plus l’égocentriste farouche qui ne poursuit que sa propre exaltation. Le surhomme est pour lui le créateur de lui-même, l’inventeur permanent de ses valeurs et des buts de sa vie. De même que vouloir présuppose un but, de même l’homme présuppose un être qui n’est pas là mais vers lequel il doit tendre sans le connaître. Dans son livre, « Ainsi parlait Zarathoustra », Nietzsche invoque l’expression suivante une dizaine de fois : « L’homme est un être qui doit être surpassé, surmonté ».

Tout l’immense effort de Nietzsche viserait alors à introduire à l’homme un horizon

de transcendance en voulant l’enraciner dans l’immanence pure de l’homme à lui-

même. Il ira lui-même jusqu’à écrire ce qui suit : « Nous sommes toujours attirés

vers les régions supérieures, vers les pays de nuage. C’est là que nous plaçons nos

ballons multicolores et nous les appelons Dieu  etsurhomme.

= Le besoin de Dieu est donc chez Nietzsche. Mais, alors, comment l’exprimer ? Par

le surhomme.

 

a.   Les conditions d’avènement du surhomme

 

Si l’image du surhomme de Nietzsche reste enveloppé de mystère, Nietzsche entrevoit et pose plus clairement les conditions de son avènement dans un avenir indéterminé. C’est là que réside sa conviction.

·         La volonté de puissance

Celle-ci n’est pas volonté de domination et d’écrasement de l’autre. Elle est plutôt une certaine qualité de la volonté, la capacité que celle-ci doit faire émerger en elle-même et qui permet à l’homme d’acquérir une vraie maîtrise de soi et de se surmonter sans cesse, Nietzsche voudrait la considérer comme étant radicale. Elle n’a pas une simple dimension morale mais elle a une dimension métaphysique ontologique. Elle exprime le pouvoir que possède l’homme de s’engendrer lui-même sans aucune référence à Dieu.  Voilà pourquoi le dévoilement et l’affirmation de volonté de puissance en l’homme comme authentique pouvoir autocréateur s’accompagne chez Nietzsche d’une autre condition non moins radicale pour que le surhomme puisse advenir à savoir la mort de Dieu.

·         La mort de Dieu

Pour Nietzsche, le vieux Dieu des chrétiens est fondamentalement coupable d’avoir tout confisqué de ce qui appartient à l’homme. L’homme n’est qu’une imposture (action de tromper par de fausses apparences) et Nietzsche va la dénoncer avec des accents qui n’appartiennent qu’à lui. Il est le prophète qui révèle aux hommes la mort de Dieu à travers son célèbre porte-parole Zarathoustra. Ecoutons-le : « Voici que ce Dieu est mort, hommes supérieurs, ce Dieu qui a été votre plus grand ennemi, vous n’êtes ressuscités que depuis qu’il gît dans la tombe. C’est maintenant seulement que vient le grand midi. A présent, l’homme supérieur devient maître. Allons, hommes supérieurs, maintenant seulement la montagne de l’avenir humain va enfanter. Dieu est mort, maintenant nous voulons que le surhomme vive ».

          Cette audacieuse proclamation de la mort de Dieu par Nietzsche a-t-elle suffit pour que cela soit ?

En fait, tout en reconnaissant que notre explication mériterait des plus amples développements, il semble bien que le Dieu dont Nietzsche proclame la mort ne soit pas un Dieu réel car de Dieu réel il n’y en a pas pour lui. Le Dieu qui est mort, c’est le Dieu mystique engendré par la conscience des hommes et incarne en lui tous les idéaux et toutes les valeurs qu’ils n’osent s’attribuer à eux-mêmes.

Nous retrouvons ici la grande découverte de Feuerbach. Il n’en reste pas moins que l’annonce prophétique de la mort de ce Dieu mythique qui s’est imposé à la conscience des hommes pendant si longtemps et tout particulièrement à la conscience chrétienne soit un événement d’une portée immense dont Nietzsche ressent le tragique : « Dieu est mort ! Dieu est mort ! Et, c’est nous qui l’avons tué. Comment nous concédé  de plus puissant à nos jours a saigné sous notre couteau ».

 

10.         Conclusion

 

A bien regarder, Nietzsche nous laisse sur notre faim. Mais il a le mérite de nous secouer dans notre tranquille quiétude et de bouleverser nos certitudes métaphysiques et religieuses trop faciles. S’il ne nous dévoile pas le mystère de notre identité, s’il ne répond pas à la question « Qui suis-je ? », s’il ne nous ouvre pas la porte d’un avenir humain, clair et lumineux, il réactive en nous une certaine inquiétude qui est le moteur nécessaire d’une vraie recherche humaine.

 Pour mieux choisir dans notre vie et pour discerner où va le monde, il est nécessaire d’interroger les penseurs et de faire nôtres leurs questions. Alors nous verrons plus clair et nous serons plus conscients de nos choix. Pour nourrir notre pensée, il faut puiser à la source de ceux qui nous ont précédés. La philosophie n’est pas faite pour une élite intellectuelle, elle doit être ouverte à tous. A chacun d’entre nous de devenir « philosophe » pour penser le monde en vue de le transformer.

 

11.                Bibliographie sommaire

 

1.    Jaspers,K., Nietzsche et le christianisme, Paris, Ed. de Minuit, 1949

2.    Dondeyne,A., Foi chrétienne et pensée contemporaine, Louvain, 1952

3.    Ortegat,P., Philosophie de la religion. Synthèse critique des systèmes contemporains en fonction réalisme personnaliste et communautaire, Vol.II, Paris, Ed. du culot, Gembloux, 1948

4.    Chauchard,P., La science détruit-elle la religion ?, Paris, Ed.Fayard, 1958

5.    Nietzsche,F., Ainsi parlait zarathoustra (1883-1884), Paris, Gallimard, 1936

6.    Nietzsche,F., Par-delà le bien et le mal (1886),Paris, Mercure de France, 1963

7.    Nietzsche,F., La généalogie de la morale (1887), Paris, Gallimard, 1966

8.    Nietzsche,F., L’antéchrist suivi de ecce home, Paris, Gallimard, 1974

9.    Deleuze,G., Nietzsche et la philosophie, Paris, 2eme édition, PUF, 1967.

10.Deleuze,G., Nietzsche, Paris, PUF, 1965

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 12:38

1.  Nul n’échappe à la morale

 

Sous une forme ou une autre, il est toujours question de la morale partout dans toute la question qu’engage l’homme. La technique elle-même n’est pas neutre. Elle est conduite par le goût de la connaissance et le désir ultime d’une amélioration de la conduite humaine. Elle cherche à réduire les contraintes qu’engendrent la misère, l’ignorance et la souffrance. Par là, la technique est elle-même portée par une référence morale.

         

          Faut-il accepter, comme allant de soi, la fameuse déclaration de HEIDEGGER :

« La science ne pense pas ».

 

          En effet, aide-t-on effectivement l’homme dans sa dignité en proposant une nouvelle technique ou joue-t-on avec le feu par la curiosité ?

Autant dire que la technique s’appuie sur certaines valeurs comme disait RABELLAIS : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

         

          Alors, que doit-on faire pour bien faire ? Ici et maintenant qu’est ce qui s’impose moralement ? Par où passe l’obligation du bienfait dans les tâches du médecin, du responsable politique, de l’industriel, du journaliste,…? Que doit-on absolument éviter pour écarter le pire et le mal ? Comment faire pour devenir plus homme ?

« Le questionnement éthique concerne l’homme dans sa totalité avec ses désirs et ses problèmes. Il touche donc notre raison de vivre et d’exister ». C’est en ce sens que l’on peut dire : « nul n’échappe à l’éthique ». Toute personne, tout groupe humain, toute société met en œuvre un certain nombre de règles, d’interdits, qui lui permettent de se structurer et de s’acheminer peu à peu vers ce qui parait être l’état le plus souhaitable. On peut refuser des morales absolutistes et abolitives mais il faut jour après jour faire des choses, prendre des décisions et agir selon certains critères.

On se réfère toujours à des normes même si c’est pour les transgresser. La morale est donc le passage obligé de toute existence.

 

Ainsi, par exemple, face au nouveau mode de procréation et aux recherches sur l’embryon, il n’y a pas une seule position morale mais une pluralité des positions morales qui souvent entrent en conflit les unes avec les autres.

 

2.    Aujourd’hui, une forte demande d’éthique

 

Notons que la préoccupation morale refait ses forces. Aujourd’hui, plusieurs s’accordent pour reconnaître à la suite d’Emmanuel LEVINAS que l’éthique, « le pour l’autre » et non l’ontologie est la philosophie première. Mais quelle éthique ? Pourquoi ? Au nom de quoi ?

         

          L’abolition des références morales, spirituelles, religieuses s’accompagne en même temps d’une demande d’éthique très forte : quels sont les nouveaux critères des décisions éthiques face au progrès vertigineux de la science, de la technique ?

Une série de styles inédits lance un défi aux morales classiques, aux canons du droit et aux règlements de déontologie reconnus, sur la sexualité, la défense nucléaire…

L’esprit scientifique expérimental entraîne une mutation de la condition humaine.

Le bouleversement issu de la science et de ses applications technologiques appelle une révolution globale de la conscience humaine (HAVEL). Il s’agit de penser autrement, de penser aux conséquences des nos actions présentes pour les générations futures (HANS JONAS). A des situations nouvelles qui affectent profondément la nature profonde et la qualité de l’agir humain doivent correspondre de nouvelles responsabilités.

Y a-t-il des frontières à ne pas franchir ? Faut-il réaliser tout ce que l’on est capable d’accomplir ? On risque de nuire. Pour E. WEIL, la question en jeu n’est plus comment il faut agir mais en vue de quoi.

 

3.  Les champs d’application de l’éthique

 

On distingue ce qui relève de la responsabilité personnelle de ce qui appartient à la responsabilité sociale et ce qui est de la relation du sujet avec lui-même.

 

a.    Devoir de l’homme envers lui-même

 

-      Se maintenir en vie (pas de suicide) ;

-      Protéger la santé par des soins, l’alimentation, le sport, l’hygiène…

-      Respecter sa propre sexualité car respecter son corps c’est se respecter soi-même comme personne ;

-      Se reconnaître soi-même dans la plus grande vérité possible ;

-      Etre juste envers soi, sans se disqualifier ni se surestimer ;

-      Savoir user d’esprit et d’humour vis-à-vis de ses propres opinions ;

-      Ecouter sa conscience morale.

 

b.    Devoirs de l’homme envers autrui

 

-      Le respect de l’autre dans son corps (éviter la violence, harcèlement, la brutalité,…) ;

-      Le respect d’autrui dans ses droits et dans ses biens ;

-      Le respect d’autrui dans son identité, sa culturalité, sa personnalité ;

Þ    Refus d’instrumentalisation d’autrui, considérer autrui comme une fin, un but (Emmanuel KANT) et non comme un moyen. 

 

c.    Devoirs de l’homme envers l’environnement

 

Il s’agit des devoirs qu’imposent à l’être son lieu vital, l’écologie. C’est l’environnement naturel : le respect de l’air, de la terre, de la végétation, des animaux,…

Bref, tourner un regard  bienveillant à l’endroit de nos descendants en vue de leur transmettre une terre plus habitable.

 

4.  Ethique comme responsabilité sociale

 

Dans les différents champs d’activités sociales, la responsabilité éthique peut et doit s’exercer.

 

a.    Ethique politique

 

- Respecter la constitution et les lois ;

- Assurer la sécurité des habitants dans le respect de leur liberté ;

- Arbitrer  les échanges économiques de façon juste ;

- Viser à l’égalité des échanges de droit dans la perspective de la solidarité ;

- Veiller à un égal accès aux biens sociaux : éducation, soins médicaux,…

 

b.    Ethique économique

 

- Respecter le rapport entre le travail et la rémunération ;

- Justice dans les relations entre droit du capital et droit du travail ;

- Evaluation éthique de production en fonction de leur utilité sociale.

 

c.    Ethique de la culture

 

- Liberté de création et respect d’identité culturelle : œuvre d’art

 

d.    Ethique médicale

 

- Ethique clinique : rapport médecin et malades, droit et devoir réciproques (déontologie médicale).

- Médecin et société : vieillissement de la population, démographie galopante, coût de la santé.

 

e.    Ethique de l’information

 

- Garantir la qualité et la liberté de l’information contre les manipulations politiques ou les pressions économiques.

 

f.     Ethique de la science

 

- Honnêteté, humilité, communication des résultats ;

- Responsabilité sociale de la science.

 

g.    Ethique de la famille

 

- Favoriser son existence par des mesures sociales ;

- Protéger la famille contre les excès de l’individualisme autant que contre les transferts croissants de ses responsabilités sur les institutions sociales ;

- La famille a la responsabilité morale de collaborer à la formation et à l’éducation des futurs citoyens ;

- Il faut un bon usage de l’autorité parentale ;

- Respect entre générations (droit d’aînesse).

 

h.    Ethique de l’éducation

 

- Le respect de l’enfant et de l’identité sociale et culturelle où celui-ci est intégré ;

- Une éthique de l’éducation ne peut ignorer une éducation à l’éthique.

 

5. Conclusion

 

          Il convient de dire que la recherche d’une éthique est aujourd’hui rendue à la fois urgente et difficile par la crise que traversent les institutions qui jusqu’ici assuraient la légitimation des positions morales : la famille, les écoles, les Eglises, les idéologies politiques,…

 

Cette crise morale est le fruit de la revendication de la liberté personnelle qui caractérise la modernité. Cette quête d’une éthique devient encore plus difficile à cause d’une sorte d’anonymisation croissante des individus d’une même culture : first food (consommation qui semble anesthésié le sens de responsabilité), un besoin croissant d’affirmer sa différence par un repli sur ses identités particularisées (fortement et souvent agressivement). D’un côté, il y a une universalisation médiocre, sans intérêt éthique ; de l’autre, le refus d’une universalité des normes éthiques et l’affirmation du particularisme.

 

Toutefois, le contexte influence la manière dont on pose la question mais en revanche le contexte ne change pas la question elle-même. On ne décide pas de la validité de la question morale à coût de statistique sur l’état de mœurs, ni au moyen de sondage d’opinions à vocation majoritaire. La vraie question naît des situations originales de l’existence livrée au risque et aux promesses de la relation avec autrui.

 


 

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 10:33

Il est aujourd’hui impossible d’envisager l’instauration d’un nouvel ordre de société pour les pays en voie de développement, sans tenir compte des préalables du développement, des exigences culturelles et philosophiques de chaque peuple, et des théories et pratiques scientifiques de notre temps.

Les scientifiques et autres penseurs sont d’avis que le concept global d’un ordre de société est aujourd’hui mobilisateur d’efforts et porteur d’espoirs. Mais ils sont aussi persuadés qu’un grand travail reste pourtant à accomplir pour approfondir le contenu, pour mesurer les obstacles à surmonter, pour préciser les mesures d’application les plus efficaces et en prévoir les conséquences et, surtout pour lui donner une dynamique d’avenir. Car, en effet, le risque serait très grand d’en rester à des affirmations des principes et à des déclarations verbales en négligeant d’entamer les processus effectifs de changement parce qu’un nouvel ordre de société n’est pas un modèle préétabli qu’il suffirait simplement d’appliquer. Mais au contraire, il est inventer à partir des réalités politico-socio-culturelles  de la communauté et des aspirations les plus légitimes des peuples.

A l’heure où l’Afrique cherche les voies et moyens pour un nouvel ordre meilleur, les scientifiques africains appuyés de leurs disciplines respectives ne sont pas en reste. C’est entre autres les philosophes et la philosophie. Ils ont eux aussi la prétention (légitime) de contribuer à la promotion de l’homme et de son environnement. Pour tout dire, les penseurs « philosophes » africains tentent d’instaurer, à travers colloques, séminaires, symposia,…. Un débat théorique pour libérer l’Afrique de tous les maux dont elle est encore à ce jour victime. Le philosophe africain doit s’en donner à une réflexion pragmatique et fonctionnelle, autrement dit une philosophie engagée, une philosophie d’action, tournée vers l’avenir pour la transformation et la gestion de son espace. Parmi les exigences pour un nouvel ordre de société pouvant amener le négro-africain à une pleine réalisation de son être et à une saine gestion et maîtrise de son environnement, nous avons à gros : l’instauration de la démocratie, la réelle justice sociale et la véritable affirmation de la personnalité de l’homme noir par réinventions de ses valeurs culturelles.

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 10:30

« L’engagement dans la politique peut être un moyen de venir en aide aux pauvres , a déclaré un archevêque canadien à des pèlerins […]. Même si le système politique ne s’accorde apparemment pas avec la volonté de Dieu, nous devons lui donner la main afin de rendre justice aux pauvres » (Catholic news).

Les déclarations de grands hommes d’Eglise prônant l’immixtion (ingérence) dans la politique ne sont pas rares, pas plus que les attributions de postes politiques à des chefs religieux ne sont des faits isolés. Certains ont tenté d’épurer la politique. D’autres sont admirés et célèbre pour leur campagne sur l’égalité des rares ou l’abolition de ‘esclavage, par exemple.

Néanmoins, de nombreux laïcs sont gênés de voir leurs prédicateurs prendre parti sur des sujets politiques. « Ce sont les paroissiens évangéliques qui ont parfois constaté l’activisme politique de leur clergé », lit-on dans un article de Christian century sur la théorie politique. Beaucoup de croyants pensent que l’église est un lieu trop sacré pour qu’on u fasse de la politique.

Cela soulève des questions intéressantes qui concernent quiconque souhaite l’instauration d’un monde meilleur. Les prêtres, les pasteurs,…. Peuvent-ils épurer (rendre pur, purifier) la politique ? La prédication d’idées politiques est-elle le moyen prévu par Dieu pour établir un gouvernement et un monde meilleur ? Quand le christianisme est né, était-il une nouvelle manière de faire de la politique ?

Etre chrétien, ce n’est pas seulement lire la Bible, prier et chanter des cantiques le Dimanche. C’est aussi accomplir un certain nombre d’actions, à la fois pour Dieu et pour les gens. « Aimons, non pas en parole ni avec la langue, mais en action et vérité », dit la Bible (1 jean 3,18). Jésus se souciait sincèrement des autres, et les chrétiens désirent l’imiter. L’apôtre Paul a encouragé les croyants à avoir toujours « beaucoup à faire dans l’œuvre du Seigneur » (1 Corinthiens15, 58). Les prédicateurs du Royaume de Dieu procurent des bienfaits à leur entourage. Mieux encore, ils invitent leurs semblables à mettre leur confiance dans un gouvernement réel qui apportera une paix immuable à tous ceux qui aiment Dieu. Ainsi, grâce à leur neutralité, ces chrétiens ont toute latitude pour prodiguer l’aide la plus durable et la plus concrète qui soit de nos jours.

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 10:25

 

Lire l'Article dans www.benilubero.com   ou www.congoforum.be (dans "Art et culture")

Par mwalimu Ladislas kinyali
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 11:08
Chers tous,

A l'approche de la grande fête de Noël
2010, voudrions-nous laisser nos coeurs ouverts pour que l'Emmanuel
vienne y prendre place.
 Au fait, il y a parfois des événements qui nous poussent à réfléchir en vue de comprendre notre vraie identité chrétienne. Alors que nous avons été tous  baptisés, les uns au nom du Christ et d'autres
au nom de..., la criminalité dans nos pays, l'oubli médité de
l'autre(dans nos familles, nos communautés)...montre combien nous
prions avec beaucoup d'hypocrisie.
2010 ans durant, nous célébrons d'année en année l'avènement du messie. Avec un regard
introspectif, cela a-t-il vraiment un impact positif sur notre vie
chrétienne? Les effets néfastes du nazisme, du génocide
rwandais...ainsi que tout ce qui se passe à Darfour, Palestine,
Somalie, RDCongo... ne nous trahissent-ils pas?
 La fête de Noël est restée une fête d'apparence(repas, habits...somptueux)
nous plongeant ainsi dans l'oubli de notre identité. Certaines gens ne
vont-ils pas à la messe car craignant le "Que dira-t-on", d'autres
encore car masquant une méchanceté inavouée! Les parrains des mariages
se limittent au seul partage du gateau de mariage oubliant leur tâche
permanente de conseillers du jeune couple, certaines communautés
religieuses fonctionnent comme des ONG (oubliant leur raison d'être)...
 
Autant que la date du 08 mars n'aura jamais de sens tant que l'on continuera à
la célébrer(c.à.d que la femme reste encore marginalisée), autant nous devrons
faire un tournant dans nos vies de façon à vivre noël chaque minute
de notre vie pour éviter qu'elle ne soit liée à la seule date du 25
décembre.
Que  notre libre arbitre nous serve de témoin
permanent dans nos actions pour que nous comprenions, jour pour jour,
que nous avons besoin d'un changement radical. Comprenons que ce sont
des Jean-Marie Vienney,des Isaac, des Joseph, des Pierre...(tous porteurs des noms chrétiens)
qui nous plongent(en nous volant,violant, pillant, tuant...) dans cette
situation sans espoir.
 L'Église, nous tous y compris, a du pain sur le planchette; mieux encore sur la main( car avec un moindre faux pas
on coupe la main).
 Au lieu de parler d'une bonne fête, je préfère plutôt parler d'une bonne méditation.
Par mwalimu Ladislas
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 17:25

         La société est faite par et pour l’homme. Ce dernier connaît un changement d’état de l’amour de soi à l’amour-propre dans son état d’être à cause de la propriété par laquelle il défigure le cosmos.

 

         Les lois et le gouvernement seront injustes pour autant qu’ils seront façonnés en base des intérêts particuliers, sur la corruption. L’esprit humain a connu et connaît encore une évolution quelconque aboutissant à une dépravation de la vertu, de la bonté humaine. Faudrait-il alors aux hommes de toute race de tout pays, de toute religion une conscience droite qui projette l’humanisation comme le primordial idéal du bonheur, du meilleur être ?

 

         A la lumière de tout ce qui précède, plusieurs questions se posent. Quel serait le vrai sens de la démocratie ? N’y a-t-il pas une multiplicité des sens du mot démocratie qui ferait que ladite démocratie soit un paradoxe pour le gouvernement actuel de presque partout ? Voilà autant d’interrogations qui préoccupent et qui font le parcours de cet exercice. D’autres chercheurs ont réfléchi et d’autres encore réfléchissent sur la question de la démocratie contemporaine, à l’instar de Robert REDEKER pour ne citer que celui-là.

 

         La vie est devenu un objet du pouvoir. Quelques idées nous poussent à penseur que la démocratie serait un gouvernement des opinions particulières, pour un intérêt d’abord personnel. Il serait aussi vrai que la vraie politique est devenue le pouvoir des affaires privées de l’homme du commun.

 

         Notre souci est qu’à travers ces phrases, nous redéfinissions l’essence de la démocratie et par la suite éveiller en l’homme le souci du politique. L’animal politique qu’est l’homme saura ainsi bâtir une société humanisante où chaque vie se sentira non plus étranger chez soi, mais débout dans sa patrie.

 

         Une analyse - critique nous servira comme méthode dans cet extrait. Pour faire un certain décollage vers les objectifs, nous nous limiterons à la société politique d’aujourd’hui et puis au sujet de la démocratie comme ponts à traiter. Nous sommes en Afrique, en R.D.Congo, Province du Nord-Kivu.

 

         Depuis bien longtemps, le peuple a connu des injustices sociopolitiques et économiques. Les valeurs humaines ont perdu leur pertinence pour accéder à la finalité transcendantale humaine. Ceci justifie la guerre politique, économique, sociale et morale. Tout cela cadre avec ce que disait ROUSSEAU :

« Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu ; les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent. L’un vous dira qu’un homme vaut en telle contrée la somme qu’on le vendrait à Alger ; un autre en vaut rien, et d’autres où il vaut moins que rien. Ils évaluent les hommes comme des troupeaux de bétails »

Cette citation expose la condition humaine de l’animal politique d’aujourd’hui, au Congo Démocratique comme ailleurs. Que dire de la société politique ?

 

 

1.     LA SOCIETE POLITIQUE D’AUJOURD’HUI

 

L’homme se confronte à une réduction de l’état primitif à l’état artificiel. Celui-ci se perpétue comme l’état de la dénaturation. C’est le monde de l’auto estimation. L’homme fort du monde est déguisé en richesse car l’argent fait son idole et la perspicacité économique impose une néo-colonisation au peuple dépourvu.

 

L’idéologie d’exploiter l’homme perturbe tout l’équilibre de l’humanité : l’un frappe, l’autre en souffre. L’homme est devenu la déconstruction de l’univers humain. Quid alors de la société politique ?

 

Si la société est l’ensemble des êtres ayant un idéal commun de vivre ensemble sous une règle universellement approuvée, alors la politique n’aurait pour but que de diriger les citoyens en vue du bien-être public. Autrement dit, « la politique, c’est alors la science qui mène, qui fait paître, qui nourrit, qui s’occupe de la vie des êtres humains vivant en commun : c’est la science qui a pour objet l’élevage en commun des hommes ».

 

Au demeurant, grande est la place qu’occupe la politique dans le gouvernement de la société. Le surgissement de cette société politique doit être une prise de responsabilité de la part des politiques envers les gouvernés. Dans ce contexte, le gouvernement du peuple aura pour rôle d’assumer sa responsabilité politique, de promouvoir la sécurité du peuple, de défendre les intérêts du peuple et sauvegarder le bien-être de tous, moyennant les lois.

 

A la lumière de ce qui précède, le souci de la politique serait de gérer sincèrement et honnêtement les affaires publiques, de maintenir la paix sociale, de permettre aussi bien que possible l’épanouissement de chacun des citoyens. Voilà pourquoi, il existerait un désert intellectuel au tour de la réflexion sur l’homme qui conduirait à une mécompréhension du sens ‘démo-cratie’. Le revers de cette façon de faire est l’oubli de la place de l’homme, lequel homme est qualifié de « l’énervé, le stressé, le deshomme… L’énervé est en effet l’homme dé-fait, l’homme tellement déconfit qu’il ne lui reste plus pour être, pour exister, que les nerfs et une forme de volonté » l’étrangereté heideggérienne.

 

Grosso modo,  il existe une certaine manière de vivre. L’homme est un animal social, bon an  mal an, un animal asocial. Ce dernier caractère n’exclut pas que le même homme soit un animal politique. Aujourd’hui plus que jamais, l’homme voudrait un certain consensus, un dialogue dans la façon de gouverner et d’être gouverné. C’est cette lutte insoupçonnée qui abouti malheureusement à des incohérences. D’actuel, une forme de gouvernement est supposé être la meilleure : la démocratie. Cette dernière est devenue curieusement un paradigme perdu de sens, un paradoxe, jusqu’à ce demander s’il s’agit de démoncratie (le gouvernement des démons), de biocratie et/ou de doxocratie, une certaine biodoxocratie.

Quelles considérations apporter au concept « démocratie »

 

 

2.  DE LA DEMOCRATIE, UN PARADIGME PERDU DE SENS

 

Le sens de la démocratie est qu’elle est le principe moteur pour bien gouverner et faire régner la prospérité de la souveraineté. En ce sens, ROUSSEAU stipule que  « le principe moteur d’une démocratie est la vertu, c’est-à-dire l’amour du bien public ».

 

En effet, le système démocratique est préféré parce qu’il donne aux citoyens la possibilité de prendre des décisions capitales à travers les élections libres et équitables et ainsi de contraindre le  gouvernement à respecter ces derniers. La démocratie  est l’un de plusieurs autres systèmes politiques. Aujourd’hui, mieux que demain, la démocratie n’est pas un système parfait mais, pour la plupart des gens qui en bénéficient, elle représente la meilleure alternative du gouvernement.

 

2.1 De la démocratie comme expression de la liberté politique

 

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple c’est la démocratie. Il promet la liberté, l’égalité et le respect de la dignité humaine. Tout citoyen est responsable de son Etat et ne peut le servir qu’avec un amour patriotique. C’est ce que nous pouvons appeler, la participation des citoyens à la vie politique.

 

Avec cette participation qui implique un espace public, nous ne voulons pas nous perdre dans ses présupposés. Toutefois « la notion de l’espace public me paraît inséparable du modèle vers lequel doit tendre une société véritablement démocratique » . A la lumière de cette citation, transparaît un certain intérêt commun  sans catégorisation ni recherche de l’intérêt individuel. Malheureusement, il arrive que les supposés gouvernants effrayent le peuple pour mieux régner tout en se réclament d’un gouvernement démocratique. Reste à savoir si la démocratie est quelque chose à importer, à imposer, ou à exporter. Plusieurs positions peuvent être données. A tout état de cause, chaque individu devrait  garder jalousement sa liberté d’opinion et d’action. Est-il le cas pour la démocratie actuelle ?

 

2.2 La démocratie inspirée par la raison critique 

 

Il est déjà difficile de connaître avec précision c’est que c’est la démocratie. Aujourd’hui, et peut-être partout, chacun fait la chasse au pouvoir, mieux la course au pouvoir. Chacun a ses raisons avouées comme inavouées avec un mobile toujours déjà personnel et caché.

 

Nonobstant, avec les théoriciens modernes, nous sommes d’avis qu’  « une démocratie est composée de citoyens rationnels et motivés qui cherchent à atteindre un objectif généralement reconnu conforme au bien commun, à travers l’initiative, la discussion et la décision collective de tout ce qui a trait aux affaires publiques, … ».

 

Dans cette perspective, nous exposons le problème que doit résoudre la démocratie : trouver les moyens d’accroître la participation, gérer les sociétés envahies. Il y a un certain effondrement des formes anciennes de contrôle de la société, une certaine perte de légitimité de toutes les formes d’autorité y compris l’autorité politique.

 

Le même problème non résolu dans le paragraphe ci haut nous ouvre à une gamme des questions : démocratie a-t-elle changé à polyarchie, à doxocratie ou encore à biocratie, alors finalement au tout à la fois ? C’est un paradoxe, une impasse.

 

 

 

3 VERS UNE CERTAINE CRITIQUE

 

Gérer la société ou l’Etat est l’œuvre de tous. Cette disposition active prône la liberté de chacun pour participer à cette œuvre socio-politique. Moralement et politiquement, l’homme est un être qui se détermine pour un avenir humain et libre.

En effet, dans ce siècle, l’objet de la politique publique est devenu complexe à cause de plusieurs considérations portées à l’homme. Ce dernier est déstabilisé. C’est ce que REDEKER donne comme « nouvelles figures de l’homme, inhumain, déshumain, néghumain » et lesquelles figures définissent ce qu’est devenue la démocratie actuelle.

 

3.1 La démocratie contemporaine comprise comme une doxocratie

 

« Doxa constitue alors un terme péjoratif stigmatisant l’univers de la non pensée. Nous appelons doxocratie (néologisme formé à partir de doxa) le pouvoir des affaires privées : les affaires de la vie privée de l’homme du commun, ou de l’opinion qu’il s’en fait devenant le contenu de cette activité qu’on continue, peut-être à tort, d’appeler la politique ». A partir de cette citation, nous pouvons faire un regard réfléchi sur la façon de gouverner et des hommes politiques et des autres. De près, la doxocratie est actuellement la politique qui est exercée. Ce sont les idées et intérêts  non politiques, des décisions personnelles qui structurent l’activité politique jusqu’à confondre l’Etat avec la maisonnée, l’économie nationale et/ou internationale avec l’économie domestique.

 

Avec cette façon de faire, règne la facilité, le scandale de l’« affaire privée ».Voilà pourquoi, il faut orchestrer des conflits, organiser des groupes des bandits, programmer des guerres pour un gagne-pain on ne peut plus personnel. La démocratie devient ainsi un domaine de la vie. C’est la biocratie.

 

3.2 La biocratie appelée démocratie

 

La conception historique, mieux des siècles passés de la démocratie ne correspond plus. Nous tous spectateurs de tout ce qui se passe de partout moyennant les mass médias. Ici l’on tue, à côté l’on viole, là on massacre et ailleurs c’est le pire. C’est la réduction de l’humain en l’homme au néant, un certain retour de l’homme à l’irrationnel à cause la vie. C’est le retournement dont parle REDEKER   « à la place de l’homme : l’inhumain et le déshumain et le néghumain » .

 

A travers ce qui précède, nous voyons qu’au lieu d’une certaine liberté, il y a une servitude exercée par certains hommes politiques. C’est une sorte de bio politique. Selon REDEKER, « l’époque que nous vivons se caractérise politiquement par la combinaison entre doxocratie (…) et le biopouvoir (pouvoir de faire vivre, pouvoir par la vie). Le bio-pouvoir et la bio-politique sont indexés pour la première fois par  Michel FOUCAULT : « la vie est devenue maintenant, à partir du 18ès, un objet du pouvoir ».

 

A l’instar de cette citation, ce qui compte dans l’exercice du pouvoir aujourd’hui c’est vivre, la vie. L’on peut faire mourir les autres, les mettre à mort, interrompre leur vie pourvue qu’on règne, qu’on prenne possession de son règne. Au lieu de craindre la mort, l’on souhaite être géré vivant.

 

Même dans des pays dits démocratiquement gouvernés, il arrive que les gouvernants gèrent la vie (leur vie) avant tout au sens biologique du terme plutôt que l’économie de la res publica. Le social se biologise. Il a été constaté avec amertume dans les pays du sud que pendant une crise alarmante de guerre, lorsque il y a vaccination des enfants contre la poliomyélite, etc il se rétabli un petit calme et juste après cette vaccination, rebondissent les troubles curieusement. L’on peut à ce cas se demander si ce vaccin c’est pour aider les enfants concernés à fuir ou alors pour autre chose ignorée. Tout cela signifie et c’est un signe à même temps un symbole qui donne à penser.

 

Cela étant, la démocratie vue par les contemporains est devenue d’une certaine façon, une doxocratie et une biocratie, une certaine biodoxocratie de la politique. C’est le propre ou la préoccupation de l’homme privé, de la santé, le « se sentir bien » au lieu du bien-être. C’est un certain solipsisme qui ne dit pas son nom.

 

Dans tous les cas, l’on peut affirmer que la politique passe aussi par des épreuves. Il arrive que les gouvernés exigent à la politique d’écarter toutes les épreuves de l’existence, chose difficile. Quand même, malgré tout, la politique non fondée à l’intérêt privé, à la vie particulière devrait sans ambages éviter les guerres ! Que faire devant ces jugements inquiétants portés sur la démocratie ?

 

 

Conclusion

 

Sans pour autant opter pour une polyarchie, ni pour une biocratie qui se vit sous les ailes de la démocratie, les citoyens doivent se comporter rationnellement et s’intéresser aux affaires publiques en participant à la vie politique. Il est hilarant de voir avec quelle facilité certains leaders oublient l’enjeu véritable de la politique qui n’est pas la manipulation d’options mais l’invitation à se déterminer en fonction des valeurs d’essence morale.

 

C’est l’oubli de cette considération qui qualifie la démocratie comme un paradoxe. Aux leaders de faire un retour sur eux-mêmes. Ainsi, les individus qui ne s’assignent pas de buts dans la vie ne parviennent pas à grand-chose et ceux qui s’assignent des buts trop élevés courent le même danger.

 

Il y a plusieurs interprétations qu’on peut apporter à la démocratie contemporaine. Nous demandons aux autres penseurs de nous compléter. A partir de nouvelles figures de l’homme données par REDEKER, projetons-nous vers les nouvelles « nouvelles figures » de l’homme en nous demandant qu’est-ce que l’homme.

 

OUVRAGES CONSULTES

 

1.                 ROUSSEAU J.J, Discours sur les sciences et les Arts. Discours sur l’origine de l’inégalité, éd.Garnier-Flammarion, Paris, 1971, 249p

2.                 ROUSSEAU J.J, Du contrat social, éd.sociales, Paris, 1987, 264p

3.                 CASTORIADIS C, Sur le politique de Platon, éd. seuil, Paris, 1999, 197p

4.                 SCHUDSON M, Le pouvoir des médias. Journalisme et démocratie, éd. Nouveaux horizons, Paris, 1995, 277p

5.                 REDEKER R, Nouvelles figures de l’homme, éd. Le bord de l’eau, Paris, 2004, 127p

 

 

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Par mwalimu Ladislas
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