Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 10:25

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Par mwalimu Ladislas kinyali
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 11:08
Chers tous,

A l'approche de la grande fête de Noël
2010, voudrions-nous laisser nos coeurs ouverts pour que l'Emmanuel
vienne y prendre place.
 Au fait, il y a parfois des événements qui nous poussent à réfléchir en vue de comprendre notre vraie identité chrétienne. Alors que nous avons été tous  baptisés, les uns au nom du Christ et d'autres
au nom de..., la criminalité dans nos pays, l'oubli médité de
l'autre(dans nos familles, nos communautés)...montre combien nous
prions avec beaucoup d'hypocrisie.
2010 ans durant, nous célébrons d'année en année l'avènement du messie. Avec un regard
introspectif, cela a-t-il vraiment un impact positif sur notre vie
chrétienne? Les effets néfastes du nazisme, du génocide
rwandais...ainsi que tout ce qui se passe à Darfour, Palestine,
Somalie, RDCongo... ne nous trahissent-ils pas?
 La fête de Noël est restée une fête d'apparence(repas, habits...somptueux)
nous plongeant ainsi dans l'oubli de notre identité. Certaines gens ne
vont-ils pas à la messe car craignant le "Que dira-t-on", d'autres
encore car masquant une méchanceté inavouée! Les parrains des mariages
se limittent au seul partage du gateau de mariage oubliant leur tâche
permanente de conseillers du jeune couple, certaines communautés
religieuses fonctionnent comme des ONG (oubliant leur raison d'être)...
 
Autant que la date du 08 mars n'aura jamais de sens tant que l'on continuera à
la célébrer(c.à.d que la femme reste encore marginalisée), autant nous devrons
faire un tournant dans nos vies de façon à vivre noël chaque minute
de notre vie pour éviter qu'elle ne soit liée à la seule date du 25
décembre.
Que  notre libre arbitre nous serve de témoin
permanent dans nos actions pour que nous comprenions, jour pour jour,
que nous avons besoin d'un changement radical. Comprenons que ce sont
des Jean-Marie Vienney,des Isaac, des Joseph, des Pierre...(tous porteurs des noms chrétiens)
qui nous plongent(en nous volant,violant, pillant, tuant...) dans cette
situation sans espoir.
 L'Église, nous tous y compris, a du pain sur le planchette; mieux encore sur la main( car avec un moindre faux pas
on coupe la main).
 Au lieu de parler d'une bonne fête, je préfère plutôt parler d'une bonne méditation.
Par mwalimu Ladislas
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 17:25

         La société est faite par et pour l’homme. Ce dernier connaît un changement d’état de l’amour de soi à l’amour-propre dans son état d’être à cause de la propriété par laquelle il défigure le cosmos.

 

         Les lois et le gouvernement seront injustes pour autant qu’ils seront façonnés en base des intérêts particuliers, sur la corruption. L’esprit humain a connu et connaît encore une évolution quelconque aboutissant à une dépravation de la vertu, de la bonté humaine. Faudrait-il alors aux hommes de toute race de tout pays, de toute religion une conscience droite qui projette l’humanisation comme le primordial idéal du bonheur, du meilleur être ?

 

         A la lumière de tout ce qui précède, plusieurs questions se posent. Quel serait le vrai sens de la démocratie ? N’y a-t-il pas une multiplicité des sens du mot démocratie qui ferait que ladite démocratie soit un paradoxe pour le gouvernement actuel de presque partout ? Voilà autant d’interrogations qui préoccupent et qui font le parcours de cet exercice. D’autres chercheurs ont réfléchi et d’autres encore réfléchissent sur la question de la démocratie contemporaine, à l’instar de Robert REDEKER pour ne citer que celui-là.

 

         La vie est devenu un objet du pouvoir. Quelques idées nous poussent à penseur que la démocratie serait un gouvernement des opinions particulières, pour un intérêt d’abord personnel. Il serait aussi vrai que la vraie politique est devenue le pouvoir des affaires privées de l’homme du commun.

 

         Notre souci est qu’à travers ces phrases, nous redéfinissions l’essence de la démocratie et par la suite éveiller en l’homme le souci du politique. L’animal politique qu’est l’homme saura ainsi bâtir une société humanisante où chaque vie se sentira non plus étranger chez soi, mais débout dans sa patrie.

 

         Une analyse - critique nous servira comme méthode dans cet extrait. Pour faire un certain décollage vers les objectifs, nous nous limiterons à la société politique d’aujourd’hui et puis au sujet de la démocratie comme ponts à traiter. Nous sommes en Afrique, en R.D.Congo, Province du Nord-Kivu.

 

         Depuis bien longtemps, le peuple a connu des injustices sociopolitiques et économiques. Les valeurs humaines ont perdu leur pertinence pour accéder à la finalité transcendantale humaine. Ceci justifie la guerre politique, économique, sociale et morale. Tout cela cadre avec ce que disait ROUSSEAU :

« Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu ; les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent. L’un vous dira qu’un homme vaut en telle contrée la somme qu’on le vendrait à Alger ; un autre en vaut rien, et d’autres où il vaut moins que rien. Ils évaluent les hommes comme des troupeaux de bétails »

Cette citation expose la condition humaine de l’animal politique d’aujourd’hui, au Congo Démocratique comme ailleurs. Que dire de la société politique ?

 

 

1.     LA SOCIETE POLITIQUE D’AUJOURD’HUI

 

L’homme se confronte à une réduction de l’état primitif à l’état artificiel. Celui-ci se perpétue comme l’état de la dénaturation. C’est le monde de l’auto estimation. L’homme fort du monde est déguisé en richesse car l’argent fait son idole et la perspicacité économique impose une néo-colonisation au peuple dépourvu.

 

L’idéologie d’exploiter l’homme perturbe tout l’équilibre de l’humanité : l’un frappe, l’autre en souffre. L’homme est devenu la déconstruction de l’univers humain. Quid alors de la société politique ?

 

Si la société est l’ensemble des êtres ayant un idéal commun de vivre ensemble sous une règle universellement approuvée, alors la politique n’aurait pour but que de diriger les citoyens en vue du bien-être public. Autrement dit, « la politique, c’est alors la science qui mène, qui fait paître, qui nourrit, qui s’occupe de la vie des êtres humains vivant en commun : c’est la science qui a pour objet l’élevage en commun des hommes ».

 

Au demeurant, grande est la place qu’occupe la politique dans le gouvernement de la société. Le surgissement de cette société politique doit être une prise de responsabilité de la part des politiques envers les gouvernés. Dans ce contexte, le gouvernement du peuple aura pour rôle d’assumer sa responsabilité politique, de promouvoir la sécurité du peuple, de défendre les intérêts du peuple et sauvegarder le bien-être de tous, moyennant les lois.

 

A la lumière de ce qui précède, le souci de la politique serait de gérer sincèrement et honnêtement les affaires publiques, de maintenir la paix sociale, de permettre aussi bien que possible l’épanouissement de chacun des citoyens. Voilà pourquoi, il existerait un désert intellectuel au tour de la réflexion sur l’homme qui conduirait à une mécompréhension du sens ‘démo-cratie’. Le revers de cette façon de faire est l’oubli de la place de l’homme, lequel homme est qualifié de « l’énervé, le stressé, le deshomme… L’énervé est en effet l’homme dé-fait, l’homme tellement déconfit qu’il ne lui reste plus pour être, pour exister, que les nerfs et une forme de volonté » l’étrangereté heideggérienne.

 

Grosso modo,  il existe une certaine manière de vivre. L’homme est un animal social, bon an  mal an, un animal asocial. Ce dernier caractère n’exclut pas que le même homme soit un animal politique. Aujourd’hui plus que jamais, l’homme voudrait un certain consensus, un dialogue dans la façon de gouverner et d’être gouverné. C’est cette lutte insoupçonnée qui abouti malheureusement à des incohérences. D’actuel, une forme de gouvernement est supposé être la meilleure : la démocratie. Cette dernière est devenue curieusement un paradigme perdu de sens, un paradoxe, jusqu’à ce demander s’il s’agit de démoncratie (le gouvernement des démons), de biocratie et/ou de doxocratie, une certaine biodoxocratie.

Quelles considérations apporter au concept « démocratie »

 

 

2.  DE LA DEMOCRATIE, UN PARADIGME PERDU DE SENS

 

Le sens de la démocratie est qu’elle est le principe moteur pour bien gouverner et faire régner la prospérité de la souveraineté. En ce sens, ROUSSEAU stipule que  « le principe moteur d’une démocratie est la vertu, c’est-à-dire l’amour du bien public ».

 

En effet, le système démocratique est préféré parce qu’il donne aux citoyens la possibilité de prendre des décisions capitales à travers les élections libres et équitables et ainsi de contraindre le  gouvernement à respecter ces derniers. La démocratie  est l’un de plusieurs autres systèmes politiques. Aujourd’hui, mieux que demain, la démocratie n’est pas un système parfait mais, pour la plupart des gens qui en bénéficient, elle représente la meilleure alternative du gouvernement.

 

2.1 De la démocratie comme expression de la liberté politique

 

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple c’est la démocratie. Il promet la liberté, l’égalité et le respect de la dignité humaine. Tout citoyen est responsable de son Etat et ne peut le servir qu’avec un amour patriotique. C’est ce que nous pouvons appeler, la participation des citoyens à la vie politique.

 

Avec cette participation qui implique un espace public, nous ne voulons pas nous perdre dans ses présupposés. Toutefois « la notion de l’espace public me paraît inséparable du modèle vers lequel doit tendre une société véritablement démocratique » . A la lumière de cette citation, transparaît un certain intérêt commun  sans catégorisation ni recherche de l’intérêt individuel. Malheureusement, il arrive que les supposés gouvernants effrayent le peuple pour mieux régner tout en se réclament d’un gouvernement démocratique. Reste à savoir si la démocratie est quelque chose à importer, à imposer, ou à exporter. Plusieurs positions peuvent être données. A tout état de cause, chaque individu devrait  garder jalousement sa liberté d’opinion et d’action. Est-il le cas pour la démocratie actuelle ?

 

2.2 La démocratie inspirée par la raison critique 

 

Il est déjà difficile de connaître avec précision c’est que c’est la démocratie. Aujourd’hui, et peut-être partout, chacun fait la chasse au pouvoir, mieux la course au pouvoir. Chacun a ses raisons avouées comme inavouées avec un mobile toujours déjà personnel et caché.

 

Nonobstant, avec les théoriciens modernes, nous sommes d’avis qu’  « une démocratie est composée de citoyens rationnels et motivés qui cherchent à atteindre un objectif généralement reconnu conforme au bien commun, à travers l’initiative, la discussion et la décision collective de tout ce qui a trait aux affaires publiques, … ».

 

Dans cette perspective, nous exposons le problème que doit résoudre la démocratie : trouver les moyens d’accroître la participation, gérer les sociétés envahies. Il y a un certain effondrement des formes anciennes de contrôle de la société, une certaine perte de légitimité de toutes les formes d’autorité y compris l’autorité politique.

 

Le même problème non résolu dans le paragraphe ci haut nous ouvre à une gamme des questions : démocratie a-t-elle changé à polyarchie, à doxocratie ou encore à biocratie, alors finalement au tout à la fois ? C’est un paradoxe, une impasse.

 

 

 

3 VERS UNE CERTAINE CRITIQUE

 

Gérer la société ou l’Etat est l’œuvre de tous. Cette disposition active prône la liberté de chacun pour participer à cette œuvre socio-politique. Moralement et politiquement, l’homme est un être qui se détermine pour un avenir humain et libre.

En effet, dans ce siècle, l’objet de la politique publique est devenu complexe à cause de plusieurs considérations portées à l’homme. Ce dernier est déstabilisé. C’est ce que REDEKER donne comme « nouvelles figures de l’homme, inhumain, déshumain, néghumain » et lesquelles figures définissent ce qu’est devenue la démocratie actuelle.

 

3.1 La démocratie contemporaine comprise comme une doxocratie

 

« Doxa constitue alors un terme péjoratif stigmatisant l’univers de la non pensée. Nous appelons doxocratie (néologisme formé à partir de doxa) le pouvoir des affaires privées : les affaires de la vie privée de l’homme du commun, ou de l’opinion qu’il s’en fait devenant le contenu de cette activité qu’on continue, peut-être à tort, d’appeler la politique ». A partir de cette citation, nous pouvons faire un regard réfléchi sur la façon de gouverner et des hommes politiques et des autres. De près, la doxocratie est actuellement la politique qui est exercée. Ce sont les idées et intérêts  non politiques, des décisions personnelles qui structurent l’activité politique jusqu’à confondre l’Etat avec la maisonnée, l’économie nationale et/ou internationale avec l’économie domestique.

 

Avec cette façon de faire, règne la facilité, le scandale de l’« affaire privée ».Voilà pourquoi, il faut orchestrer des conflits, organiser des groupes des bandits, programmer des guerres pour un gagne-pain on ne peut plus personnel. La démocratie devient ainsi un domaine de la vie. C’est la biocratie.

 

3.2 La biocratie appelée démocratie

 

La conception historique, mieux des siècles passés de la démocratie ne correspond plus. Nous tous spectateurs de tout ce qui se passe de partout moyennant les mass médias. Ici l’on tue, à côté l’on viole, là on massacre et ailleurs c’est le pire. C’est la réduction de l’humain en l’homme au néant, un certain retour de l’homme à l’irrationnel à cause la vie. C’est le retournement dont parle REDEKER   « à la place de l’homme : l’inhumain et le déshumain et le néghumain » .

 

A travers ce qui précède, nous voyons qu’au lieu d’une certaine liberté, il y a une servitude exercée par certains hommes politiques. C’est une sorte de bio politique. Selon REDEKER, « l’époque que nous vivons se caractérise politiquement par la combinaison entre doxocratie (…) et le biopouvoir (pouvoir de faire vivre, pouvoir par la vie). Le bio-pouvoir et la bio-politique sont indexés pour la première fois par  Michel FOUCAULT : « la vie est devenue maintenant, à partir du 18ès, un objet du pouvoir ».

 

A l’instar de cette citation, ce qui compte dans l’exercice du pouvoir aujourd’hui c’est vivre, la vie. L’on peut faire mourir les autres, les mettre à mort, interrompre leur vie pourvue qu’on règne, qu’on prenne possession de son règne. Au lieu de craindre la mort, l’on souhaite être géré vivant.

 

Même dans des pays dits démocratiquement gouvernés, il arrive que les gouvernants gèrent la vie (leur vie) avant tout au sens biologique du terme plutôt que l’économie de la res publica. Le social se biologise. Il a été constaté avec amertume dans les pays du sud que pendant une crise alarmante de guerre, lorsque il y a vaccination des enfants contre la poliomyélite, etc il se rétabli un petit calme et juste après cette vaccination, rebondissent les troubles curieusement. L’on peut à ce cas se demander si ce vaccin c’est pour aider les enfants concernés à fuir ou alors pour autre chose ignorée. Tout cela signifie et c’est un signe à même temps un symbole qui donne à penser.

 

Cela étant, la démocratie vue par les contemporains est devenue d’une certaine façon, une doxocratie et une biocratie, une certaine biodoxocratie de la politique. C’est le propre ou la préoccupation de l’homme privé, de la santé, le « se sentir bien » au lieu du bien-être. C’est un certain solipsisme qui ne dit pas son nom.

 

Dans tous les cas, l’on peut affirmer que la politique passe aussi par des épreuves. Il arrive que les gouvernés exigent à la politique d’écarter toutes les épreuves de l’existence, chose difficile. Quand même, malgré tout, la politique non fondée à l’intérêt privé, à la vie particulière devrait sans ambages éviter les guerres ! Que faire devant ces jugements inquiétants portés sur la démocratie ?

 

 

Conclusion

 

Sans pour autant opter pour une polyarchie, ni pour une biocratie qui se vit sous les ailes de la démocratie, les citoyens doivent se comporter rationnellement et s’intéresser aux affaires publiques en participant à la vie politique. Il est hilarant de voir avec quelle facilité certains leaders oublient l’enjeu véritable de la politique qui n’est pas la manipulation d’options mais l’invitation à se déterminer en fonction des valeurs d’essence morale.

 

C’est l’oubli de cette considération qui qualifie la démocratie comme un paradoxe. Aux leaders de faire un retour sur eux-mêmes. Ainsi, les individus qui ne s’assignent pas de buts dans la vie ne parviennent pas à grand-chose et ceux qui s’assignent des buts trop élevés courent le même danger.

 

Il y a plusieurs interprétations qu’on peut apporter à la démocratie contemporaine. Nous demandons aux autres penseurs de nous compléter. A partir de nouvelles figures de l’homme données par REDEKER, projetons-nous vers les nouvelles « nouvelles figures » de l’homme en nous demandant qu’est-ce que l’homme.

 

OUVRAGES CONSULTES

 

1.                 ROUSSEAU J.J, Discours sur les sciences et les Arts. Discours sur l’origine de l’inégalité, éd.Garnier-Flammarion, Paris, 1971, 249p

2.                 ROUSSEAU J.J, Du contrat social, éd.sociales, Paris, 1987, 264p

3.                 CASTORIADIS C, Sur le politique de Platon, éd. seuil, Paris, 1999, 197p

4.                 SCHUDSON M, Le pouvoir des médias. Journalisme et démocratie, éd. Nouveaux horizons, Paris, 1995, 277p

5.                 REDEKER R, Nouvelles figures de l’homme, éd. Le bord de l’eau, Paris, 2004, 127p

 

 

Ladislas Katsuba Kinyali

Par mwalimu Ladislas
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 15:45

 

 

L a paix, seulement la paix, le monde crie paix

Oh, nombreux sont morts pour la paix

Nos parents violés au vu de leurs enfants

Les enfants violés au vu de leurs parents

Et cela au service, comme au champ

Nuit et jour, à l’école, en plein air et même au marché

Vraiment pitié !

 


Qui t’a drogué, Congolais ?

Qui t’a trompé, congolais ?

Qui t’a ensorcelé, congolais ?

 


Pour que tu arrives à manger la chair de ton semblable

Pour que tu arrives à incendier l’habitat de l’habitant

Pour que tu arrives à vendre le cimetière de nos ancêtres

Pour que tu arrives à enterrer tes compatriotes vivants

Pour que tu arrives à balayer nos parcs nationaux

 


Oh malheur, malédiction, mauvais sort !

Violer une fillette aux yeux de ses parents

Promener tout un parent nu dans la cour

Obliger une maman à coucher avec son fils

 


Les guerres, on en a vu de partout et de toutes sortes

Ces guerres sont importées, surtout

Ils sont récompensés en grade et fonction

Ceux qui perpétuent cette étonnante situation

Quelle surprise

C’est assez !

 

 

Alphonse KAMBERE SIVAVWIRANA

 

 

Par mwalimu Ladislas
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Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /Déc /2008 10:29

 La religion vient-elle de la mort ?

Les hommes parlent de la mort chacun de sa manière.

Mais il y a une seule réalité :

La mort nous amène, nous conduit, nous plonge dans un gouffre et nous nous retrouvons face à

l’envers de la vie,

l’innommable,

l’inconnu,

l’obscure,

l’absence,

l’incontournable,

l’impensable,

l’impératif,

la finitude

le néant,

finalement le on ou le il (meurt) et non pas le je meurs.

L’innommable ! Personne n’est capable de le nommer et surtout le dire à sa première personne.

Et pourtant !

notre compagne fidèle,

notre copine,

notre voisine,

notre collègue,

notre prédécesseur,

successeur,

départ et d’autre,

à gauche et à droite : elle nous enserre dans son carquois, elle nous coince ;

en dehors et à l’intérieur de nous même !

où fuir l’innommable ?

dans les eaux profondes,

sur la surfaces des mers, 

sous la terre ou

dans les abîmes du foudroyant magma !

De chaque jour, et pourtant avons jamais compris ! qu’est-ce que la mort ?

le on, le il.

La mort chaque jour, à chaque instant, et pourtant apparaît et surtout accueillit comme :

Le jamais vu

L’angoissant

le tristant

le frustrant

le tremblement

le silence absolu de l’autre

l’indifférence totale à notre appel

la non réponse

la bouche- bé

un jamais vu,

un nouveau et pourtant ancienne

une épiphanie et pourtant eschatologique

tout ce que nous disons de la mort n’est que balbutiement. Nous ne savons rien de la mort, peut être qu’elle connaît plus que nous.

Celui qui parlerait mieux de la mort c’est le défunt car l’ayant

Rencontré,

vu,

senti,

goûté,

touché,

palpé et expérimenté.

La seule condition de mourir est de naître. Toutefois, on ne meurt qu’une seule fois et après ? Il me semble le jugement.---------

 

Alphonse KAMBERE SIVAVWIRANA

Par mwalimu Ladislas
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 20:06

III.A. L’ABSOLUTISME PRINCIER


    Si dans l’Antiquité, la politique, comme organisation de la société, avait pour but de ne pas rendre une seule classe heureuse mais d’assurer le plus grand bonheur à toute la communauté , au Moyen-âge, elle permettait d’assurer l’ordre, l’unité et la paix au peuple. Comment sera conçue cette politique aux temps modernes ? Quatre figures nous serviront de guide : MACHIAVEL, THOMAS MORE, HOBBES et JOHN LOCKE.

 

1. LE GOUVERNEMENT DU PRINCE

 

a)    Vie et œuvre de MACHIAVEL (1469-1527)


     Né à Florence (Italie) en 1469 et meurt là même en 1527, MACHIAVEL est de famille noble et devient secrétaire d’Etat de la République Florentine.

Aux environs de 1512, il est commissionnaire de nombreuses missions diplomatiques (négociations entre Etats). Ce poste diplomatique lui donnera l’occasion d’observer et de scruter les mœurs des hommes politiques installés aux cours royales et de discerner les pratiques secrètes des dirigeants d’Etat. Cette expérience politique l’amènera à la disgrâce (perte des bonnes grâces, de la faveur d’une personne dont on dépend). Il sera arrêté et par chance prendra l’exil.

Il écrira l’œuvre fondamentale : « Le prince » (1513), publiée en 1531.

Il va aussi écrire : « Discours sur la première décade de Tite-Live » (1513-1519).

Un autre livre : « De la manière de traiter les populations révoltées du val de chiana » (1504), « Histoire de Florence » (1521-1525).

 

b)    Théorie politique de Machiavel


    NICOLAS MACHIAVEL ne se préoccupe nullement de concevoir le meilleur régime possible. Il part des réalités pour définir un ordre nouveau où la raison d’Etat  a pour objectif ultime l’amélioration de l’homme et de la société. Le dirigeant doit tenir compte de ce fait et pour sauvegarder son pouvoir et pour procurer la paix à son Etat. C’est le peuple qui doit ainsi choisir son dirigeant. « … Au contraire, celui qui est élevé à cette dignité par le vœu de peuple, s’y trouve seul ; et, parmi ceux qui l’entourent, il en est peu qui osassent lui résister (…) ». (MACHIAVEL, N., Le Prince, Paris, Ed. Terres Latines, 1944, p.72).

         MACHIAL  montre les mécanismes réels dont doivent se servir les dirigeants pour conquérir et conserver le pouvoir : diriger suivant la volonté du peuple, ne chercher rien que  la paix pour ce peuple. Pour mieux se maintenir au pouvoir, il faut principalement obtenir le soutien du peuple. Qui a le peuple a le pouvoir.

         Les lois doivent être conçues et appliquées de façon à inciter le peuple à se sentir pleinement responsable de son Etat. Dans un pareil Etat, tout le monde se sentirait responsable de tout le monde et chacun ferait à chacun ce qu’il voudrait qu’on lui fasse.

         Cela restant toujours irréalisable, le dirigeant doit coordonner les idées de ses dirigés pour tenter d’atteindre l’idéal. Il sera parfois obligé de mentir au peuple en faisant croire que tout va bien alors que le pouvoir va mal.

         Un homme d’Etat est un homme pétrit d’un mélange de prudence, de courage, de ruse, de violence, de pitié, de mensonge, de duplicité.

La politique devient un jeu dangereux. Elle devient non une science mais un exercice du pouvoir excluant toute intention morale. L’homme d’Etat est le stratège, le pragmatique, celui qui atteint une certaine maturité, l’expert. Le souverain ne se souci pas de l’Eglise mais il cherche à civiliser son pouvoir et il sait utiliser la force et surtout les apparences.

NOCOLAS MACHIAVEL nous offre une organisation d’un Etat visant le maintien du pouvoir d’un seul. La politique devient tout simplement une stratégie. Le dirigeant est en perpétuelle lutte pour le maintien de son pouvoir. Dans cet exercice, on exclue la morale. On va droit vers la fin malgré les moyens.

 

c. Conclusion


   L’intention de MACHIAVEL, en écrivant le « Prince », était d’éveiller les hommes aux secrets de la raison d’Etat ou alors révéler la face cachée de l’Etat. Dans cette intention, MACHIAVEL met à jour l’image de l’homme de l’Etat. C’est un homme à deux visages : il donne d’une main, reprend de l’autre. C’est l’ambiguïté par excellence.

Bref, c’est la personne qui sait doser le pour et le contre, le bien et le mal,… pour le maintien de son pouvoir.


Remarque :

-         Machiavélique : rusé, perfide, sans scrupule, immoral. Il faut noter que MACHIAVEL ne s’est jamais identifié à son héros : « Le Prince ». son œuvre n’est pas la propagande d’un modèle de gouvernant, mais simplement le récit du vécu de sa charge publique. Son livre est une sorte de manuel de l’activité politique.

-         Le machiavélisme : qui n’est pas de Machiavel lui-même, se définit comme l’Etat d’une personne qui emploie la probité et la ruse pour parvenir à ses fins : « La fin justifie les moyens ». ce qui n’est pas du tout l’intention de MACHIAVEL.

 

2. L’HUMANISME CHRETIEN

  a)    Vie et œuvre de MORE (1478-1535)


      Thomas MORUS est un homme d’Etat et un philosophe anglais du 16è siècle dont la conduite et les écrits eurent une influence considérable à un moment décisif de l’histoire de l’Angleterre. Il fut premier ministre d’HENRY VIII ; puis il démissionna quand celui-ci se sépara de Rome pour épouser ANN BELEYN et fonder du même coup l’Eglise anglicane ; enfin, en 1535, il fut condamné à mort par son successeur, THOMAS CROMWELL .

         Thomas MORE naquit à Londres vers1478. Fils d’un homme de loi, il devait se destiner au bureau, et c’est dans cet esprit qu’on l’envoya achever ses études à OXFORD. C’est à cette université qu’il connut ERASME (Humaniste Hollandais : 1469-1536, dont l’œuvre est l’ « Eloge de la folie ») dont il devait rester l’ami toute la vie. Ses études terminées, il commença une carrière d’homme de loi, mais il était par ailleurs dévoré d’une passion pour la théologie (à OXFORD il avait traduit l’ouvrage de Saint AUGUSTIN : « La cité de Dieu »). Il hésita sur sa vocation pendant plusieurs années, inclinant à la vie monastique. Enfin, il se décida à « rester dans le siècle » et se maria en 1505, à 27 ans. Il est surtout connu comme l’auteur de l’ « UTOPIE » qui est un grand succès en Europe. Il a également écrit des traités polémiques et des poésies.

 

b)    La pensée politique de THOMAS MORUS


     Jeune Avocat, Thomas MORE refusait toujours de plaider une cause où la morale lui paraissait offensée. Sa vie politique, tout particulièrement, était le miroir de sa haute spiritualité. Il tolérait très mal l’intransigeance tyrannique du roi HENRY VIII. Pour lui, l’Etat doit être administré comme une famille. De la même façon qu’un père ne peut assujettir sa femme et ses enfants, de la même façon le souverain doit conduire dignement et droitement le peuple dont la responsabilité lui est confiée.

Aux yeux de MORUS, l’Etat est une grande famille. Toute sa vie politique sera une lutte contre les méfaits de l’homme politique. Il faut organiser une société dans laquelle seront respectées les valeurs morales et spirituelles.

Toutefois, si chez lui tout se passe dans un accord parfait, il admet qu’au cas contraire un droit de correction domestique appartienne au chef de famille sur sa femme et ses enfants. Il étend cette autorité de façon que dans la famille tout  soit réglé et ordonné et qu’il n’y ait de recours à la justice publique que lorsque l’énormité de crime implique un appel à l’Etat. La politique a besoin de  soutien et de correction. Sans d’avance voir les menaces, il faut dénoncer les injustices au sein de la gestion du bien public. Au bout de l’épée, quiconque veut faire la justice et la paix doit arriver à affirmer sa spiritualité. « On ne renonce pas à sauver le navire dans la tempête parce qu’on ne saurait empêcher le vent de souffler » (MORE, T., L’utopie, Paris, Ed. Flammarion, 1987, p. 126.)

L’accent est ici mis sur sa vie communautaire qui est une déclaration de guerre au principe individualiste. Il faut une société sans classes. Bâtir une pareille société est une barrière contre la corruption dans les Etats. C’est ainsi que MORUS ironise  « sur les pratiques judiciaires utilisées en Europe au début du XVIè S, sur les soldats mercenaires soucieux de leur argent avant que de défendre le pays, sur la pratique conquérante qui amène aux désastres et aux ruines (…) » (op cit., p. 44).

Il faut indexer le mal radical qui pervertit les sociétés. Ce mal, ce sont essentiellement les ferments individualistes dont l’amour-propre dégénère en égoïsme. D’où, le délire de la propriété individuelle d’où sont nées les disparités sociales et économiques du capitalisme, les ambitions politiques des riches. C’est une occasion belle pour sécréter des injustices de tous ordres. Mais, alors, arriverait-on à former une seule et même  famille. En montrant que la société civile est, dès sa cellule originale, une vaste famille, Thomas MORE lui assigne comme règle, dans une mutuelle affection, la cohésion et la solidarité.

         Avant d’être des individus, les hommes sont frères dans la grande communauté humaine. Il est impossible de séparer l’éthique  et la politique. MORUS a éprouvé douloureusement les distorsions, les déséquilibres et les aberrations qui se logent dans la vie quotidienne des hommes. Sous son regard aigu, il est apparu que les hommes ne sont ni ce qu’ils pourraient être ni ce qu’ils devraient être. Ainsi, constatera-t-on, le roi ne peut mal faire, il est le propriétaire absolu du royaume et de ses sujets, la misère du peuple est son rempart (…).

         Dans son souci réformateur, il unit un christianisme moral et une politique de l’ordre. La politique est à ses yeux un outil pour rétablir l’ordre dans la société. Elle devra être une ouverture au respect des valeurs morales et spirituelles au sein de la société. « Il est grand temps que politique et morale remettent les hommes dans la rectitude du chemin » (MORE, op cit ; p.56).

 

3. LE MONSTRE REDOUTABLE

 

a. Vie et œuvre de Hobbes (1588-1679)


     Hobbes est un philosophe anglais né à Westport et mort à Hardwick. Après ses études à oxford, il devint précepteur du fils de W. CAVENDISH et lui resta attaché toute sa vie. Il rencontra Galilée (Italie) et MERSENNE (philosophe et savant français -1588-1648-, Abbé) en France où il séjourna de 1640 à 1451 (craignant d’être suspecté en Angleterre pour ses opinions royalistes).

Il l’auteur d’un « De cive » (1642) (=Du citoyen) ; du « Léviathan » (1651)(=œuvre fondamentale qui est un résumé de sa pensée politique) ; et d’un « De corpore » (1655).

Son empirisme se double d’un utilitarisme moral et s’achève dans une philosophie politique dont la nouveauté consista à associer la notion de contrat social à celle de pouvoir absolu.

 

b. Pensée politique de Hobbes


   Dans sa philosophie politique, Thomas HOBBES considère l’homme comme un être naturel qui lutte contre tout ce qui l’entoure afin de maintenir sa vie. Son essence se caractérise par une conservation de sa vie et un élan à la survie et est appelé à la survie quand il est opprimé à n’importe quel prix. Toucher au conatus(ce avec quoi on naît,le désir, la volonté, le mouvement qui pousse tout être à agir ; chez l’homme, le conatus se caractérise par une conservation de sa vie et un élan à la survie à n’importe quel prix) de l’homme est base de réaction. La seule chose que l’homme conserve jalousement est la vie. Ce conatus présente l’homme dans une nature spécifique qui le met à la ressemblance de la bête : la méchanceté (quant à tout ce qui concerne la vie).

Dans cet ordre, on peut distinguer deux étapes de la vie de l’homme :

 

- L’état de la nature : dans cet état règne la loi de la jungle. Chaque homme est porté à conserver sa vie ; et dans la crainte de la perdre, il est amené à faire la guerre contre son voisin. C’est un état de désordre, un état où l’homme y est pour l’homme un loup, « Homo Homini lupus ». Dans l’état de nature, à chacun appartient ce dont il peut s’emparer aussi longtemps qu’il peut le garder. Dans la guerre, c'est-à-dire dans l’état de nature, rien n’est injuste » (RAYMOND Polin).

Dans cet état de nature, chacun a le droit de faire et de posséder ce qui lui plaît. La mesure du droit c’est la force.

 Mais, alors, les hommes doivent-ils vivre rien que de cette façon ? Où est en ce moment le sens de la fraternité, de la tolérance, de la patience ?

 

-L’état de société : dans cet Etat, l’homme de nature méchante trouve une protection de sa vie. Pour résoudre le désordre naturel de l’homme, il faut ériger un cadre de vie qui permettrait à l’homme de ne plus faire la guerre contre son voisin : c’est la société. Thomas HOBBES fait ici une sorte d’évangélisation dans laquelle il prône le pardon mutuel pour ériger une société d’hommes moraux. « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit. Accordez-vous en conséquence pour renoncer à ce droit absolu sur toute chose que chacun de vous, égal à chacun, possède dans l’Etat de nature et cet accord de renonciation, ayez la volonté de l’observer » (CHEVALIER,J.J., p.48).

         Pour HOBBES, il faut un pouvoir commun, tout puissant, qui serait capable d’imposer la loi à tous et la paix pour tout le monde. Il faut donc un seul qui obtiendra le pouvoir de décider pour tout le monde. Il faut donc un accord entre les hommes : le contrat. Par convention, chaque homme devra renoncer à se gouverner soi-même, à se défaire de sa méchanceté pour la remettre dans les mains d’un seul qui obtiendra le pouvoir de décider pour tout le monde. Le souverain qui aura reçu le pouvoir exerce une autorité absolue sur les citoyens. Il sera même au-dessus des lois puisque le contrat dont il est issu ne le concerne pas mais concerne les signataires. Les lois sont faites pour le roi et non ce dernier pour les premières. Le roi a le pouvoir de les modifier, les garder ou les rejeter. Il est au-dessus de tous et mène le pouvoir à son gré. « Le pacte lui confère (souverain) d’emblée non en tant que contractant mais en tant qu’il personnifie des contractants la pleine autorité législative et judiciaire, le droit de définir à sa guise des normes et des croyances et même de révoquer comme il l’entend ses propres lois » (GANDILLAC, M., « Sur le Léviathan », in Revue de Métaphysique et de morale, N°4, Octobre-Décembre 1973, p.557).

         La politique de Thomas HOBBES évolue vers une monarchie absolue dans les formes de gouvernement de l’Etat. C’est une politique adressé essentiellement au chef d’Etat qui est présenté comme le  « monstre redoutable » en qui tout se rassemble : la méchanceté de l’homme, l’autorité, le pouvoir. A ce niveau, Thomas HOBBES rejoint Nicolas MACHIAVEL. Il s’agit tout simplement de l’instauration de la dictature par la signature du contrat entre les hommes.

Il est prévisible que la politique telle que vue par Thomas HOBBES est un moyen d’unifier les citoyens par le contrat, contrat qui fait sortir les hommes de l’état de nature où la loi est celle  de la jungle ; mais aussi, un contrat qui assujettit le peuple quand ce dernier remet le pouvoir entre les mains d’un seul qui se convertit par la suite en tyran.

 

c. Conclusion.

     
   
La philosophie politique de Thomas Hobbes semble instaurer la dictature par la signature du contrant entre les hommes. Est-ce  une plaidoirie pour la tyrannie, le despotisme, le totalitarisme, la dictature ?

A regarder de près, la réponse serait non puisque Hobbes soutient dans son œuvre l’idée d’une légitime défense : « tout citoyen, menacé dans sa vie par l’Etat, a le droit de se défendre ».

Ø      Le chef est donc un gérant de nos méchancetés : il peut punir,… Méchanceté est ici synonyme de pouvoir. Hobbes n’opte pas pour la tyrannie.

En prônant la légitime défense contre l’Etat, Hobbes n’institue-t-il pas la légitimation de la révolte ?  Ici la réponse est difficile : puisque l’omnipotence de l’homme d’Etat a besoin d’un contre-pouvoir populaire (la révolte s’il y a abus de pouvoir dans la société). Mais, la réponse exhaustive est à rechercher dans la philosophie de Hobbes qui précède sa philosophie politique. Rappelons que la philosophie de Hobbes est un mécanisme qui évolue de la nature vers la culture c'est-à-dire  qui évolue des choses vers l’homme. Ce que Hobbes constate dans la nature, il l’étend à l’homme. C’est ainsi que sa philosophie politique peut-être considérée comme un mécanisme socio-politique. Cette philosophie politique suppose qu’à toute action politique correspond une réaction politique respective c'est-à-dire à toute décision du chef (cause) correspondra un comportement du peuple (effet). Un chef est comme quelqu’un travaillant sur une machine (calculateur) qu’il doit bien maîtriser. Beaucoup de thèses de Hobbes ont servi à installer au 20e siècle le système fasciste de Mussolini et d’Hitler en utilisant la rationalité instrumentale dans l’organisation de la société. Erreur, tout fonctionne comme une machine. C’est possible pour des choses n’ayant pas de conscience !

 

4. LE PACTE SOCIAL

 

a. Vie et œuvre de John LOCKE (1632-1704).


    Philosophe anglais, John Locke fut commissaire royal au commerce et aux colonies. Dans son « Essai sur l’entendement humain » critiquant l’innéisme de DESCARTES, il pose en empiriste le problème de l’origine et des limites de la  connaissance. Son empirisme n’est pas un sensualisme, car si les « idées simples » sont fournies passivement à l’entendement par la sensation (qui enseigne sur les objets extérieurs) et la réflexion (par laquelle l’âme prend conscience de ses opérations), elles se combinent par abstraction ou association pour former les « idées complexes » (de modes, de substances, de relations) entre lesquelles l’entendement établit des rapports (jugements).

Avec sa « Lettre sur la tolérance » (1689) et son « Traité sur le gouvernement civil » (1690), John Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social n’annihile pas les droits naturels des individus.

 

b. Pensée politique de John Locke


   La première intervention décisive de John Locke dans la marche de la pensée politique est de faire passer le droit naturel du côté de la liberté individuelle. Locke s’inscrit dans la même ligne que Thomas Hobbes. Pour le premier, l’état de nature est état de liberté où chacun ne se soucie que de soi, mais liberté ne signifie pas licence. Il y a en effet une loi naturelle à laquelle les hommes comme êtres raisonnables se sentent obligés d’obéir.

         Toutefois, il est à noter que la sanction qui accompagne cette loi est, dans l’état de nature, laissée à l’initiative personnelle ; l’homme ayant naturellement le droit de se défendre, de retrouver ses biens ou de punir, par l’utilisation de la force.

         Chez Locke, l’état de nature ne conduit pas, comme chez Hobbes, à une guerre généralisée en vertu d’une logique interne. La loi naturelle lockéenne rend possible la paix. La guerre ne pourrait procéder que de l’intervention extérieure : l’argent, qui le plus souvent brise le rapport de l’homme à la nature, à lui-même et à l’humanité. Pour éviter cet état de guerre, les hommes vont quitter cet état de nature et vont s’organiser en société. L’origine de la société politique réside en une convention où les hommes décident de constituer une communauté unique. Le pacte social  est donc l’acte de naissance du corps politique. Par ce pacte social, le peuple garde le pouvoir de révoquer les magistrats qui n’assument pas les devoirs que leur charge leur impose.

La société civile garde une autonomie par rapport au gouvernement politique ; et non sur la personne du souverain comme chez Thomas Hobbes. Au peuple demeure attaché le pouvoir suprême d’établissement et d’organisation du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif qu’il instaure par des lois.

Contrairement à Thomas Hobbes, pour qui le contrat assujettit le peuple en remettant un pouvoir abusif entre les mains d’un seul (le lévianthan), Locke quant à lui prône un contrat qui accorde au peuple une liberté politique. La politique, en tant qu’organisation de la cité, est donc aux yeux de John Locke une voie pouvant conduire le peuple à la liberté politique.

Par mwalimu Ladislas
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 18:16

III. B.  LE LIBERALISME ARISTOCRATIQUE

 

         Charles de MONTESQUIEU (1689-1755)


         Charles de MONTESQUIEU est un écrivain et philosophe français, né au château de la Brède, dans le hameau (petit groupe de maisons) du MONTESQUIEU, près de Bordeaux. Fils de magistrat, devenu lui-même président à MOTIER au parlement de Bordeaux (1716), il acquit une réputation de tel esprit avec les « Lettres persanes » (publiées  sans nom d’auteur en 1721), plaisante satire de la France, qui lui ouvrit les salons de Madame de LAMBERT et de Madame TENCIN.

S’intéressant surtout à l’histoire et à la philosophie politique (il fonda la théorie dite des climats), il entreprit (1721 à 1731), un voyage documentaire en Europe (surtout en Angleterre) pour étudier l’organisation politique des diverses nations. Puis, retiré à la Brède, il rédigea  ses « Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence » (anonyme, 1734), œuvre détachée de « De l’esprit des lois » qui, en 1748, suscita des attaques (auxquelles l’auteur répondit par sa « Défense de l’esprit des lois »,750), mais connut un succès considérable. Charles de MONTESQUIEU s’y montrait un penseur libéral dont les idées sur les libertés et leurs garanties institutionnelles, notamment la séparation des pouvoirs, inspirées de l’Anglais J. Locke, sont dictées par un profond respect de la personne humaine et le goût des réformes équilibrées.

Sa typologie des régimes politiques, qui relie chacun d’entre eux à une passion (la république à la vertu, la  monarchie à l’honneur, le despotisme à la peur), est à la fois normative et descriptive.

 

1. Etude de « De l’esprit des lois »

Le souci premier de Charles de MONTESQUIEU est celui d’avoir un homme libre car en fait la liberté n’est pas un idéal mais un fait. Dans un Etat, il faut parvenir à une liberté politique. Et cette liberté ne peut se trouver que dans les gouvernements modérés.

 

a. Les lois


    La loi es une prescription établie par l’autorité souveraine de l’Etat, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun. Ainsi parlera-t-on de « loi fondamentale » pour désigner la constitution ou les textes formant la constitution d’un pays.

Si les lois visent à organiser efficacement les droits et les libertés de tous les citoyens, elles doivent émaner d’un pouvoir représentatif les rendant acceptables à tous et être imposables à tous.

Aux yeux de MONTESQUIEU, « les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ; et dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois ; l’homme a ses lois ». Ce que nous élaborons aujourd’hui comme lois de justice existaient déjà dans les sociétés primitives mais d’une façon implicite. L’accent est ici mis sur les rapports sociaux. Les lois doivent se situer dans un cadre bien précis : relatives au principe du gouvernement. Ainsi les lois ne peuvent être uniformes pour tous. Elles doivent être adaptées aux conditions de vie de chaque catégorie d’homme. Elles ne peuvent pas avoir  la même intensité pour tout le monde : homme et femme, enfant, capitalistes ou prolétaires,… Mais, alors, si les lois ne peuvent être uniformes pour tous les pays et tous les hommes, et dépendent en plus de plusieurs facteurs, ne peuvent-elles pas être unies par des traits généraux qui les caractériseraient toutes ? Si on pourrait obtenir un trait, voilà ce que MONTESQUIEU appelle « Esprit des lois ». Beaucoup d’éléments font que les lois ne soient pas partout les mêmes : les climats, les manières et les mœurs, la superficie d’un Etat… Pour adapter les lois à tous ces facteurs, il faut dans un gouvernement une législature composée d’une ou plusieurs chambres où les membres élus par le peuple, à intervalles réguliers, doivent exercer la part prépondérante du pouvoir. Pour éviter les abus de l’absolutisme, Charles de MONTESQUIEU suggère la séparation des pouvoirs dont  le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

 

b. La séparation des pouvoirs


    Dans ses réflexions sur le pouvoir, Charles de MONTESQUIEU plaide pour un ordre nouveau : la séparation des pouvoirs. Cette séparation des pouvoirs permet de lutter contre la gestion de l’Etat par une seule classe « éclairée » (à la fois législative, exécutrice et juge dans les tribunaux).

La liberté des citoyens sera garantie si les trois pouvoirs ne sont pas attribués aux mêmes personnes ou aux mêmes organes, mais bien à des institutions différentes qui s’empêchent mutuellement. Le pouvoir doit arrêter le pouvoir. Aucun pouvoir ne doit prétendre que tout lui est permis.

Toutefois, les trois pouvoirs sont appelés à collaborer. Tous trois sont destinés à assurer ensemble la souveraineté de l’Etat, la vie collective. La distinction ne doit être comprise qu’au sens de différence des rôles respectifs.

 

c.  La théorie du gouvernement


    Un régime politique est défini par l’ensemble des règles, recettes ou pratiques selon lesquelles, dans un pays donné, les hommes sont gouvernés. En ce sens, le régime est bien une modalité d’exercice du pouvoir. Mais, alors, l’exercice du pouvoir est-il le même dans tous les Etats ?

D’après MONTESQUIEU, il y a trois espèces de gouvernement : le républicain, le monarchique et le despotique.


* La République


  La République
est une forme de gouvernement dans lequel le peule exerce sa souveraineté par l’intermédiaire d’élus qui exercent le pouvoir législatif, et dans lequel le Président est élu soit directement par le peuple, soit par ses représentants.

Selon que le peuple est le monarque et aussi le sujet ou que la souveraine puissance est entre les mains d’un certain nombre de personnes, nous allons distinguer deux sortes de République :la République démocratique et la République aristocratique.

 

- La République démocratique


      Dans cette forme de gouvernement, le peuple ou l’ensemble des citoyens y apparaît sous deux aspects opposés et complémentaires : il est le monarque mais aussi il est le sujet. Le peuple, étant souverain, doit faire par lui-même tout ce qu’il peut bien faire et, ce qu’il ne peut pas bien faire. Il faut qu’il le fasse par des ministres ou magistrats choisis par lui-même. Il est au moins certain que ce peuple doit bien faire le choix.

Pour que la démocratie réussisse dans une République, il faut tenir compte de la « dimension ». Pour que cette démocratie subsiste, il faut un petit territoire. «Le bien commun qui dans une grande république est sans cesse sacrifié, mis en danger par les grandes fortunes, par la particularisation des intérêts, est dans une petite République mieux senti, mieux connu, plus près de chaque citoyen : ce sont là des conditions précisément favorables au maintien du principe de la démocratie ».(CHEVALLIER, J-J, Les grandes œuvres politiques de Machiavel à nos jours, Paris, Ed. Armand colin, 1970 p87).

Ce qui fait agir la démocratie c’est la vertu : c’est une disposition à faire le bien, une qualité morale particulière. Il faut faire à l’Etat, à l’intérêt public, un sacrifice perpétuel de soi-même. Comme gouvernement d’un plus grand nombre, la démocratie fonctionne mal si les lois cessent d’être exécutées. Ce qui est un mal irréparable pouvant conduire l’Etat à la perdition. Il s’agit bien d’un appel à chaque citoyen d’aimer sa patrie, son gouvernement. Toutes les lois devront aller dans ce sens. De cette façon, il faut éviter le luxe car ce dernier mène l’esprit vers l’égoïsme, l’intérêt privé ou particulier.

Et, sans aucun retard, c’est la corruption qui voit le jour. Doucement mais sûrement, personne n’aura plus besoin des maîtres. Chacun voudra être égal à ceux qu’il a choisis pour lui donner des ordres. Cela finira simplement par la tyrannie. Et là, il ne s’agira d’égalité qu’au sens où les citoyens ne sont rien.

 

- La République aristocratique


      Il s’agit d’un gouvernement politique où le pouvoir souverain est exercé par une classe sociale privilégiée, généralement héréditaire. Dans cette République, la souveraine puissance est entre les mains, non du peuple dans l’ensemble, mais d’un certain nombre de personnes.

Aux yeux de MONTESQIEU, l’aristocratie est une sorte de démocratie restreinte, condensée où le pouvoir serait réservé aux citoyens distingués par la naissance et préparés au gouvernement par l’éducation.

La modération est l’âme de ce gouvernement. Il faut laisser au peuple une certaine influence. Faut-il ainsi réduire la grandeur des magistrats par la liberté de leur durée et rendre justice au peuple. Pour y arriver, il faut que les lois régissent tout.

 

*   La monarchie


    La monarchie est le gouvernement d’un Etat régi par un seul chef. Dans la monarchie, le gouvernement et la souveraineté appartiennent à une seule personne. Le monarque gouverne par des lois fixes et établies. Le pouvoir intermédiaire le plus convenable dans la monarchie est celui du clergé ; le plus naturel, celui de la noblesse ; un troisième est le corps de magistrats qui concerne le dépôt des lois et les rappelle aux princes.  

De cette façon, ces derniers ne peuvent abuser de leur pouvoir. Dans la Monarchie, le principe y est l’honneur. En sauvegardant son honneur, le dirigeant sauvegarde celui de son peuple ; car en ne sauvegardant pas l’honneur du peuple, le dirigeant se retrouverait seul. L’honneur sert ainsi de garde-fou au monarque dans l’exercice de son pouvoir. D’où, tout le monde sera homme de bien.

 

  *    Le despotisme


    Le despotisme est un forme de régime politique dans lequel un seul homme gouverne de façon arbitraire et autoritaire. Dans ce régime, le monarque y règne sans loi, par sa volonté et son caprice.

Souvent, le souverain ne commande pas lui-même ; il remet les affaires sérieuses à un ministre. Dans le despotisme, il n’y a pas d’objection. Le maître décide, au peuple d’obéir. Aucune objection, tirée des sentiments naturels, de l’état de santé, des lois de l’honneur, n’est valable contre le commandement du despote.

 

Dans son cœur, Charles de MONTESQUIEU opte pour le gouvernement monarchique. Ce dernier est celui, par son principe d’honneur, peut inspirer les plus belles actions, et joint à la force des lois, conduire au but de l’Etat : l’égalité et la liberté politique du peuple.

 

d. La liberté politique


    Pour les uns, la liberté politique est la facilité de déposer celui à qui on avait donné un pouvoir tyrannique ; pour d’autres, c’est la facilité d’élire celui à qui on doit obéir. C’est clair que l’on tente de comprendre la liberté au sens de faire ce que l’on veut et quand on le veut « Certain peuple a longtemps pris la liberté pour l’usage de porter une longue barbe,… » (MONTESQUIEU, Ch., De l’esprit des lois, livre XI, Chap. 2, p.324.

MONTESQUIEU conçoit la liberté, dans son sens politique comme étant la volonté de se soumettre aux lois établies et non l’obligation de s’y soumettre. Et, si on est  contraint de s’incliner devant la loi, cela devient plutôt une oppression politique. Cette liberté politique, d’après MONTESQUIEU, ne peut se trouver que dans des gouvernements modérés.

« La liberté politique dans un citoyen est cette tranquillité d’esprit qui parvient de l’opinion que chacun a de sa sûreté, et pour qu’on ait cette liberté, il faut que le gouvernement soit tel qu’un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen » (MONTESQUIEU, op cit, livre XI, Chap.6, pp.327-328).

Les limites du pouvoir ne peuvent être possibles que si le pouvoir arrête le pouvoir. D’où, la séparation des pouvoirs s’avère indispensable dans un gouvernement.

 

e. La théorie des climats


    Il est à noter que le climat joue un rôle important dans les différentes branches de l’activité humaine. Telle personne peut être robuste et vigoureuse ou faible de santé et de cœur suivant qu’elle vit habituellement dans une région de climat froid, chaud ou tempéré. C’est même dans cet angle que le climat joue sur la politique dans un Etat. « Les peuple des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont ; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens » (MONTESQUIEU, op cit, livre XIV, Chap.2, p.444).

Dans les climats froids, on a plus de connaissance de sa supériorité, d’opinion de sa sûreté. D’où, moins de désir de vengeance, moins de soupçons, de politique et des ruses, plus de franchise. On sera peu sensible aux plaisirs, à la douleur, à l’amour. « Dans les pays froids, on aura peu de sensibilité pour les plaisirs ; elle sera extrême » (MONTESQUIEU, op cit). MONTESQUIEU montre que, dans un Etat, tous les effets quelconques ont des causes : le climat et les autres causes physiques produisent un nombre infini d’effets. Ainsi, on trouvera des peuples vindicatifs ou rigoureux suivant qu’il s’agit de leur appartenance à un climat donné.

 

f. CONCLUSION


   Dans sa théorie politique, MONTESQUIEU  a un profond respect de la personne humaine et le goût des réformes équitables. C’est l’homme de la liberté politique. La politique est à ses yeux une organisation sociale qui puisse conduire le citoyen à un épanouissement total et sincère, à une obéissance volontaire et libre aux lois.

La meilleure façon de lutter contre l’absolutisme c’est le partage de pouvoir soit par interposition entre le pouvoir et les sujets de corps intermédiaires, soit par reconnaissance d’un pouvoir législatif, d’un pouvoir exécutif et d’un pouvoir judiciaire.

 

 

III. C. LA SOUVERAINETE POPULAIRE

 

       Jean-Jacques Rousseau


     Jean-Jacques RESSEAU (1712-1778) est un écrivain et philosophe genevois (Genève) de langue française. D’une famille d’origine française, élevé dans la tradition protestante, il fut tôt privé de sa mère et, soumis à l’éducation fantasque de son père, acquit le goût des ouvrages romanesques aussi bien que des œuvres de Plutarque ( Historien et moraliste grec(49-125)).

         A Paris où il connut des déceptions mondaines, il se lia avec Diderot et collabora à l’Encyclopédie. La célébrité littéraire lui vient avec la thèse paradoxale soutenue dans le « Discours sur l’origine de l’inégalité » (1755), il aura une influence considérable sur la pensée politique moderne. Toujours désireux de préciser son idéal politique lié à ses conceptions de l’éducation, il publia « Le contrat social » parallèlement à l’ « Emile » (1762), ouvrage pédagogique dont les idées religieuses furent condamnées, ce qui l’obligea à des années d’errance. Vivant dès lors dans la hantise (tourment constant) d’un complot dirigé contre lui et voulant, par l’aveu même de ses fautes, se justifier devant la postérité, il rédigea (1765 à 1770) « Les confessions » (posthumes, 1782 et 1789) et évoqua ses souvenirs heureux dans « Les Rêveries du promeneur solitaire » composées de 1776 à sa mort.

         Pour concilier le bonheur individuel et les exigences de la collectivité, il appliqua toute sa logique passionnée à édifier un système politique et pédagogique, également moral et religieux, qui découle de cette « maxime incontestable que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits ».

 

1. Pensée politique de Jean-Jacques ROUSSEAU


   Jean-Jacques ROUSSEAU, auteur du contrat social, tente  de mettre un parallélisme entre l’Etat et la famille. Dans la famille, nous avons un Père, chef de famille, qui commande tout et qui mérite d’être honoré par ses enfants. Mais comment le gouvernement de l’Etat pourrait-il être semblable à celui de la famille dont le principe est si difficile ?

L’autorité politique ne peut être fondée que sur des conventions et ne peut commander au citoyen qu’en vertu des lois. Aussi, les devoirs de l’autorité politique ne lui sont pas dictés par des sentiments naturels. Le chef n’est tenu envers le peuple qu’à ce qu’il lui a promis de faire et dont il est en droit d’exiger l’exécution.

         Dans la famille, le père doit commander ; et l’autorité n’est jamais égale entre le père et la mère. Par contre, le gouvernement doit être un et il faut, dans le partage d’avis, qu’il y ait une voix prépondérante qui décide. Egalement, tandis que le père de famille ne peut vouloir le malheur de ses enfants, une autorité politique peut, quant à elle, rechercher son bonheur sur le dos des citoyens. « Loin que le chef ait un intérêt naturel au bonheur des particuliers, il ne lui est pas rare de chercher le sien dans leur misère » (Rousseau, Du contrat social, Paris, Ed. Gallimard, 1964, p.1231).

Pour éviter au chef d’être tenté à chercher son bonheur dans la misère du peuple, Rousseau estime que nul ne doit subir le maître et que nul ne doit non plus imposer sa propre volonté à autrui. Pour y arriver, il faut partager le pouvoir. Le pouvoir doit passer du prince à la collectivité, au peuple. Le pouvoir personnel doit être transféré à la collectivité. Et, en obéissant à tous on n’obéit à personne quand on est soi-même membre de l’assemblée.

         Cette  souveraineté est celle du peuple en corps. Et, quiconque refuse d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps. Le souverain qui va déterminer la volonté générale est le corps du peuple. « L’acte de souveraineté n’est pas un ordre du supérieur à l’inférieur, ni un commandement du maître à l’esclave ; mais une convention légitime, parce qu’elle a pour base le contrat social » (Rousseau, op cit, p.127).

L’exercice de la souveraineté doit être placé dans le corps du peuple et surtout y demeurer. Le peuple doit s’assembler et statuer. Il n’y a qu’une souveraineté démocratique. N’est légitimement constitué que l’Etat où le peuple, en corps souverain, exerce directement la puissance législative. Les formes légitimes de gouvernement se classent uniquement d’après les nombres qui constituent le corps intermédiaire chargé d’exécuter les lois. Ainsi, on distingue :

  1. La démocratie : quand le  souverain remet le dépôt du gouvernement à tout le peuple ou à la plus grande partie du peuple, en sorte qu’il y ait plus de citoyens magistrats que de citoyens simples particuliers.
  2. L’aristocratie : quand le souverain réserve le gouvernement entre les moins d’un petit nombre, en sorte qu’il y ait plus de simples citoyens que de magistrats.
  3. L’anarchie ou gouvernement royal : quand on peut concentrer tout le gouvernement dans les mains d’un magistrat unique dont tous les autres tiennent leur pouvoir. Cette forme est la plus commune.

Les formes de gouvernement dépendent donc du nombre de citoyens qui tiennent le pouvoir. Quelle pourrait alors être la meilleure forme de gouvernement ? Rousseau nous dit que chacune d’elles est la meilleure en certains cas et la pire en d’autres. Tout de même, il milite pour l’unité de l’Etat à travers la souveraineté du peuple. La loi, ratifié par le peuple, doit être l’expression de la volonté générale en vue du bien commun. De la sorte, le pacte social établit entre les citoyens une telle égalité de droit qu’ils s’engagent tous sous les mêmes conditions et doivent tous jouir des mêmes avantages.

 

III. D. LE LIBERALISME DEMOCRATIQUE

 

     Alexis de TOCQUEVILLE


     Alexis de Tocqueville (1805-1859) est un historien et un homme politique français. Magistrat sous la Restauration, il fut chargé par le gouvernement d’une enquête sur le système pénitentiaire aux Etats-Unis. Il élargit  le sujet et en fit « De la démocratie en Amérique » (1835-1840), qui le rendit célèbre. Cet ouvrage est toujours considéré, en Amérique même, comme constituant la plus pénétrante et prophétique analyse de la civilisation des Etats-Unis.

Très sensible aux progrès constants de l’Inégalité, Tocqueville pense cependant qu’il peut découler de la démocratie (pour lui, Démocratie  chrétienne) un redoutable danger, le despotisme de la majorité ; au maintien de la liberté, il faut donc deux garanties essentielles, la liberté de la presse et l’indépendance du pouvoir judiciaire.

 

1. Pensée politique d’Alexis de Tocqueville


    En 1831, deux jeunes français, Alexis de TOCQUEVILLE et Gustave BEAUMONT, tous deux magistrats, débarquaient à New York. Ils avaient pour mission, sur leur demande au roi, d’étudier le régime pénitentiaire des américains. Là, Alexis va constater le progrès d’égalité des conditions. De cette égalité, autrement appelée démocratie, l’Amérique présente une image parfaite.

Dans ses observations, il constatera que cette égalité des conditions est un modèle tiré du clergé. Quiconque était condamné de rester éternellement esclave peut, dans le clergé, se passer comme prêtre au milieu des riches et peut prendre part à des réunions avec les rois. « Voici la politique du clergé qui vient à se fonder et bientôt à s’étendre. Le clergé ouvre ses rangs à tous, au pauvre et au riche, au roturier et au seigneur ; l’égalité commence à pénétrer par l’église au sein du gouvernement, et celui qui eût végété comme serf dans un éternel esclavage, se place comme prêtre au milieu des nobles, et va souvent s’asseoir au-dessus des rois » (Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, Paris, union générale d’Editions, 1963, p. 22.).
Cette démocratie héritée du clergé doit avoir pour fin la liberté politique au sein de l’Etat. Ce que le peuple aime d’un amour éternel, c’est l’égalité. Un peuple politiquement libre et égal se soumet à la loi et fait ses devoirs sans aucune contrainte. La démocratie est synonyme d’égalité des droits politiques, d’égalité devant la loi. C’est aussi un effort de la société pour fournir aux pauvres des institutions qui puissent leur permettre de s’élever. Elle est également une grande indépendance laissée à l’individu. D’où, une liberté combinée avec l’égalité.

Tout de même, il est vrai que la démocratie a plus de chances de se tromper qu’un roi ou un corps de nobles ; mais aussi, elle a plus de chances de revenir à la vérité, une fois que la lumière lui arrive. Alexis de TOCQUEVILLE va fixer au  pouvoir social des limites visibles et immuables. Les corps intermédiaires (collectivités locales et associations) serviront des freins aux excès de la démocratie.

         Pour une participation réelle des citoyens à l’action collective, il faut une décentralisation : rendre plus autonome ce qui dépend d’un pouvoir central. Ainsi, le peuple est appelé à la solidarité : devoir des hommes de se rendre utiles à leurs semblables.

Alexis de Tocqueville décrit avec satisfaction l’égalité des conditions aux Etats-Unis. Les Américains agissent par  eux-mêmes et sur eux-mêmes. Ils participent à la composition des lois par le choix des législateurs, à leur application par l’élection des agents du pouvoir exécutif. Ils gouvernent donc par eux-mêmes. Cela devra être un idéal pour d’autres nations. « Il me paraît hors de doute que tôt ou tard nous arrivons, comme les Américains, à l’égalité presque complète des conditions » (Tocqueville, op cit, p.123).

 

2. CONLUSION


    Dans sa pensée politique, Alexis de Tocqueville rêve une société où tous, regardant la loi comme leur ouvrage, l’aimeraient et s’y soumettraient sans peine ; où l’autorité du gouvernement étant respectée comme nécessaire et non comme divine, l’amour qu’on porterait au chef de l’Etat serait un sentiment raisonné et tranquille. Il s’établirait ainsi entre toutes les classes une sorte de condescendance réciproque, éloignée de l’orgueil et de la bassesse. L’association libre des citoyens pourrait remplacer la puissance des nobles, et l’Etat serait à l’abri de la tyrannie et de la licence (Désordre moral ; dérèglement dans les mœurs).

Bref, Alexis de Tocqueville c’est l’homme de la démocratie libérale (favorable aux libertés individuelles ; qui respecte l’indépendance, les opinions d’autrui). La politique est ainsi à ses yeux une organisation permettant au peuple une égalité des conditions en lui accordant la liberté de se diriger lui-même.

Par mwalimu Ladislas
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 18:08

 

            L’homme est un nœud des relations. Il est à la fois corps, âme et esprit. Le réduire seulement à une de ses dimensions reviendrait à le réifier.

De ce fait, l’être humain à un corps et il est son corps. De ce corps il se situe au monde dans un espace-temps. L’homme sent. A partir de la sensation, il peut afficher son sentiment qui traduit alors son affectivité, sa sexualité. De cette façon, l’homme est un être affectif, sexué et sexuel.

 

            Aujourd’hui plus qu’hier et peut être moins que demain, le sexe est le centre d’intérêt de la plupart des gens. Les médias, reflet des intérêts de la majorité, consacrent un espace trop vaste à la question sexuelle. L’on dirait qu’il y a une révolution dans l’évolution sexuelle. Ce grand constat hâtif soit-il nous ouvre à un questionnement sans précédent, à savoir :

-qu’est-ce que c’est le sexe ? Quel est le moment de jouir du sexe ? Quel serait le but d’une sexualité vécue et incarnée ?

 

            Le sexe est par définition cette conformation particulière qui distingue le mâle de la femelle, l’homme de la femme. Cet organe du corps entre en fonction pour une complémentarité des propos sexuels et sexués. Le sexe est utilisé pour satisfaire les désirs et surtout procréer. La satisfaction et la procréation ont une exigence de commun, ce que le respect de (la différence) de l’autre, sa différence n’est pas à substituer ni à remplacer. Chacun est unique à son genre. Quid alors de la sexualité ?

 

1. La sexualité

 

L’être vivant a des instincts qu’il faudrait satisfaire. Cette force s’exprime à travers le comportement. Voilà pourquoi quelques psychologues, philosophes et psychanalystes affirment que l’homme est sexué, que l’homme est sexe.

 

Aujourd’hui, plus que jamais, l’homme  semble souffrir d’une crise on ne peut plus contagieuse : la sexualité, l’amour sexuelle.

Le constat malheureux nous mène à un étonnement. Que dit la Bible au sujet de la sexualité ? Quelle est la part de la biologie, etc ? Les points suivants nous donneront des bribes de réponse.

 

1.1.  La Bible et la sexualité

 

Il y a mâle et femelle dès le commencement. La cause de l’existence du masculin et du féminin est très simple : avant la création des civilisations et des peuples, voire des races et des familles, il y avait l’être humain. D’une part, l’homme qui devait féconder la femme et travailler pour la nourrir ; la femme, d’autre part, qui devait être fécondée et secondée, dans ses tâches procréatrices et dans les soins apportés aux enfants, par le partenaire pour perpétuer l’espèce.

 

Ces deux (homme-mâle, femme-femelle) différents l’un de l’autre, chacun devrait avoir une psychologie adaptée au développement de l’importante mission de peupler la terre et de s’aider mutuellement. Par illustrations, le livre de Genèse est clair quand nous lisons l’épisode d’Adam et Eve et celui de Noé lorsqu’il fallait sauver les êtres vivants du déluge ( Gn 2 : 18-23 et Gn 7 : 1-10).

 

Plusieurs ne se sont jamais opposés à cette réalité biblique. Anthropologues, psychanalystes et féministes, tous savent que malgré les divergentes théories telle que : la société conditionne le sexe, on ne naît pas femme, l’identité sexuelle,… la biologie tranche l’affaire. Il y a toujours un mâle, l’homme et une femelle, la femme. Songer à un homme féminin et à une femme masculin revient à penser à une future création et c’est purement une spéculation vaine que d’apporter l’eau au moulin. Qu’ajoute donc la Biologie à ce propos ?

 

1.2.  La Biologie et la sexualité

 

Les temps qui courent ne  pas heureux pour les deux sexes. Toutes les fonctions ont été rejetées et chacun doit s’arranger comme il peut, ce qui n’est toujours facile c’est la crise, la déviation. Il y a plusieurs différences génétiques existant entre hommes et femmes. Lorsque on affirme la complémentarité des sexes (penis et vagin) nous n’envisageons pas une confusion des sexes.

      Lorsque l’homme et la femme apparurent sur cette terre, ils possédaient des caractéristiques organiques et psychologiques différenciées. Les hommes sentent (organes de sens) d’une façon différente des femmes. Cela n’implique par la supériorité d’un sexe sur l’autre. Ils sont complémentaires. Leur forme témoigne. Il s’en suit que lorsqu’un homme et une femme s’unissent physiquement et affectivement, ils forment vraiment un être humain authentique et complet.

En matière de sexualité, domaine si complexe et si délicat, il n’est pas facile de déterminer ce qui est normal. Mais, il y a certains faits facilement et universellement observables, qui marquent des limites claires et peuvent nous aider à adopter une position impartiale. Ecoutons ISIDRO AGUILAR qui donne ces faits.

-         D’abord, d’un point de  vue anatomie et physiologie, il est indéniable que la forme et la disposition des organes génitaux humains et leur fine sensibilité aussi que leur fonctionnement, soient parfaitement adoptés à la conjonction hétérosexuelle ;

-         En suite, normalement l’attirance envers le sexe opposé est un facteur commun à toutes les cultures et coutumes : a ce sens, reproduction de l’espèce est celle qui, de beaucoup aborde le plus et détermine la normalité. Dans cet angle d’idées, les psychologies masculine et féminine se complètent admirablement[1].

 

Nous venons de parler du sexe, de la sexualité. C’est une sorte de philosophie du sexe ou de psychologie. L’anatomie et la physiologie, la morale et la psychologie nous ont montré les jalons pour une sexualité sensée, vécue. Elles nous ont indiqué la normalité, qui, malheureusement, n’est plus respectée. Aujourd’hui, moins que demain, c’est l’anormal, le retour à l’état de la nature. Cette affirmation s’enracine des déviations sexuelles. Quelles sont ces déviations ?

 



[1] ISIDRO AGUILAR, Guide de la vie familiale vol2, éd safeliz, Espagne, 2000, p 90 / 180

Par mwalimu Ladislas
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 17:57

2. Les déviations sexuelles


 
La déviation est définie comme un changement anormal, un retour de la bonne voie.  L’objet sexuel est à ce dernier siècle diversifié à tel point qu’on arrive à identifier toute une multitude des pratiques sexuelles aberrantes. Selon qu’on définie l’objet sexuel et l’objectif sexuel, les aberrations peuvent se référer à :

  • Déviation de l’objet. Lorsque l’être qui est sujet de l’attirance (personne, animal ou chose, blesse la pudeur. Citons las cas de l’homosexualité, pédophilie, fétichisme, zoophilie, nécrophilie, inceste, bisexualité, sexe en groupe,…
  • Déviation de l’objet. Dans ce cas, l’accent est mis sur ce que l’on désire faire avec l’objet : copuler, toucher, regarder, exhiber, souffrir…. Nous citons ici les voyeurisme, frotteurisme, analisme, coprophilie, coprophagie, sadisme, viol,…

N’étant pas du domaine, nous nous limiterons à exposer simplement les déviations sexuelles. Nous nous limiterons à vingt supposant que d’autres formes s’orientent vers telle autre déviation. A ce sens, nous citons :


- L’homosexualité :

 

C’est l’établissement des rapports érotiques entre individus de même sexe (Homo=même). Lorsque les individus sont du genre féminin, on parle de Lesbianisme[1].

            Plusieurs théories font une apologie de cette pratique et cela de partout. Si les hommes pratiquent leurs rapports érotiques par voie anale et les lesbiennes par la manipulation de leurs seins ou de leurs organes génitales[2], alors qu’elle soit réglementée, pratiquée ou pas, c’est une déviation.


- Le sexe virtuel :

 

Le sexe virtuel consiste à établir des relations sexuelles avec une « femme objet » ou un « homme objet ». Quelle terrible dépersonnalisation ! Selon Paul VIILIO, cité par ISIDRO « certains préfèrent l’être virtuel- le lointain- à l’être réel, celui qui est proche, le prochain »[3].

            En effet, pour  cette déviation, certains sembles vivre une certaine chasteté sans nom, d’autres deviennent misogynes par exemple croyant ou espérant à un être imaginaire.

 
- L’hermaphrodisme :

 

Un hermaphrodite est un être (végétal, animal ou humain) qui possède simultanément les deux sexes. Ici se situe une auto-satisfaction comme une aberration sexuelle ; toutefois, l’on dirait que c’est un accident.

 

- Le pluralisme sexuel / sexe en groupe[4]

 

Cette déviation consiste à se consacrer à toute sorte d’activités érotiques en groupe ou un échange de partenaires. L’auteur signale que cela arrive aussi dans des rassemblements organisés ou privés où les gens prennent des boissons excitantes comme les drogues soit en regardant les films pornographiques.

- La pédophilie : une attaque contre l’enfance

 

Cette aberration consiste en la pratique d’actes érotiques entre un adulte séducteur et un enfant impubère. Lorsque les abus sexuels contre un enfant sont commis par un homosexuel adulte, on parle de pédérantie[5]. Le contraire de la pédophilie est la gérontophilie (géronto=vieux, âgés).

 

- Le fétichisme[6]

 

C’est une déviation sexuelle qui consiste à associer les sensations érotiques hétérosexuelles ou homosexuelles à une zone déterminée du corps de l’être aimé (seins, cuisses, cheveux, etc…) ou à un objet ou un vêtement lui appartenant (sous-vêtement, chaussures, foulards,….). C’est à travers cette association que le désirant atteint l’orgasme, généralement grâce à la masturbation. C’est une anomalie.

 

- La zoophilie/ Bestialité

 

Cette déviation sexuelle paraît une activité sexuelle compensatoire. C’est presque une maladie mentale. Elle se combine parfois du sadisme en torturant et en blessant les animaux à des fins érotiques[7].

 

- La nécrophilie

 

Elle est définie comme l’attirance morbide pour les cadavres avant de les momifier, les enterrer. Nous constatons que nous ne citons que les déviations liées à l’objet. Ce n’est pas tout.

Il y a d’autres déviations inhabituelles comme le suicide, l’assassinat quand on expérimente une déception d’un conjoint. Ici-bas suivent les aberrations de l’objectif sexuel.

 

- L’exhibitionnisme[8]

 

Déviation qui consiste à se dénuder partiellement ou totalement dans le but d’exposer à la vue des autres les parties érotiques du corps.

De cette déviation, l’auteur souligne le Streaking (courir nu devant une multitude de gens), les appels-messages électroniques obscènes ou l’envoie des lettres dont le contenu est plein d’avances grossières.

 

- Le voyeurisme et le frotteurisme

 

  • Le voyeurisme manifeste le besoin de contempler le corps nu du sexe opposé. Elle est associée à des signes d’immaturité ou à des problèmes psychologiques.
  • Le frotteurisme quant à lui consiste au fait de se satisfaire par de simples frottements, frôlements ou attouchements avec d’autres personnes[9].

Le caractéristique du voyeurisme est le goût de se cacher dans des endroits d’où le voyeur peut observer sans être vu ou exposer les parties érotiques de façon intentionnelle. Tel est le cas des musiciens, danseurs modernes.

 

- L’analisme :

 

Besoin d’utiliser la voie anale pour se satisfaire. A grande partie ce sont les homosexuels qui le pratiquent.

 

- Coprophilie et coprophagie :

 

L’on parle de cette aberration lorsque les sujets arrivent à s’exciter en voyant uriner ou déféquer un sujet homo-hétérosexuel. Elle s’accompagne d’un goût pour les immondices, autrement dit, manger ou boire les excréments (selles, urines). Cela est nommé coprophagie.

La spermatophilie consiste à consommer le sperme frais d’un homme après éjaculation dans le vagin.

 

- Le travestisme :

 

C’est le fait de ne pas accepter son propre sexe et sentir la nécessité de se transformer aussi bien même par des chirurgies féminisantes ou masculinisantes[10]. Outre cet aspect, vient le fait de transformer le vêtement (vestimentum), changer de voix, utiliser des produits destinés au sujet du sexe opposé. Nous citons le cas actuel de celles qui préfèrent l’habillement des hommes, ceux qui changent leur peau (teint), leur chevelure, etc.

- Le sadisme :

 

C’est la perversion due au complexe d’infériorité qui consiste seulement à faire souffrir l’autre partenaire intentionnellement. Il doit son nom du Marquis de Sade Donatien Alphonse François né à Paris en 1740[11]. 

-  Le Masochisme :

 

Est le contraire du sadisme. Selon cette aberration, il faut souffrir pour aboutir à la jouissance sexuelle. Le Masochisme doit son nom au médecin Autrichien Lenpold Von sacher Masoch. Ecoutons son propos : « je trouve un attrait étrange à la douleur, et rien ne peut plus attirer ma passion que la tyrannie, la cruauté et surtout l’infidélité d’une belle femme…… C’est qu’il a de plus excitant et de plus agréable c’est de recevoir le fouet de la main d’une femme »[12].

Au lieu de faire souffrir son sujet partenaire, c’est le sujet désirant qui doit souffrir pour et à la suite des sentiments sexuels.

- Le Sado-masochisme :

 

Consiste à jouir érotiquement de la violence sexuelle infligée et qui est infligée de deux côtés, de part et d’autre, des deux partenaires.

- Viol et inceste :

 

 Le Viol[13] consiste à forcer délibérément le partenaire d’accomplir un acte  érotique sans le consentement de l’autre partenaire. Tel serait le cas des agents qui, par peur de perdre un poste, consentent malgré eux aux sollicitations de leurs chefs de services, leurs autorités.

Ainsi, toutes les fois qu’il y a emploi de force physique, de mensonge, d’intimidation, de ruse, etc., cette agression est viol.

L’inceste[14] est constitué par les relations sexuelles entre parents consanguins dont le degré de parenté les empêche de se marier.

C’est aussi une violence plus subtile car une contrainte psychologique. Pour plus d’information, lire Lévitique 18,20 ; 2Sam 11, 1-4 ; 2Sam 12, 10-14.

 

- La prostitution

 

Celle-ci est une pratique des rapports sexuels continus et renouvelés, librement, et avec n’importe quelle personne qui le lui demande. Son propos fondamental étant le gain et non le plaisir.

            Nous entrevoyons que la prostitution a des causes sociales, économiques. Voilà pourquoi il en arrive qu’on assiste au cas comme le proxénétisme, le fait de favoriser et organiser la prostitution d’autrui à des fins lucratives. Nous pensons ici au souteneur à qui sont remises ses gains,

*le tenancier d’un hôtel où s’exerce le commerce charnel,

*l’entremetteur qui fournit les filles sollicitées dans la clandestinité,

*le trafiquant, qui ravitaille en femmes les maisons de tolérance…[15]

 

- La Pornographie :

            On dit que la société actuelle est une société érotisée, remplie de stimuli tendant à exalter la sexualité. La pornographie c’est ce qui exploite et déshumanise le sexe, de telle façon que les êtres humains, et en particulier les femmes, sont traités comme des choses, des objets sexuels[16].

            La pornographie n’est rien d’autres que la violence sexuelle, et, de même que la contemplation de la violence quelle qu’elle soit, elle ne fait qu’exciter et inciter les instincts d’agressivité, et dans ce cas d’agressivité sexuelle. Elle est, par nature, contraire au sexe, une terrible menace que cela suppose, surtout pour les enfants et adolescents. C’est le drame de la liberté d’expression et de communication, car tout cela se passe au moyen des outils de communication : TV, ordinateur, cinéma dans leur très haute technoscientificité.

 

- Le Cybersexe :

 

            Cette déviation peut se définir comme la pornographie sur Internet[17]. Avec l’implantation presque universelle d’Internet, la transmission de méthodes pour pratiquer le « sexe virtuel » pourrait être quelque chose d’encore plus rapide. C’est la diffusion de la pornographie. Que faire ?

 

 

3. Vers une pensée existentiellement éthique

 

L’être humain est crée par Dieu. Il est le temple de l’Esprit Saint. Le corps humain est donc sacré. Il se nécessite un respect incontournable de l’individualité et de la singularité.

Les aberrations exposées impliquent un oubli complet des aspects affectifs et spirituels et font des personnes un simple objet d’échange visant à produire un type d’excitation qui frise la morbidité.

Après ce long parcours, nous avons exposé et distinguer des déviations conduisant à un contact : l’excès est aussi néfaste, sinon plus que la carence bien qu’il soit nécessaire de manger pour rester en vie et de manger suffisamment pour être en forme. Une pseudoéthique a ceci de caractéristique que ce qui est accepté par la majorité ne peut pas toujours être considéré comme socialement répréhensible. Le commun ne devient pas toujours normal. « Toutes les grandes civilisations ont été ébranlées par suite d’un mouvais usage et d’un abus des instincts individuels, qui, au lieu de favoriser la préservation de l’espèce humaine, tendent à son autodestruction »[18].

De cette citation, chacun à chaque endroit est concerné par ce drame que cours l’humanité de notre temps. C’est la désertification du sacré. C’est le rejet de la religiosité. L’homme devient de plus à plus un être quelconque, un étranger au monde.

Dans la perspective de la sexualité, nous pouvons nous poser une petite-grande question : est-ce que tout est en vente ? Il semble que notre société en particulier, l’humanité en général, est marquée par une insatisfaction généralisée et généralisante.

Comme toujours, et bien plus dans cette société où la consommation passe avant tout, il y aura des gens pour qui vendre leur corps est une façon de faire de l’argent facilement. Les uns vendront leur propre corps, d’autres vendront le corps d’autrui. Quelle idée peut nous résumer ?

 

Conclusion

 

Au lieu de conclure, reconsidérons, redéfinissons l’homme in stricto sensu. L’homme n’a plus ses deux pieds sur terre. Nous n’avons presque rien dit au sujet de la problématique de la sexualité, terrain très glissant.

Nous sollicitons le concours de la Bioéthique et de la morale, sans oublier toute personne à qui le sujet intéresse et interpelle, de nous compléter. Nous nous proposons partager les paroles du philosophe de la non-violence qui disait : « Rappelle-toi le visage de l’homme le plus faible et le plus pauvre que tu aies vu et demande-toi si l’action que tu envisage d’entreprendre va lui être d’une utilité quelconque » (GANDHI).

 

Par  Ladislas KATSUBA KINYALI et Alphonse  KAMBERE SIVAVWIRAN


[1] Idem.

[2] Idem, p 100.

[3] Idem, p73.

[4] Idem, p 104.

[5] Idem, p 104.

[6] Idem, p 105.

[7] Idem, p 107.

[8] Idem, p 108

[9] Idem, p111-112.

[10] Idem, p116.

[11] Idem, p118.

[12] Ibidem, p119 (LV-MASOCH, cité par ISIDRO, op. cit.  p119).

[13] Ibid. p 132.

[14] Iid. Pp141-145.

[15] Ibid. p 152

[16] Ibid., p 163.

[17] Ibid. p 167.

[18] Ibid. pp 118-119

Par mwalimu Ladislas
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 18:44

Introduction

 

L’abolition des références morales, spirituelles, religieuses s’accompagne en même temps d’une demande d’éthique très forte. Quels sont les nouveaux critères de décisions éthiques face au progrès vertigineux de la science ? Une série de styles inédits lance un défi aux morales classiques, aux canons du droit et aux règlements des déontologies reconnues (sur la sexualité, la défense nucléaire,…). Il s’agit de penser autrement, de penser aux conséquences de nos actions présentes pour les générations futures (Jonas HANS). Tel est le fondement même du développement durable. A des situations nouvelles qui affectent sérieusement la nature profonde et la qualité de l’agir humain doivent correspondre de nouvelles responsabilités. A en croire E. WEIL, la question en jeu n’est plus de savoir comment il faut agir mais en vue de quoi il faut agir.

 

1. Accès aux soins

 

Affectée, par définition, à la préservation et au maintien de la santé, la médecine est, plus que jamais, contrainte d'intégrer, dans l'acte médical, les réalités économiques et la dimension socio-culturelle spécifique à chaque patient. L'ensemble du cadre et des conditions de vie sont donc à considérer, à la fois sur un plan global et sur le plan personnel; pour chaque patient. C'est à l'une de cette double dimension que doit être mesurée l'adéquation de l'acte médical, y compris l'accès aux soins.

 

Aujourd'hui, encore, y compris dans les pays les plus développés, "l'accès aux soins" se conçoit, essentiellement, dans un contexte d'économie de marché. C'est, avant tout, un service marchand… alors que l'OMS a défini un "Droit à la santé" pour tous, avec, pour corollaire, un égal "accès aux soins" pour tous, première étape d'une politique soucieuse que ce droit ne demeure pas à l'état de vœu pieux. Simple à exprimer, ce concept ne va pas sans soulever de nombreuses interrogations éthiques, tant au niveau de la définition que de l'application.

 

La réflexion éthique, dans ce domaine, se situe à un double niveau. Celui d'une acception universelle, qui ne peut, cependant, éviter de prendre en compte les différences de cultures, de structures géo-politiques, économiques et sociales à travers le monde. C'est à ce niveau que se situent les questionnements concernant les politiques de santé publique, d'éducation à la santé et de lutte contre les grandes pandémies… Et celui du vécu quotidien, dans le cadre des lois et règlements propres à chaque pays, voire au sein de communautés de vie, et liés aux conditions de vie, aux traditions, aux croyances et aux choix politiques et idéologiques effectués. La diversité des options retenues au sein même de la Communauté Européenne, en est une brillante illustration.

 

Mais, à l'un et à l'autre niveau, et quoi qu'il en soit, la réflexion éthique sur l'accès aux soins repose, essentiellement, sur la prise en compte de trois paramètres principaux :

· la demande, désormais universelle, immédiate, exigeante et sans limites ;

· l'offre, liée, trop souvent, à des critères de rentabilité plutôt que d'aide à la santé ;

· la pratique, avec ses réglementations, ses contraintes et ses dérives, dans le cadre d'une recherche permanente d'équilibre et d'harmonisation de la relation médecin / patient.

 

2. Santé Publique

 

La lutte contre les fléaux de santé publique, médicaux ou sociaux, passe par la prévention, la promotion de l'éducation pour la santé, l'égal accès aux soins pour l'ensemble de la population, l'ouverture des droits sociaux, la mobilisation des techniques de communication adaptées au public.

Il est de plus nécessaire d'engager la réflexion sur l'articulation pertinente du soin, du social et de l'éducation pour la santé, ainsi que sur les moyens financiers, logistiques et humains nécessaires à cette bonne coordination afin de promouvoir un égal accès aux soins pour tous.

Faut-il favoriser la création de nouveaux modes d'organisation du soin tels que les réseaux de santé, dont certains assurent une prise en charge globale médico-sociale, luttant ainsi contre le nomadisme médical et social.

 

Prévention et information

La prévention vise à influer sur le mode de vie des individus, leurs activités, leur comportement psychosocial ou bien par des biais médicamenteux.

Il convient alors de s'interroger sur la qualité de l'information donnée au patient : est elle claire, exhaustive, objective ? Comment doit elle s'intégrer dans la relation entre un médecin et son patient ? Dans quelle mesure le professionnel de santé, médical, paramédical ou social peut-il ou doit-il intervenir dans le mode de vie d'un individu ? Comment délivrer une information destinée à modifier ou adapter ses habitudes en respectant son autonomie, sa liberté de choix et d'action pour son bien être et en limitant l'ingérence dans sa vie privée ?

On peut alors étudier l'intérêt de l'évaluation des données médicales délivrées aux patients, de l'harmonisation et de l'actualisation de la formation médicale dans le domaine de la prévention et de l'éducation pour la santé.

En quoi la loi du 4 mars 2002 a-t-elle modifié la relation entre le médecin et son patient, la qualité de l'information transmise et la confiance entre le soignant et le soigné ?

 

Responsabilité individuelle et collective

Les actions de santé publique sont souvent collectives, mais en appellent à une prise de conscience individuelle. Comment alors agir au niveau collectif en agissant au niveau individuel ?

Où commence le bénéfice collectif et où s'arrête la liberté individuelle ?

 

Cette rubrique permet d'aborder l'ensemble de ces points pour favoriser la réflexion et la formation des professionnels et des citoyens sur les enjeux de santé publique.

 

3. Ethique de la Recherche

 

L’éthique médicale et biologique s’appuie sur des principes et concepts découlant de textes fondamentaux, tels que le Serment d’Hippocrate, le Code de Nuremberg (1947), la Déclaration Universelle des droits de l’homme (1948), la Déclaration d’Helsinki (1964), les Déclarations de Tokyo (1975), le Rapport Belmont (1979), les Déclarations de Venise (1983), de Hong-Kong (1989) et les Principes directeurs internationaux d’éthique de la recherche biomédicale concernant les sujets humains (1992, révisés en 2002). Ces textes fixent des règles de protection des personnes participant à des recherches biomédicales et définissent les principes qui doivent guider les essais cliniques avec la participation d’êtres humains.

 

Recherche et Ethique

A la question déjà difficile posée par les sciences du vivant - Jusqu’où ira-t-on ? -, il faut en ajouter une autre – Jusqu’où a-t-on le droit d’aller ? -, qui a trait aux liens entre éthique, science et liberté. Au croisement de la science, du droit et de la morale, la vocation de l’éthique médicale et biologique est d’encadrer l’usage des techniques nouvelles en recherchant, en permanence, un juste équilibre entre les droits des malades, la liberté de la recherche et le respect des valeurs essentielles de notre société.

 

Recherche et Législation

En matière d’encadrement de la science en France, l’activité de recherche clinique est régie par la loi n°88-1138 du 20 décembre 1988, dite loi Huriet-Sérusclat [13]. La protection des personnes est la doctrine fondamentale de cette loi sur laquelle se base l’organisation des recherches biomédicales et la définition des rôles et des responsabilités des différents partenaires de ces recherches. Récemment, la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite loi Kouchner, a mis l’accent sur le respect de l’autonomie du patient et le respect de ses droits.

 

Ethique de la recherche

La loi Huriet-Sérusclat opère une distinction franche entre soin et recherche sur la base de différences de finalités entre ces deux activités. Dans une démarche de soins, la personne est une fin en soi, traitée par un médecin pour améliorer sa santé et alléger ses souffrances. En revanche, la finalité première de la recherche est de tester des hypothèses afin d’enrichir les connaissances. La personne qui s’y est prêtée n’est pas le but mais le moyen, dans une visée d’un intérêt collectif avant celui de l’intérêt individuel.

Cependant, la limite entre soins et recherche n’est plus aussi franche subséquemment à l’orientation thérapeutique qui s’empare des recherches cliniques, entraînant une mixité des pratiques et une confusion des responsabilités qui incombent aux différents acteurs.

En l’absence d’un encadrement éthique international qui régisse la recherche clinique, les investigateurs de la recherche et les membres des Comités d’éthique manquent de lignes directives cohérentes leur permettant de définir si un protocole de recherche est éthique ou pas. En France, les CCPPRB, qui sont des nouvelles institutions instaurées par la loi, ont pour mission centrale d’évaluer les protocoles de recherche avant leur réalisation afin de vérifier que la protection des personnes est bien assurée.

 

Si la réflexion éthique à ses débuts était l’apanage d’une élite scientifique et philosophique, le monde entier ressent désormais la nécessité d’une telle réflexion pour accompagner les recherches scientifiques et anticiper sur leurs applications.

 

4. Le corps humain et ses éléments

 

Avec les perspectives d'interventions sur le corps humain (Réparations, modulations, sélections,transformations, procréation…) ouvertes par le développement, sans cesse croissant, des nouvelles technologies dans le domaine médical, le problème du recours à des personnes ou à des éléments du corps humain – depuis le don du sang et le don d'organe jusqu'au recours aux embryons et à l'utilisation des patrimoines génétiques - à des fins scientifiques et thérapeutiques, a revêtu une acuité particulièrement aigue.

 

Deux problèmes majeurs sont posés dans ce domaine, tenant, les uns, aux conditions financières, et, les autres, aux conditions de mise en œuvre de toute recherche ou de toute intervention thérapeutique faisant appel à l'utilisation d'éléments du corps humain. Si, à Nuremberg, d'abord, puis à Helsinki et, enfin, à Tokyo, la communauté internationale s'est, globalement, mise d'accord sur le respect de règles de bonne conduite, en ce qui concerne les secondes, en revanche, elle est loin d'avoir fait l'unanimité sur les premières..Tandis que certains pays admettent, en effet, un droit de propriété de la personne sur son propre corps, en tout et en partie, donnant lieu, en conséquence,.à compensation pour toute utilisation, par autrui, sous quelque forme que ce soit, de ce droit, d'autres – dont la France – ont opté pour une, non-patrimonialité des éléments du corps humain, quels qu'ils soient, et qu'elles qu'en soient les circonstances et les modalités de mise en œuvre.

 

Dans un contexte international multiculturel, où la notion même de dignité de la personne revêt des caractères radicalement différents, et dans un contexte de foisonnement scientifique allant juqu'à remettre en cause des valeurs jusqu'alors fermement établies, il est indispensable de dégager des fondements éthiques suffisamment forts pour mettre en garde l'ensemble de la communauté des hommes contre une banalisation, notamment, marchande de toute composante matérielle de la personne.

 

5. Relation soignants-soignés

 

Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et la qualité du système de santé, la relation entre personnes soignantes et personnes soignées a vu sa donne sensiblement changée : patients et médecins sont mis sur un pied d’égalité, les premiers prenant, avec les seconds et compte tenu des informations et des préconisations qu’ils leur fournissent, les décisions concernant leur santé.

 

Improprement intitulée « loi de démocratie sanitaire », le texte de mars 2002 met le consentement et l’information au centre de la relation médecin - malade et en renforce la portée : hors consentement, sauf urgence ou impossibilité, pas de soin. Pas de soin non plus, hors situation urgente, si la personne de confiance ou la famille n’a pas été prévenue, en cas d’incapacité du patient à consentir. L’information est portée au rang de paradigme et seules l’urgence vitale ou l’impossibilité d’informer dispensent le professionnel de santé de s’y soumettre. Cette information concerne même des risques nouveaux apparus a posteriori, nécessitant de retrouver coûte que coûte le patient, y compris longtemps après les soins. Le refus de soin devient un droit pour le patient, sauf urgence mettant sa vie en danger, même si la motivation du refus tient du fantasme ou de l’idéologie : ceux-ci ont la même valeur pour le législateur qu’une formation professionnelle validée de 10 ans et plus.

 

6. Début de vie

 

Les questions éthiques liées au début de vie ont énormément évoluées, notamment avec l'apparition de la fécondation in vitro en 1982. Il en va de même pour les questions du devenir des embryons conservés in vitro, de l'impact des nouvelles techniques de la reproduction, en particulier l'ICSI, et de l'impact des nouvelles techniques de contrôle des naissances.

 

Les problèmes éthiques qui se posent peuvent être regroupés en trois grands thèmes:

 

- L'information et l'éducation sur la procréation :

Quels sont les enjeux du planning familial et du mouvement français ? Aujourd'hui, quelle est la place de l'information sur les questions liées à la sexualité et à la reproduction dans la relation médecin/patient ?

 

- Le contrôle de la reproduction :

Quelle est la place de la contraception (souvent utilisée) dans le contrôle de la reproduction ? Y a-t-il des enjeux autour du diagnostic prénatal (dans le cas d'une grossesse "normale") ou pré-implantatoire (dans le cas d'une grossesse "assistée" ou "pathologique")? Aujourd'hui, de nouvelles questions se posent comme celles liées au choix du sexe. Quels sont les enjeux de l'IVG, de l'IMG et de la thérapie fœtale (dans le cas d'une grossesse à risque) ? Ces questions doivent être confrontées à l'expérience des cliniciens en charge du diagnostic prénatal, pour évaluer les limites et les repères possibles et acceptables, face à un débat collectif axé principalement sur l'eugénisme.

 

- Les nouvelles technologies :

Quels sont les avantages et les risques encourus dans les nouvelles techniques utilisées dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation (AMP) telles que la FIV ou l'ICSI ? Il importe d'évaluer de manière précise l'impact des différentes techniques en terme de qualité de prise en charge des couples, d'information et de consentement au sein d'une nouvelle dimension de la relation médecin/malade (médecin/couple), et de suivi des enfants. Par ailleurs, l'AMP met en jeu des techniques nouvelles dont les retentissements biologiques (risques infectieux, génétique,…), médicaux (respect des indications, secret,…), sociologiques (structuration de la famille,…) voire juridiques et politiques doivent être pris en compte et évalués. Les nouveaux enjeux éthiques soulevés par ces évolutions doivent faire l'objet d'évaluations rigoureuses, non pas sous le seul angle d'une réflexion théorique et académique, mais sous l'angle pratique d'une évaluation de terrain menée dans les services avec les professionnels impliqués.

 

7. Fin de vie

 

Le débat sur la mort médicalement assistée est récent, né de la confrontation entre des techniques (notamment de réanimation) toujours plus performantes pour pallier des défaillances d’organes, et l’inanité de continuer des thérapeutiques ne permettant à terme de ne mener certains patients qu’à une vie végétative.

En effet, si les technologies médicale et chirurgicale permettent à ce jour de maintenir la fonctionnalité de la plupart des organes vitaux (coeur, poumons, reins, foie) pour des patients atteints de pathologies graves, le cerveau reste un sanctuaire dont la grande fragilité et l’irréversibilité des lésions confronte de plus en plus souvent les réanimateurs au maintien d’une vie biologique désynchronisée d’une vie sociale et relationnelle pour leurs patients.

Trahissant la complexité des situations médicales rencontrées, le débat sur la mort médicalement assistée se réduit le plus souvent à des prises de position théoriques qui invitent à choisir un camp, dans un contexte où règne fréquemment la confusion entre l’affectif, les connaissances techniques et les valeurs éthiques. Etre pour ou être contre l’euthanasie , telle est le plus souvent l’alternative à laquelle nous croyons être soumis. Or, devant les enjeux moraux, humains, psychologiques et sociaux de ces pratiques, la rigueur intellectuelle exige une prudence réflexive et un discernement raisonné et raisonnable qui obligent à refuser ce choix simpliste. Les jugements qui dénoncent la " criminalité morale " de ces pratiques ou à l’inverse les demandes de dépénalisation ne sauraient aider à réfléchir sereinement cette problématique médicale du monde occidental. Entre le déni de l’existence de ces pratiques par crainte d’une rupture sociale liée à la reconnaissance que le corps médical choisit parfois de " programmer la mort ", et le militantisme réducteur qui promet la solution par la dépénalisation, la société française, paternaliste et idéalisant la santé comme une valeur absolue, est incapable d’aborder le débat. Elle hésite entre le déni ou reconnaissance implicite.

Ainsi, depuis des années, alors que la confrontation est dynamique et constructive dans les revues médicales anglo-saxonnes, les pratiques de fin de vie médicalement assistée en France restent cachées. Aucun avis d’instances représentatives ou institutionnelles permettant de se repérer n’est disponible.

 

Aborder le débat nécessite au préalable une éthique des pratiques qui analyse les situations réelles et non supposées dans les discours théoriques. Ainsi l’amalgame réducteur de toutes les pratiques de mort médicalement assistée sous le terme " d’euthanasie " conduit en pratique à opacifier un peu plus le débat. L’objet de cette thèmatique vise à présenter outre des analyses et évaluations des pratiques réelles à proposer des repères à la fois nationaux et internationaux sur la réalité des décisions et des stratégies soignantes relativement à la fin de vie.

 

8. Handicap

 

La notion de handicap comporte une telle charge émotionnelle sur le plan des rapports humains – notamment dans le domaine social – que la vision médicale en est quelque peu brouillée.

 

Si la réponse sociale au questionnement posé est liée, essentiellement, à la conception que l'on a de la notion de dignité de la personne – quelle que soit, par ailleurs, la nature, physique ou mentale, du handicap - l'approche médicale du problème est beaucoup plus nuancée.

Elle demande, en premier lieu, une vision claire de la mission sociale de la médecine et de ses limites. Quand le handicap, problème médical, devient-il un problème social, et comment, dès lors, déterminer le rôle et la place de chacun, ainsi que les modalités d'une interaction.?

 

D'un point de vue médical, et avant même toute prise en charge thérapeutique – avec le concours des progrès technologiques considérables réalisés – le handicap pose le problème de son acceptation ou de son refus, parfois, même, antérieurement à la naissance, avec toutes les conséquences qu'un tel choix peut entraîner pour le rendre, sinon acceptable, du moins supportable dans un contexte de vie spécifique.

 

 9. Ethique et Société

  

On est amené à constater que les nécessaires changements de comportements des médecins et des patients passent par une réelle nécessité de réflexion, ou prise de conscience responsabilisante, par rapport aux missions d'accès aux soins et aux choix thérapeutiques. De même, les institutions, qui se trouvent impliquées dans l'évolution de la société doivent repenser leurs missions. Ainsi, l'hôpital, pour sa part, doit se repositionner pour savoir comment il doit répondre aux quatre missions fondamentales qui lui sont dévolues: d'asile, de soin, d'enseignement et de recherche. Il y a donc là un formidable débat qui s'instaure, base de recompositions sociales et de choix politiques. C'est un devoir des professionnels de le préparer et de l'alimenter dans le débat collectif. Ce débat doit instaurer la responsabilité de chacun, à son niveau propre, non plus aux seuls plans juridique ou administratif, désormais insuffisants, mais au plan éthique, pour ne pas perdre le sens humain face au développement de techniques et de pratiques médicales qui touchent aux valeurs fondamentales de l'homme (la conception de la vie, l'existence, la souffrance, la vieillesse et la mort). Sans une prise de conscience éthique, les notions d'urgence, de normal et de pathologique risquent d'évoluer uniquement sous la pression de facteurs extérieurs, comme par exemple les facteurs de l'économie de marché au niveau de la gestion d'un hôpital, ou certaines dérives scientifiques dans la course aux protocoles et aux publications. Face à tous ces défis, une réflexion participative, des personnels de santé, des patients, des pouvoirs publics et de la collectivité s'impose. C'est ainsi que l'on pourrait dire que la première population dont devrait s'occuper l'éthique médicale est, en terme de santé publique, celle des acteurs, médicaux ou non, du système de santé. Cette approche se construit à plusieurs niveaux indissociables: ceux de l'enseignement universitaire (des étudiants en médecine tout particulièrement), ceux des structures de soins hospitaliers (destinées aux professionnels de santé, y compris dans un cadre de formation continue) et ceux de la recherche en éthique biomédicale au sein de la santé publique, du droit de la santé et de la médecine légale. - - 

 

Conclusion

 

Notre conviction est telle que pour racheter ce monde des carcans dont il est la victime voilée par des concepts de modernité, de haute technologie,… il faut inévitablement de la morale. Si chacun arrivera à faire à autrui ce qu’il voudrait qu’on fasse pour lui, le monde sera ce qu’il doit être.  

 

Par mwalimu Ladislas
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