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Publié par mwalimu Ladislas

      La vocation philosophique comporte un aspect insolite et le rôle du philosophe est souvent ambigu. Pour comprendre cette affirmation, il suffit de se pencher sur les images véhiculées par le commun des mortels ; le philosophe est un homme distrait, perdu dans l’abstraction dont le langage ne sait plus rejoindre le vécu quotidien et dont les idées ne cadrent plus avec la réalité. Cette conception semble fondée dans la mesure où nombreux sont les philosophes dont les discours hermétiques et confus paraissent à rupture avec le domaine du faire. Leurs écrits sont difficiles à lire car caractérisés par une construction des phrases incompréhensibles pour les non-initiés: cause causante incausée,... Pourtant la philosophie est plus que tout cela. Elle est ouverture au sens de l’existence. Elle s’efforce de pénétrer le cœur de tout existant afin d’en dégager le sens qui l’anime et le consolide.

Le philosophe, c’est l’homme du sens (signification). Sa vocation n’est pas de contempler éternellement le ciel infini en méprisant  le fini mondain. Le sens de l’existence qu’il vise ne sera atteint que dans la mesure où sans oublier l’ouverture à l’infini, il prend au sérieux la finitude même. Si l’on comprend ainsi l’expérience philosophique, ne peut-on pas dire alors que cette distraction et cette abstraction propre au philosophe sont plutôt le fruit d’une attention et d’une tension vers la profondeur de tout existant pour en saisir le sens et l’origine.

La finitude concrète à question, c’est le lien où se déroule la vie. Le philosophe l’expérimente aussi comme lieu d’une tension fondamentale entre l’universalité de l’organisation sociale et particularité des intérêts privés de chaque individu. Le philosophe vit dans une communauté historique et il sait que le sens qu’il cherche ne se découvre que dans l’éveil permanent, dans la veille anxieuse qui lui permet de maintenir vif l’idéal qui l’anime : être et agir de telle sorte que la raison se fasse monde et que la passion  des intérêts privés ne nuissent à l’intérêt général.

  Le philosophe, en évaluant les idées politiques, se manifeste en même temps comme un être politique non seulement parce qu’il vit dans une Polis mais aussi parce qu’il est animé du souci de la bonne marche de la cité. Bien qu’il soit politique, le philosophe n’est pas et ne doit pas être politicien. Il devient politicien lorsque oubliant la nécessité d’instaurer la raison et le sens, il accepte de se mettre au service d’une démagogie et d’une idéologie qui défend les intérêts d’un groupe.

 Cette négation de la politique politicienne  montre que  le philosophe est artisan de la morale refusant toute ruse et toute hypocrisie pour promouvoir le sens et la raison dans la société.

Dans la perspective de ces trois objectifs, nous voulons souligner la place qu’occupent trois groupes représentants de la philosophie dans l’antiquité : SOCRATE, PLATON et ARISTOTE. Avec eux, apparaissent déjà trois idées politiques : la loi, la justice et le bonheur. Quel est le prélude conduisant aux trois philosophes précités ?

Dès la fin du 5è S Av JC, des problèmes capitaux et relatifs à la politique sont posés à Athènes. Les grecs ont en effet procédé très tôt à une thématisation de leur vie politique. Ils ont réfléchi systématiquement. Cette thématisation résulte  d’une réflexion critique sur l’expérience intérieure et extérieure de la cité. Le problème politique stimule la réflexion à Athènes apparaissant comme la mère de la science politique. Cette ville d’Athènes est la première cité à avoir fait émerger l’idée de la loi.

 

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