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Publié par mwalimu Ladislas

            Dans cette réflexion nous voulons avoir un regard  projeté au loin sur la musique. Il sera aussi question de voir vers quel idéal la musique progresse. Comment la dialectique tradition-modernité entre t-elle dans la sphère de la musique africaine ? Mais aussi et conjointement à cela, l’on pourrait se demander  comment la musique traditionnelle fonde la musique des africains modernes ? En outre, peut-on se passer de la musique traditionnelle dans la musique moderne ? Quel est le rôle de la musique dans le mode vécu ?

  1. De la musique en général  

            On peut trouver qu’il est déplacé de parler de la musique dans le cadre de la communication, de la philosophie et surtout dans l’optique tradition-modernité. Cette plongé incertaine peut venir du manque d’information ou de formation au sujet de la musique. Celle-ci est inséparable de la danse.

            Disons qu’une musique, traditionnelle ou moderne, est considérée en Afrique, et surtout en République Démocratique du Congo, comme le fruit des dons des artistes. Dans l’espace musical africain et congolais, l’instrumentation technique est récente. La musique ne relève pas d’une science acquise, mais d’un art issu de la débrouillardise et de la tradition de chaque ethnie ou tribu. Cette musique est exécutée par le corps. Et selon Aldo Falcon, « le corps offre nombreux détails significatifs, riches en valeurs sémiotiques. C’est par le corps qu’on s’exprime aux autres, qu’on vit avec eux, qu’on se donne dans le don de soi-même qui est l’amour… »[1].

            Ce talent pré-réflexif et cette inspiration préscientifique de nos musiciens tracent le message traditionnel et le rôle intrinsèque que doit jouer et véhiculer la musique. L’artiste compose sa musique à partir de sa tradition, il rénove son style musical en fonction de sa culture. Une musique qui a atteint son apogée (modernité)  transmet d’une personne à une autre, d’une génération à une autre. Et par cette transmissibilité, la musique arrive à sa conservation et à sa perpétuation c'est-à-dire à sa traditionalisation. La musique est conservable et communicable. Nous ajoutons que le remplacement du tam-tam par les drums (batterie) tout comme la substitution de l’ « atalaku » en kinande « omwimbiriri » (le préchantre) par un soliste n’altère en rien l’originalité culturelle de la musique africaine et  congolaise. La rythmique des tambours et la fonction des chanteurs restent spécifiquement africaine ou congolaise bien que cette musique se soit modernisée ou occidentalisée dans l’instrumentation utilisée.

Quelle critique apporter à la musique moderne.  

2. vers une critique de la musique actuelle 

            Faire une critique de la musique actuelle ne signifie pas qu’elle est à rejeter ou que la musique supposée traditionnelle n’a pas aussi connu des failles. Nous sommes sans ignorer que la majorité de la musique / danse anciennes dans la culture Yira avait un but : celui de conseiller le peuple, de l’informer à propos d’un événement existentiel. L’exécution de cette musique au niveau du corps, se faisait moyennant les pieds, les épaules, les bras et un habit spécifique était approprié à tel point qu’on ne pouvait jamais exposer ses cuisses, ses seins et surtout pas le sexe.

            Ce faisant, le comportement agressif des enfants, des jeunes de ce siècle doit avoir des soubassements à la musique. Depuis l’avènement de la télévision, l’impact de la violence sur le comportement, tout particulièrement des enfants, occupe une place très importante qui mérite une réflexion sociale. Les médias sont la cause sinon l’indice principale des comportements violemment agressifs. La relation causale entre comportement agressif et consommation de scènes violentes demeure un sujet de controverse. Nous nous demandons si ceux qui étudient l’information et communication peuvent nous contredire.

            En effet, les situations frustrantes sont source de violence. Certains enfants voient une pendaison à la télé pour passer à la pendaison d’un de leurs dans les jeux d’enfants. Cet exemple peut s’observer pour tout autre acte inhumain, mieux n’importe quel acte contre la dignité de l’homme comme le viol, le massacre, le fait de (se) droguer, pour ne citer que cela. L’apprentissage par observation ne laisse pas l’homme, enfant comme adulte, libre. Il cherche et cherchera toujours à expérimenter, à être curieux.

            Même si la violence semble faire parti du quotidien, l’agression présentée par les médias renforce l’agressivité naturelle des individus. C’est à la télé qu’on trouve la nudité surtout de la femme. Dommage, celle-ci imite, on ne peut plus déraisonnablement tout ce qu’elle a vu. Ici elle s’habille en muni-jupe, à côté elle est en habit léger et transparent, là elle est à ventre et torse nues, ailleurs c’est le slip et bientôt elle restera tout nue : un progrès dans la régression, quelle modernité !

            Ma musique actuelle, comme les médias, est une source d’indices agressifs, capable d’accroître le comportement violent, lequel comportement est généralisé (homme est contre homme, contre l’environnement- la nature et pourquoi pas contre Dieu). Les médias ne sont-ils pas un des facteurs possibles du comportement (agressif) de la jeunesse évoluée (modernisée) ?

            Au lieu de conclure, la musique bonne sera celle qui réalisera et qui mettra à la vue de tout le monde par exemple une chorégraphie modeste et moderne, qui supprime tout soupçon ; celle qui sera en accord avec les mœurs, qui ne blessera pas la coutume ni la tradition, celle-là sera une musique de la modernité africaine.  

CONCLUSION  

            Pour atterrir, disons que commencer, continuer, vouloir résoudre tout par la communication et surtout vouloir conclure tout dans un monde vécu qui renferme tradition-modernité, nous soutenons pour ce fait que tradition-modernité sont coexistantes et coexistansives. Le monde vécu porte en son sein tradition-modernité et fonde leur aller-retour dans notre vie.

            La musique comme dimension du monde vécu est le fruit de la tradition qui se métamorphose perpétuellement dans la modernité.

Si l’on y réfléchi, la musique moderne tend vers une déception qui, en vrai dire, le « danser autrement » pour dire les quand, où, qui, comment et pourquoi danser n’a plus son sens intrinsèque. La musique ce n’est pas toute la musique) nous dénude jusqu’à ce que tout  s’étonne. Faudrait-il songer à une certaine philosophie de l’habit et du sexe.

            La tradition implique et inspire la modernité et cette dernière suppose et relate la tradition. C’est à une communication sans pareil et pareille à celle qui se passe entre tradition-modernité, que Habermas nous invite. Cette communication nous plonge directement dans une interaction, une intercommunication et une intercompréhension, dans notre monde vécu.


Ladislas Katsuba Kinyali et
Maombi Katembo

 

 



[1] ALDO FALCON, Histoire de la communication. Des origines à la naissance du journalisme, Médiaspaul, Kin, 2003, p.20.

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