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Publié par mwalimu Ladislas

 Résumé

 

            Quand nous faisons une analyse de tout ce que l’homme subit et de tout ce qu’il fait, nous nous rendons compte qu’il y a un caractère commun dans n’importe quelle manifestation de l’être : c’est l’agir. Cet agir semble obligatoire car l’homme doit toujours agir.

            Reste à savoir si l’homme est  engagé dans son action ! Si l’univers, l’environnement, l’atmosphère nous affiche une survie mieux viabilité sans espoir du lendemain (à cause des méfaits de la technoscience), alors l’homme doit re-voir son agir pour le meilleur être d’habiter le / au monde.

            Au lieu de conclure, il y a possibilité de récupérer ce qui est encore récupérable, dans la nature et à partir de la nature, par notre action bien déterminée au profit de l’homme, du monde et de tout le monde. C’est une entreprise et des conservateurs, et des politiciens, et des philosophes, etc. dans une communion communicable et communicative. Mais la question reste : où va notre action ?


0. INTRODUCTION


         Une réflexion sur l’agir conduit à s’interroger sur l’homme, la création et même sur Dieu, source de toute chose. Dans la vie de chaque jour, l’homme est embarqué par l’agir. Il subit la vie et la situation qu’elle lui réserve. Cependant, qu’il le veille ou non, il est contraint à agir. L’homme agit toujours.

Pour l’homme, l’agir qui se concrétise dans l’action et par l’action, lui apparaît souvent comme une obligation ; il prend la racine dans l’intimité secrète de la vie subjective en liaison avec tout l’univers. Pour ce faire, l’action humaine s’avère indispensable pour sa vie pratique tant individuelle que sociale. La vie, mieux l’action humaine est toujours déterminée par une volonté de faire quelque chose. Elle s’impose à la conscience humaine comme une obligation et une nécessité.

Eu égard à ce qui précède, plusieurs questions se posent :

-         La vie est-elle essentiellement agir?

-         Où va notre action d’après tout ce qui se manifeste actuellement ?

-         L’homme va-t-il bâtir ou habiter un monde insensé et d’où provient et jusqu’où culmine sa raison, peut-être sa déraison ?

 

Voilà donc autant de questions qui constituent le nœud de notre exercice et auxquelles questions pas mal de chercheurs avant nous ont tenté de répondre, comme Maurice BLONDEL.

Pour BLONDEL, l’homme agissant, de par sa volonté individuelle, cherche toujours à s’épanouir à travers l’action au sein de la société. En agissant à travers l’action, l’homme est caractérisé par le fait qu’il cherche incessamment à s’ouvrir à la société. La volonté individuelle cherche donc à tout prix à se dépasser pour se découvrir davantage dans l’action qui tend à s’universaliser.

Nous nous proposons cet exercice d’abord pour voir l’itinéraire de l’homme dans sa vie pour la réalisation de celui-ci comme être toujours agissant. Ensuite, nous nous engageons pour vouloir connaître ce qu’est l’agir, l’action dans la vie de l’homme. Enfin, voulons-nous réfléchir sur le décollage de l’action pour une parfaite réalisation de l’homme et l’aboutissement par lequel l’homme prend son sens comme être tendu vers sa destinée.

Quelques idées fondatrices nous ont poussé à réfléchir sur l’agir comme fondement de toute manifestation :

-         si le monde expose une crise, il semblerait que c’est suite à ne plus savoir comment et pour(quoi) agir,

-         l’individualisme en éruption, qui rejette dos à dos l’intersubjectivité serait à la base de pas mal de perturbations au monde actuel,

-         la source et le mobile d’expression de l’action seraient la volonté. Et, cette action humaine aurait un aboutissement, le pur agir.

Notre recherche ne consiste pas à tout dire sur l’agir qui du reste, surtout actuellement, est problématique parce que mis à cause. L’homme est devenu autre chose : il produit tout sur la nature au nom de la technoscience. L’homme est réifié et tôt ou tard ce sont les catastrophes sur le même homme devenu objet d’expérimentation et sur l’univers, l’environnement. C’est affreux.

Notre méthode est compréhensive du fait que nous comprendrons tant soit peu l’agir, avec l’auteur, face à la vie de l’homme. Elle est aussi critique par notre observation analysante et analysée de ce que l’homme affiche à l’égard de son semblable et de son entourage.

Trois points feront le bien fondé de l’investigation. Le premier : « L’inévitable action » nous définira l’agir et l’action tout en montrant que l’action est une chance et un danger pour l’homme. Quel paradoxe ? Le deuxième ayant pour titre « La volonté humaine, source et mobile d’expansion de l’action » nous exposera le pouvoir qu’a l’homme pour fonder l’ensemble de sa vie complète et ériger son agir. Le dernier enfin, quant à lui, abordera la question d’un infini qui entre dans la vie de l’homme comme une réalité vivante dans l’achèvement de la destinée humaine. Son titre est : « Le pur agir : aboutissement de l’action ». Une conclusion nous ouvrira plusieurs perspectives à partir d’un questionnaire.


I. L’INEVITABLE ACTION


        L’homme, de par sa nature, se trouve face à des différentes situations qui l’incitent, tant implicitement qu’explicitement, à agir. Cependant, il ne saurait aucunement suspendre sa participation à cette dimension, car en effet, l’action procédant de cet agir est avant tout une activité propre du sujet agent. Que dire alors de l’agir et de l’action ? Y a-t-il une différence ou une simple nuance ? Que dit BLONDEL à ce propos ? Le premier point nous le dira.


         I.1. Vers une définition 


I.1.a. L’agir


         Dans la langue française, le  sens de l’agir est cette révélation de notre état profond. Dans ce contexte, l’agir devient le fait de faire quelque chose, avoir une activité qui transforme ce qui est …. (Dictionnaire Le Robert Micro).

Chez BLONDEL, l’agir dépasse le cadre de pratique ; il est plus vaste que le faire dans la mesure où il est la propriété à tout concept, à toute réalisation. Savoir raisonner, savoir réfléchir, savoir manger,… ont tous en commun l’agir. Il résulte de ces notes que, pour BLONDEL, les êtres qui sont, sont ceux qui agissent. L’agir, pour lui, n’est pas seulement une caractéristique de l’être, il devient l’essence même de l’être à tel point qu’on peut dire : être c’est agir.

I.1.b. L’action

L’action est l’acte, le fait, l’exploit ou encore cet exercice de la faculté d’agir. Selon l’auteur, l’action comprendrait l’ensemble d’activités humaines. Ecoutons-le à ce propos : « sans méconnaître que la pensée éclaire l’action, je voudrais montrer que c’est l’action surtout qui éclaire la pensée. Elle est l’abondance du cœur et la garantie de toute sincérité intellectuelle »[1]. De cette citation, l’auteur veut dire que c’est par la pensée qu’on arrive à des productions ; mais aussi c’est par ces dernières qu’on connaît l’intention de quelqu’un. L’usage du terme action, au sens blondélien, apparaît justifié, car il s’agit en fait d’un double effort conjugué d’intelligence et de volonté, soit pour la réalisation matérielle d’une idée, soit pour la réalisation pratique d’une intention, soit enfin pour la réalisation spirituelle d’une union.

Faisant un regard interprétative et critique dans le secteur de l’environnement, l’homme ne vit plus avec son entourage, non plus pour son entourage moins encore il ne connaît plus la genèse et l’horizon de la vie. Son action, son agir rejette toute règle et tend  à affirmer qu’il est interdit d’interdire curieusement !  Dans ce contexte, tout devient possible jusqu’à ce que tout ce que l’homme fait devient un contraste : une chance et un danger à la fois. Dans quel contexte sera-t-il possible ce contraste ? Le point suivant essaie de répondre à ces questions non moins importantes.


         I. 2. L’action, chance et danger pour l’homme


        L’homme se révèle un être en devenir dont la principale tâche consiste à conquérir et à développer son être. Il s’éprouve non seulement existant, mais il expérimente aussi et au même moment la lourde responsabilité de pouvoir dire qu’il se doit aux autres êtres.

I.2.a. L’action comme chance.

L’homme, éprouvant sa situation comme inachevée, est contraint d’aller de son état natif vers l’homme tel qu’il doit être. C’est ici une tâche essentielle qui, tôt ou tard, finit par incomber à chacun. En effet, l’expérience ne cesse de nous apprendre que ni l’art, ni la technique, ni le bien-être, ni la démission, ni la révolte ne satisfait pleinement nos aspirations profondes.

            En plus, l’action semble avoir pour effet de coordonner et de subordonner l’ensemble des énergies intérieures. En fait, on ne peut pas s’abstenir d’agir car en s’abstenant d’agir c’est encore agir. En agissant, nous exprimons notre nature profonde, nos aspirations essentiellement humaines ; « nous faisons l’homme »[2],…

            Grâce à notre action, nous avons la chance de faire l’homme. Mais aussi, c’est grâce à cette façon de faire, l’homme (nous) arrive quand même à faire l’incroyable pour ne pas dire l’animal. Que dire de cet aspect aussi important ?

I.2.b. L’action comme danger chez l’homme

Quand l’homme cherche à se suffire, alors qu’il ne peut y réussir, quand il éprouve la nécessité d’agir pour les autres, avec les autres et par les autres, c’est encore la volonté qui se retrouve. Par ailleurs, nous avons à constater que :

« L’action qui s’impose, pose donc un problème, celui de sa signification, de son orientation. Quoi que je fasse, j’agis. Mais que importe cette nécessité à laquelle je n’échappe pas, même que je crois la tourner ou que je feins de l’ignorer ? Où va l’action ? »[3]

 

C’est une évidence que tout ce que l’homme fait, il le fait au sein d’une société. Nous remarquons que, quoi qu’on fasse, l’humanité est intéressée à l’action de chacun comme à un nouvel élément de l’équilibre général. Dans ce contexte, nous venons de le voir, l’homme ne limite pas son regard à la famille, à la cité, à l’humanité. Il jette son intention au-delà encore. Il est pourtant regrettable de constater que l’action de l’homme nie encore l’homme voire son créateur. La menace de la biodiversité explique mieux ce contact. Et pourtant « Agir, c’est en quelque façon se confier à l’univers »[4] 


I.3. Conclusion


         Suite à notre condition humaine, nous agissons toujours. Tout cela, la volonté joue un rôle inégalable dans l’agir humain. Quand bien même volonté en connivence avec agir ne dirige presque pas vers le bonheur et que c’est l’agir qui est le motif de toutes les actions de tous les hommes jusqu’à ceux qui vont se pendre, l’agent, de par  son action, attend la pleine réalisation et la concrétisation parfaite de ses aspirations. Au lieu de s’enfermer sur soi-même, l’action permet à l’agent de s’intégrer dans la société. Autrement, elle développerait un égoïsme notoire qui l’écarterait davantage des siens. En agissant, le sujet comprend que « l’homme ne se suffit pas ; il faut qu’il agisse pour les autres, avec les autres, par les autres. »[5]


Ladislas KINYALI et Alphonse KAMBERE SIVAVWIRANA

[1] Blondel M, Carnets intimes (1883-1894), Cerf, Paris, 1961, p.97(558p)

[2] BLONDEL M., L’action. Le problème des causes secondes et le pur agir, tI, PUF, Paris, 1949,pp58-59(364p).

[3] Fr TAYMANS D’EYPERNON, sj., Le Blondélisme, Louvain, Paris, 1933, p30 (189p)

[4] BLONDEL M., L’action (1893). Essai d’une critique de la vie et d’une science de la pratique. 3e ed., PUF, Paris, 1973, p280, 495p.

[5] Ibidem, p.198.

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