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Publié par mwalimu Ladislas

         La société est faite par et pour l’homme. Ce dernier connaît un changement d’état de l’amour de soi à l’amour-propre dans son état d’être à cause de la propriété par laquelle il défigure le cosmos.

 

         Les lois et le gouvernement seront injustes pour autant qu’ils seront façonnés en base des intérêts particuliers, sur la corruption. L’esprit humain a connu et connaît encore une évolution quelconque aboutissant à une dépravation de la vertu, de la bonté humaine. Faudrait-il alors aux hommes de toute race de tout pays, de toute religion une conscience droite qui projette l’humanisation comme le primordial idéal du bonheur, du meilleur être ?

 

         A la lumière de tout ce qui précède, plusieurs questions se posent. Quel serait le vrai sens de la démocratie ? N’y a-t-il pas une multiplicité des sens du mot démocratie qui ferait que ladite démocratie soit un paradoxe pour le gouvernement actuel de presque partout ? Voilà autant d’interrogations qui préoccupent et qui font le parcours de cet exercice. D’autres chercheurs ont réfléchi et d’autres encore réfléchissent sur la question de la démocratie contemporaine, à l’instar de Robert REDEKER pour ne citer que celui-là.

 

         La vie est devenu un objet du pouvoir. Quelques idées nous poussent à penseur que la démocratie serait un gouvernement des opinions particulières, pour un intérêt d’abord personnel. Il serait aussi vrai que la vraie politique est devenue le pouvoir des affaires privées de l’homme du commun.

 

         Notre souci est qu’à travers ces phrases, nous redéfinissions l’essence de la démocratie et par la suite éveiller en l’homme le souci du politique. L’animal politique qu’est l’homme saura ainsi bâtir une société humanisante où chaque vie se sentira non plus étranger chez soi, mais débout dans sa patrie.

 

         Une analyse - critique nous servira comme méthode dans cet extrait. Pour faire un certain décollage vers les objectifs, nous nous limiterons à la société politique d’aujourd’hui et puis au sujet de la démocratie comme ponts à traiter. Nous sommes en Afrique, en R.D.Congo, Province du Nord-Kivu.

 

         Depuis bien longtemps, le peuple a connu des injustices sociopolitiques et économiques. Les valeurs humaines ont perdu leur pertinence pour accéder à la finalité transcendantale humaine. Ceci justifie la guerre politique, économique, sociale et morale. Tout cela cadre avec ce que disait ROUSSEAU :

« Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu ; les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent. L’un vous dira qu’un homme vaut en telle contrée la somme qu’on le vendrait à Alger ; un autre en vaut rien, et d’autres où il vaut moins que rien. Ils évaluent les hommes comme des troupeaux de bétails »

Cette citation expose la condition humaine de l’animal politique d’aujourd’hui, au Congo Démocratique comme ailleurs. Que dire de la société politique ?

 

 

1.     LA SOCIETE POLITIQUE D’AUJOURD’HUI

 

L’homme se confronte à une réduction de l’état primitif à l’état artificiel. Celui-ci se perpétue comme l’état de la dénaturation. C’est le monde de l’auto estimation. L’homme fort du monde est déguisé en richesse car l’argent fait son idole et la perspicacité économique impose une néo-colonisation au peuple dépourvu.

 

L’idéologie d’exploiter l’homme perturbe tout l’équilibre de l’humanité : l’un frappe, l’autre en souffre. L’homme est devenu la déconstruction de l’univers humain. Quid alors de la société politique ?

 

Si la société est l’ensemble des êtres ayant un idéal commun de vivre ensemble sous une règle universellement approuvée, alors la politique n’aurait pour but que de diriger les citoyens en vue du bien-être public. Autrement dit, « la politique, c’est alors la science qui mène, qui fait paître, qui nourrit, qui s’occupe de la vie des êtres humains vivant en commun : c’est la science qui a pour objet l’élevage en commun des hommes ».

 

Au demeurant, grande est la place qu’occupe la politique dans le gouvernement de la société. Le surgissement de cette société politique doit être une prise de responsabilité de la part des politiques envers les gouvernés. Dans ce contexte, le gouvernement du peuple aura pour rôle d’assumer sa responsabilité politique, de promouvoir la sécurité du peuple, de défendre les intérêts du peuple et sauvegarder le bien-être de tous, moyennant les lois.

 

A la lumière de ce qui précède, le souci de la politique serait de gérer sincèrement et honnêtement les affaires publiques, de maintenir la paix sociale, de permettre aussi bien que possible l’épanouissement de chacun des citoyens. Voilà pourquoi, il existerait un désert intellectuel au tour de la réflexion sur l’homme qui conduirait à une mécompréhension du sens ‘démo-cratie’. Le revers de cette façon de faire est l’oubli de la place de l’homme, lequel homme est qualifié de « l’énervé, le stressé, le deshomme… L’énervé est en effet l’homme dé-fait, l’homme tellement déconfit qu’il ne lui reste plus pour être, pour exister, que les nerfs et une forme de volonté » l’étrangereté heideggérienne.

 

Grosso modo,  il existe une certaine manière de vivre. L’homme est un animal social, bon an  mal an, un animal asocial. Ce dernier caractère n’exclut pas que le même homme soit un animal politique. Aujourd’hui plus que jamais, l’homme voudrait un certain consensus, un dialogue dans la façon de gouverner et d’être gouverné. C’est cette lutte insoupçonnée qui abouti malheureusement à des incohérences. D’actuel, une forme de gouvernement est supposé être la meilleure : la démocratie. Cette dernière est devenue curieusement un paradigme perdu de sens, un paradoxe, jusqu’à ce demander s’il s’agit de démoncratie (le gouvernement des démons), de biocratie et/ou de doxocratie, une certaine biodoxocratie.

Quelles considérations apporter au concept « démocratie »

 

 

2.  DE LA DEMOCRATIE, UN PARADIGME PERDU DE SENS

 

Le sens de la démocratie est qu’elle est le principe moteur pour bien gouverner et faire régner la prospérité de la souveraineté. En ce sens, ROUSSEAU stipule que  « le principe moteur d’une démocratie est la vertu, c’est-à-dire l’amour du bien public ».

 

En effet, le système démocratique est préféré parce qu’il donne aux citoyens la possibilité de prendre des décisions capitales à travers les élections libres et équitables et ainsi de contraindre le  gouvernement à respecter ces derniers. La démocratie  est l’un de plusieurs autres systèmes politiques. Aujourd’hui, mieux que demain, la démocratie n’est pas un système parfait mais, pour la plupart des gens qui en bénéficient, elle représente la meilleure alternative du gouvernement.

 

2.1 De la démocratie comme expression de la liberté politique

 

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple c’est la démocratie. Il promet la liberté, l’égalité et le respect de la dignité humaine. Tout citoyen est responsable de son Etat et ne peut le servir qu’avec un amour patriotique. C’est ce que nous pouvons appeler, la participation des citoyens à la vie politique.

 

Avec cette participation qui implique un espace public, nous ne voulons pas nous perdre dans ses présupposés. Toutefois « la notion de l’espace public me paraît inséparable du modèle vers lequel doit tendre une société véritablement démocratique » . A la lumière de cette citation, transparaît un certain intérêt commun  sans catégorisation ni recherche de l’intérêt individuel. Malheureusement, il arrive que les supposés gouvernants effrayent le peuple pour mieux régner tout en se réclament d’un gouvernement démocratique. Reste à savoir si la démocratie est quelque chose à importer, à imposer, ou à exporter. Plusieurs positions peuvent être données. A tout état de cause, chaque individu devrait  garder jalousement sa liberté d’opinion et d’action. Est-il le cas pour la démocratie actuelle ?

 

2.2 La démocratie inspirée par la raison critique 

 

Il est déjà difficile de connaître avec précision c’est que c’est la démocratie. Aujourd’hui, et peut-être partout, chacun fait la chasse au pouvoir, mieux la course au pouvoir. Chacun a ses raisons avouées comme inavouées avec un mobile toujours déjà personnel et caché.

 

Nonobstant, avec les théoriciens modernes, nous sommes d’avis qu’  « une démocratie est composée de citoyens rationnels et motivés qui cherchent à atteindre un objectif généralement reconnu conforme au bien commun, à travers l’initiative, la discussion et la décision collective de tout ce qui a trait aux affaires publiques, … ».

 

Dans cette perspective, nous exposons le problème que doit résoudre la démocratie : trouver les moyens d’accroître la participation, gérer les sociétés envahies. Il y a un certain effondrement des formes anciennes de contrôle de la société, une certaine perte de légitimité de toutes les formes d’autorité y compris l’autorité politique.

 

Le même problème non résolu dans le paragraphe ci haut nous ouvre à une gamme des questions : démocratie a-t-elle changé à polyarchie, à doxocratie ou encore à biocratie, alors finalement au tout à la fois ? C’est un paradoxe, une impasse.

 

 

 

3 VERS UNE CERTAINE CRITIQUE

 

Gérer la société ou l’Etat est l’œuvre de tous. Cette disposition active prône la liberté de chacun pour participer à cette œuvre socio-politique. Moralement et politiquement, l’homme est un être qui se détermine pour un avenir humain et libre.

En effet, dans ce siècle, l’objet de la politique publique est devenu complexe à cause de plusieurs considérations portées à l’homme. Ce dernier est déstabilisé. C’est ce que REDEKER donne comme « nouvelles figures de l’homme, inhumain, déshumain, néghumain » et lesquelles figures définissent ce qu’est devenue la démocratie actuelle.

 

3.1 La démocratie contemporaine comprise comme une doxocratie

 

« Doxa constitue alors un terme péjoratif stigmatisant l’univers de la non pensée. Nous appelons doxocratie (néologisme formé à partir de doxa) le pouvoir des affaires privées : les affaires de la vie privée de l’homme du commun, ou de l’opinion qu’il s’en fait devenant le contenu de cette activité qu’on continue, peut-être à tort, d’appeler la politique ». A partir de cette citation, nous pouvons faire un regard réfléchi sur la façon de gouverner et des hommes politiques et des autres. De près, la doxocratie est actuellement la politique qui est exercée. Ce sont les idées et intérêts  non politiques, des décisions personnelles qui structurent l’activité politique jusqu’à confondre l’Etat avec la maisonnée, l’économie nationale et/ou internationale avec l’économie domestique.

 

Avec cette façon de faire, règne la facilité, le scandale de l’« affaire privée ».Voilà pourquoi, il faut orchestrer des conflits, organiser des groupes des bandits, programmer des guerres pour un gagne-pain on ne peut plus personnel. La démocratie devient ainsi un domaine de la vie. C’est la biocratie.

 

3.2 La biocratie appelée démocratie

 

La conception historique, mieux des siècles passés de la démocratie ne correspond plus. Nous tous spectateurs de tout ce qui se passe de partout moyennant les mass médias. Ici l’on tue, à côté l’on viole, là on massacre et ailleurs c’est le pire. C’est la réduction de l’humain en l’homme au néant, un certain retour de l’homme à l’irrationnel à cause la vie. C’est le retournement dont parle REDEKER   « à la place de l’homme : l’inhumain et le déshumain et le néghumain » .

 

A travers ce qui précède, nous voyons qu’au lieu d’une certaine liberté, il y a une servitude exercée par certains hommes politiques. C’est une sorte de bio politique. Selon REDEKER, « l’époque que nous vivons se caractérise politiquement par la combinaison entre doxocratie (…) et le biopouvoir (pouvoir de faire vivre, pouvoir par la vie). Le bio-pouvoir et la bio-politique sont indexés pour la première fois par  Michel FOUCAULT : « la vie est devenue maintenant, à partir du 18ès, un objet du pouvoir ».

 

A l’instar de cette citation, ce qui compte dans l’exercice du pouvoir aujourd’hui c’est vivre, la vie. L’on peut faire mourir les autres, les mettre à mort, interrompre leur vie pourvue qu’on règne, qu’on prenne possession de son règne. Au lieu de craindre la mort, l’on souhaite être géré vivant.

 

Même dans des pays dits démocratiquement gouvernés, il arrive que les gouvernants gèrent la vie (leur vie) avant tout au sens biologique du terme plutôt que l’économie de la res publica. Le social se biologise. Il a été constaté avec amertume dans les pays du sud que pendant une crise alarmante de guerre, lorsque il y a vaccination des enfants contre la poliomyélite, etc il se rétabli un petit calme et juste après cette vaccination, rebondissent les troubles curieusement. L’on peut à ce cas se demander si ce vaccin c’est pour aider les enfants concernés à fuir ou alors pour autre chose ignorée. Tout cela signifie et c’est un signe à même temps un symbole qui donne à penser.

 

Cela étant, la démocratie vue par les contemporains est devenue d’une certaine façon, une doxocratie et une biocratie, une certaine biodoxocratie de la politique. C’est le propre ou la préoccupation de l’homme privé, de la santé, le « se sentir bien » au lieu du bien-être. C’est un certain solipsisme qui ne dit pas son nom.

 

Dans tous les cas, l’on peut affirmer que la politique passe aussi par des épreuves. Il arrive que les gouvernés exigent à la politique d’écarter toutes les épreuves de l’existence, chose difficile. Quand même, malgré tout, la politique non fondée à l’intérêt privé, à la vie particulière devrait sans ambages éviter les guerres ! Que faire devant ces jugements inquiétants portés sur la démocratie ?

 

 

Conclusion

 

Sans pour autant opter pour une polyarchie, ni pour une biocratie qui se vit sous les ailes de la démocratie, les citoyens doivent se comporter rationnellement et s’intéresser aux affaires publiques en participant à la vie politique. Il est hilarant de voir avec quelle facilité certains leaders oublient l’enjeu véritable de la politique qui n’est pas la manipulation d’options mais l’invitation à se déterminer en fonction des valeurs d’essence morale.

 

C’est l’oubli de cette considération qui qualifie la démocratie comme un paradoxe. Aux leaders de faire un retour sur eux-mêmes. Ainsi, les individus qui ne s’assignent pas de buts dans la vie ne parviennent pas à grand-chose et ceux qui s’assignent des buts trop élevés courent le même danger.

 

Il y a plusieurs interprétations qu’on peut apporter à la démocratie contemporaine. Nous demandons aux autres penseurs de nous compléter. A partir de nouvelles figures de l’homme données par REDEKER, projetons-nous vers les nouvelles « nouvelles figures » de l’homme en nous demandant qu’est-ce que l’homme.

 

OUVRAGES CONSULTES

 

1.                 ROUSSEAU J.J, Discours sur les sciences et les Arts. Discours sur l’origine de l’inégalité, éd.Garnier-Flammarion, Paris, 1971, 249p

2.                 ROUSSEAU J.J, Du contrat social, éd.sociales, Paris, 1987, 264p

3.                 CASTORIADIS C, Sur le politique de Platon, éd. seuil, Paris, 1999, 197p

4.                 SCHUDSON M, Le pouvoir des médias. Journalisme et démocratie, éd. Nouveaux horizons, Paris, 1995, 277p

5.                 REDEKER R, Nouvelles figures de l’homme, éd. Le bord de l’eau, Paris, 2004, 127p

 

 

Ladislas Katsuba Kinyali

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