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Publié par mwalimu Ladislas kinyali

Dans cette partie, jetons un coup d’œil sur l’esclavage en Afrique avec Elodie WEIL et Louise FUCHS (FUCHS, 2010). Lorsque Christophe Colomb arriva en Amérique, en 1492, il instaura ce principe en ramenant des Indiens dans son pays. La traite des Noirs commença peu après, au XVIème siècle, par les Portugais qui réduisirent en esclavage la main d’œuvre africaine. Les conditions de vie de ces hommes sont médiocres : enlevés à leur pays, transportés à fond de cale, forcés à travailler, à renoncer à leur culture et à leur langue, ces hommes seront les premiers à être traités en esclaves, par les négriers[1].

Au XVe s, les Portugais, pendant les expéditions de découverte (1492-Amérique par Christophe Colomb), longent la côte Ouest africaine. Pour financer leurs voyages, ils font prisonniers des Noirs vendus comme esclaves.

A la fin du XVe s et début du XVIe s, début du commerce triangulaire par les Portugais : importation d’esclaves noirs pour l’Europe et l’Amérique ; traite des Noirs et utilisation de plus de 300000 esclaves pour la culture du coton, de la canne a sucre, du café, etc.

Au XVIIe s, on a plus d’1,5 million d’esclaves noirs ;

Au XVIIIe s, parmi les 6,5 million d’esclaves noirs, on signale quelques rebellions ; mais aussi la volonté d’abolition de l’esclavage en France (idée rapidement abandonnée). Notons également la fondation d’un Etat par Toussaint Louverture à Saint-Domingue.

Au XIXe s, il y a abolition de l’esclavage en France, guerre de sécession opposant les Etats du Sud (esclavagistes) et les Etats du Nord (contre l’esclavage), suppression de la traite des Noirs et de l’esclavage dans une grande partie du monde par les grandes puissances.

C’est le commerce triangulaire, aussi appelé Traite atlantique ou Traite occidentale qui va marquer le début de la colonisation. Ce commerce réunit trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. L’Europe est le point de départ. De là partent les bateaux, avec les étoffes, la quincaillerie, les armes, la poudre et l’eau de vie. Les bateaux font escale en Afrique, pour charger de  l’ivoire, du bois précieux, et bien sûr des esclaves. L’Amérique est le point d’arrivée ; les bateaux prennent encore du sucre et du café avant de revenir en Europe. Le voyage est alors terminé.

De plus, les traversées de l’Atlantique n’étaient pas de première classe : sur 12 à 15 millions de Noirs importés, 1.5 à 2 millions mouraient. Ces chiffres effrayants sont représentatifs des conditions de «surpopulation » lors des traversées: les Africains étaient « empilés comme des poissons séchés », comme le dit Jean Meyer dans son ouvrage Esclaves et négriers. « Les conditions d’hygiène étaient catastrophiques, avec tout de même un contrôle sanitaire afin d’éviter les épidémies (scorbut, …) ; les traitements infligés aux futurs esclaves étaient impitoyables (marquage au fer rouge, enchaînement, …) ; la nourriture était mauvaise en qualité et faible en quantité » (Meyer, 2007).

Ces événements menèrent bien sûr à des tentatives de fuite. Mais, la mer entourant les bateaux dissuadait les captifs. Les révoltes n’étaient pas fréquentes. Elles étaient modestes suite au manque de force des hommes mal nourris.

Arrivés à destination, les Africains étaient vendus comme de vulgaires animaux aux négriers américains, au plus offrant. Les esclaves étaient alors utilisés comme main d’œuvre pour les plantations. De même, 50000 Noirs furent importés pour les plantations au Brésil, au XVI e  siècle. Le premier port négrier fut Rio de Janeiro.

Mais, alors, les esclaves sont-ils restés passifs face aux conditions inhumaines dans lesquelles ils vivaient ?

Très rapidement, les conditions d’esclavage dans lesquelles les Africains étaient réduits leur démontrèrent qu’il fallait choisir entre être un « bon esclave »,  se rebeller ou fuir leurs plantations au risque de mourir. Pour les « bons esclaves », il était de mise d’obéir à leurs maîtres, de supporter les coups de fouets, les conditions de vie souvent déplorables, qui souvent revenait à se laisser exploiter jusqu’à la mort. Pour les autres, deux choix s’offraient à eux : la révolte, pour les plus téméraires, assez rares pourtant et la fuite pour les plus intelligents.

La première révolte, assez bénigne eut lieu en Caroline du Sud en 1526. La révolte de Charleston, en 1822, cependant fut beaucoup plus importante. En effet, des milliers d’esclaves, menés par un affranchi : Denmark Vesey, seront presque tous massacrés lors de cet évènement. La rébellion la plus sauvage fut certainement celle de Nat Turner en Virginie, en 1831, qui réunit quelques hommes avec lui, armés de haches. Ils massacrèrent ainsi plusieurs familles, près de 60 personnes au total. Nat Turner fut ensuite arrêté, jugé puis exécuté. Plusieurs autres mouvements contestataires eurent également lieu aux Antilles et au Brésil, par exemple, à Bahia entre les années 1807 et 1837, de nombreuses révoltes de musulmans Noirs ensanglantèrent Bahia.

Fuir était également une solution envisagée. Toutefois, loin d’être dépourvue de risques : en effet, s’ils étaient pris, les fuyards, surnommés les « nègres marrons », étaient exécutés. Par contre, si toutefois ils survivaient, les « nègres marrons » devaient sans cesse se cacher dans des coins sauvages et vivre de rapine.

Pourtant, vers 1815, une organisation secrète d’esclaves affranchis et de Blancs, appelée « underground railway », c’est-à-dire « chemin de fer clandestin », réussit à se mettre en place, faisant ainsi fuir des esclaves noirs et les mettant à l’abri dans des Etats du Nord ou au Canada. L’année 1850 fut l’apogée du « underground railway », Harriet Tubman, après s’être évadée elle-même, sauva la vie de 300 esclaves en les aidants à s’enfuir.

Pour faire face à ces mouvements contestataires, les planteurs réagirent en faisant des chasses aux fugitifs, approuvés par l’Etat. En 1857, La capture d’un esclave réfugié au Nord, dans un Etat censé le protéger, fut l’une des nombreuses raisons d’enclencher une guerre pour la liberté des esclaves Noirs. La guerre de Sécession, qui dura de 1861 à 1865 et opposa les Etats du Nord – pour l’abolition de l’esclavage- aux Etats du Sud- esclavagistes-. Cette guerre ne fut pas vaine, car dès le 31 janvier 1865, l’abolition fut déclarée aux Etats Unis. L’abolition de l’esclavage fut déclarée en 1848, en France, et dans le monde entier au cours du XIXème siècle.

Aujourd'hui, l'esclavage en Mauritanie continue d'exister. Il concerne les descendants des noirs asservis il y a des générations; ils travaillent en partie encore comme esclaves pour les "maures blancs". On ne connait pas exactement le nombre des esclaves dans ce pays, mais on estime qu'ils sont des centaines de milliers. L'experte de l'esclavage moderne Kevin Bales estime que la proportion d'esclaves dans la population totale est la plus haute du monde. Il y a des organisations en Mauritanie comme El Hor et SOS Esclaves qui luttent contre l'esclavage. Le 8 août 2007 le Parlement du pays a adopté une loi criminalisant l'esclavage, puni de dix ans d'emprisonnement (International).

En résumé, les grandes périodes d’esclavage coïncidèrent avec la découverte du nouveau monde. Les Noirs étaient utilisés comme main d’œuvre. Le colonialisme fut l’apogée de la traite des Noirs. Après de longues révoltes et beaucoup de fuites, (sur la terre ferme), l’abolition de ce principe dit « normal » par la population aisée se mit en marche. L’esclavage fut finalement aboli au XIXe siècle ; et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen a finalement clos le sujet. L'esclavage en Afrique est une constante de l'histoire du continent. Il fut pratiqué par diverses civilisations depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui. Il donna lieu à un important trafic d'hommes, la traite négrière et marqua profondément la géographie et les sociétés africaines.

 

[1] Un négrier est une personne qui faisait le commerce d’esclaves noirs. Il (négrier) désigne également le navire qui transportait les esclaves noirs. Et, au sens péjoratif, il désigne toute personne qui exploite indument ceux qui travaillent sous ses ordres. (Microsoft Encarta 2009, 1993-2008, Microsoft Corporation).

 

 

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