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Publié par mwalimu Ladislas kinyali

La question que d’aucuns se posent est celle de savoir pourquoi les pays dits civilisés, développés ont cherché à imposer leur présence dans ceux qui ne le sont pas? Cette imposition, dite « colonisation » a plusieurs raisons. Avant même de les évoquer, disons d’abord un mot sur ce que c’est coloniser. "Coloniser, c'est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, les mettre en valeur dans l'intérêt national, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privés les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures. La colonisation est dont un établissement fondé en pays neuf par une race avancée, pour réaliser le double but que nous venons d'indiquer." (Merignhac, 1912).

La colonisation avait plusieurs justifications : sociale, économique, politique, idéologique,…

Sur le plan Social, il s’agit de sauver des millions d'habitants d'une guerre civile meurtrière (cas du Royaume-Uni). Les colonisateurs devaient conquérir des terres nouvelles afin d'y installer l'excédent de leur population, d'y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de leurs fabriques et de leurs mines (Rhodes, 1898).

Sur le plan économique, l'humanité totale doit pouvoir jouir de la richesse totale répandue sur la planète. Cette richesse est le trésor commun de l'humanité. La nature a distribué inégalement, à travers la planète, l'abondance et les dépôts de ces matières premières; et tandis qu'elle a localisé dans cette extrémité continentale qui est l'Europe le génie inventif des races blanches, la science d'utilisation des richesses naturelles, elle a concentré les plus vastes réservoirs de ces matières dans les Afriques, les Asies tropicales, les Océanides équatoriales, vers lesquelles le besoin de vivre et de créer jettera l'élan des pays civilisés (Sarraut, 1931). Pour Rondet-Saint, "Il ne faut pas se lasser de le répéter : la colonisation n'est ni une intervention philosophique, ni un geste sentimental. Que se soit pour nous ou pour n'importe quel pays, elle est une affaire. Qui plus est, une affaire comportant invariablement à sa base des sacrifices de temps, d'argent, d'existence, lesquels trouvent leur justification dans la rémunération."(Rondet-Saint, 1929)

Politiquement, la conquête d'un Empire renforce le prestige et la puissance de la métropole. "La colonisation est la force expansive d'un peuple, c'est sa puissance de reproduction, c'est sa dilatation et sa multiplication à travers les espaces; c'est la soumission de l'univers ou d'une vaste partie à sa langue, à ses mœurs, à ses idées et à ses lois. Un peuple qui colonise, c'est un peuple qui jette les assises de sa grandeur dans l'avenir et de sa suprématie future... A quelque point de vue que l'on se place, que l'on se renferme dans la considération de la prospérité et de la puissance matérielle, de l'autorité et de l'influence politique, ou que l'on s'élève à la contemplation de la grandeur intellectuelle, voici un mot d'une incontestable vérité : le peuple qui colonise est le premier peuple; s'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain."(Leroy-Beaulieu, 1870)

Idéologiquement, l'homme blanc doit remplir une mission, propager la civilisation, c'est-à-dire celle de l'Europe, parmi les races inférieures, chez les sauvages. "La nature a fait une race d'ouvriers. C'est la race chinoise d'une dextérité de main merveilleuse, sans presque aucun sentiment d'honneur; gouvernez-la avec justice en prélevant d'elle pour le bienfait d'un tel gouvernement un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite; une race de travailleurs de la terre, c'est le nègre : soyez pour lui bon et humain, et tout sera dans l'ordre; une race de maîtres et de soldats, c'est la race européenne. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien." (Renan, 1871).

Toutes ces justifications peuvent se résumer en ces termes: "La première forme de colonisation, c'est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante. Mais il y a une autre forme de colonisation, c'est celle qui s'adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits. Et c'est là la forme moderne (...). Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux (...). Mais, il y a un autre côté plus important de cette question, et qui domine de beaucoup le précédent. La question coloniale, c'est pour les pays voués par la nature même de leur industrie à une grande exportation, la question même des débouchés. La politique d'expansion coloniale s'est inspirée d'une vérité, à savoir qu'une marine comme celle de la France ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d'abris solides, de défenses, des centres de ravitaillement (...). Les nations, au temps où nous sommes, ne sont grandes que par l'activité qu'elles développent; ce n'est pas par le rayonnement pacifique des institutions. (...) Il faut que notre pays se mette à même de faire ce que font tous les autres et, puisque la politique d'expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l'heure qu'il est toutes les puissances européennes, il faut en prendre son parti." (Ferry, 1885)

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