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Publié par mwalimu Ladislas kinyali

Il est une évidence que le but de la vie c’est le bonheur. Ceci pousse-t-il les uns et les autres à user de leurs moyens pour faire ce qui peut donner une garantie à leur vie : les études pour les uns, le travail manuel pour d’autres, le commerce,… l’essentiel étant qu’on se sente heureux dans la vie.

En République Démocratique du Congo, les études (quelque soit le niveau atteint) ne sont pas  une panacée ; surtout dans le secteur de l’enseignement. Evidemment, cela n’empêche pas qu’on fasse un pas de plus dans les études (Master, Doctorat,…) dans l’espoir que le lendemain irait mieux. Tout de même, la réalité est telle que plus on travaille dur plus on gagne le moins possible. Les pauvres enseignants, de quelque niveau soit-il (Ecole Primaire, Ecole secondaire, Enseignement Supérieur et Universitaire),  qui travaillent  jour et nuit gagnent en retour le ridicule (ils sont les mal habillés, les mal chaussés,…), les injures (leur salaire, que certains qualifient d’ailleurs de  « SIDA » au sens de « Salaire Insuffisant et Difficilement Acquis », dénote une moquerie),…

Etablissons, à titre illustratif, une petite comparaison entre le salaire de l’enseignant avec ce que lui coûte la vie au quotidien. Au bout du mois, le pauvre enseignant touche 40000 Francs Congolais. Par contre, un poisson coûte 2000 Francs Congolais. Déduisons que le salaire de tout un mois vaut 20 poissons que le pauvre enseignant croquerait avec sa famille sans rien de plus (pas de braise, pas d’huile, pas de sel,…) et à moins d’un mois (20 jours seulement).  C’est vraiment très paradoxal ! C’est pourtant la carrière qui forme les cadres du Pays : médecins, avocats, communicologues, géologues, hommes politiques,… Ces derniers, une fois au pouvoir, oublient par quelles mains ils sont passés et se partagent les biens de l’Etat comme un gâteau de famille en clamant très haut que l’enseignement n’est pas rentable.

Cela étant, les pauvres enseignants se débrouillent tant bien que mal en initiant de petites activités génératrices de recettes en vue du bien-être de leurs familles. On les verra ainsi se couper à mille et un morceaux: enseignements ça et là (sans pouvoir y être correctement payé également), vente de la braise, vente des boissons locales (le « Mantrakwa[i] » ou la « kasiksi[ii] »),… le comble étant que lescorrections des cahiers des devoirs à domicile ou copies d'examens se feront dans des petites boucheries, dans des restaurants très dérisoires, derrière des éventaires, dans des champs (lors des pauses car affamés et fatigués par les enseignements du jour).

Sous toute cette sueur de la débrouille, il y a lieu de se demander ce que devient la qualité de l'enseignement à transmettre.

 

Quand j'examine de près la situation du pauvre enseignant congolais, je me dis qu'il lui manque seulement l'arme pour faire autant que le pauvre militaire qui, passant outre son devoir et obligations de protecteur du peuple, tracasse ce dernier à la tombée de l'obscurité.

 

Mais, alors, l’enseignant mérite-t-il cela ? Il est grand temps que nos dirigeants repensent la politique salariale. Sans en avoir trop de preuves, il semble que dans ce pays il y en a qui, par mois, gagnent facilement un salaire de 250 enseignants et même plus (4o$ x 250 = 10000$); sans compter les avantages liés au poste. Paradoxalement, on va se rendre compte qu’il n’est que D6 ou Gradué alors que ceux qui ont un niveau d’études supérieur au sien n’ont même pas le un vingtième de son salaire. Quel égoïsme et égocentrisme !

 

Comme solution à ce problème salarial, pourrait-on penser à une formule telle que le même titre scolaire ou académique devrait être payé de la même façon où qu’on soit (enseignement, administration publique,…). De ce fait si un D6, Gradué, licencié ou  Phd,… doit gagner 200$ le mois, cela devrait être pareil pour tous ceux qui ont ce niveau d’études quelque soit le service auquel ils appartiennent. Evidement, cela n’exclurait pas les avantages liés au poste et à l’échelon. Un licencié faisant fonction de recteur d’une Université aurait quelques avantages liés à ce poste qui le distingue d’un autre qui lui donne cours seulement. Aussi, celui qui a déjà quelques échelons aurait un peu plus pour récompenser cette ancienneté dans le service.

 

Pour le bien-être de tous, aidons l’homme politique à bien organiser la polis.

 



[i][i] Bière locale (N-Kivu) à base de maïs.

[ii] Vin de bananes.

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