Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par mwalimu Ladislas

III.A. L’ABSOLUTISME PRINCIER


    Si dans l’Antiquité, la politique, comme organisation de la société, avait pour but de ne pas rendre une seule classe heureuse mais d’assurer le plus grand bonheur à toute la communauté , au Moyen-âge, elle permettait d’assurer l’ordre, l’unité et la paix au peuple. Comment sera conçue cette politique aux temps modernes ? Quatre figures nous serviront de guide : MACHIAVEL, THOMAS MORE, HOBBES et JOHN LOCKE.

 

1. LE GOUVERNEMENT DU PRINCE

 

a)    Vie et œuvre de MACHIAVEL (1469-1527)


     Né à Florence (Italie) en 1469 et meurt là même en 1527, MACHIAVEL est de famille noble et devient secrétaire d’Etat de la République Florentine.

Aux environs de 1512, il est commissionnaire de nombreuses missions diplomatiques (négociations entre Etats). Ce poste diplomatique lui donnera l’occasion d’observer et de scruter les mœurs des hommes politiques installés aux cours royales et de discerner les pratiques secrètes des dirigeants d’Etat. Cette expérience politique l’amènera à la disgrâce (perte des bonnes grâces, de la faveur d’une personne dont on dépend). Il sera arrêté et par chance prendra l’exil.

Il écrira l’œuvre fondamentale : « Le prince » (1513), publiée en 1531.

Il va aussi écrire : « Discours sur la première décade de Tite-Live » (1513-1519).

Un autre livre : « De la manière de traiter les populations révoltées du val de chiana » (1504), « Histoire de Florence » (1521-1525).

 

b)    Théorie politique de Machiavel


    NICOLAS MACHIAVEL ne se préoccupe nullement de concevoir le meilleur régime possible. Il part des réalités pour définir un ordre nouveau où la raison d’Etat  a pour objectif ultime l’amélioration de l’homme et de la société. Le dirigeant doit tenir compte de ce fait et pour sauvegarder son pouvoir et pour procurer la paix à son Etat. C’est le peuple qui doit ainsi choisir son dirigeant. « … Au contraire, celui qui est élevé à cette dignité par le vœu de peuple, s’y trouve seul ; et, parmi ceux qui l’entourent, il en est peu qui osassent lui résister (…) ». (MACHIAVEL, N., Le Prince, Paris, Ed. Terres Latines, 1944, p.72).

         MACHIAL  montre les mécanismes réels dont doivent se servir les dirigeants pour conquérir et conserver le pouvoir : diriger suivant la volonté du peuple, ne chercher rien que  la paix pour ce peuple. Pour mieux se maintenir au pouvoir, il faut principalement obtenir le soutien du peuple. Qui a le peuple a le pouvoir.

         Les lois doivent être conçues et appliquées de façon à inciter le peuple à se sentir pleinement responsable de son Etat. Dans un pareil Etat, tout le monde se sentirait responsable de tout le monde et chacun ferait à chacun ce qu’il voudrait qu’on lui fasse.

         Cela restant toujours irréalisable, le dirigeant doit coordonner les idées de ses dirigés pour tenter d’atteindre l’idéal. Il sera parfois obligé de mentir au peuple en faisant croire que tout va bien alors que le pouvoir va mal.

         Un homme d’Etat est un homme pétrit d’un mélange de prudence, de courage, de ruse, de violence, de pitié, de mensonge, de duplicité.

La politique devient un jeu dangereux. Elle devient non une science mais un exercice du pouvoir excluant toute intention morale. L’homme d’Etat est le stratège, le pragmatique, celui qui atteint une certaine maturité, l’expert. Le souverain ne se souci pas de l’Eglise mais il cherche à civiliser son pouvoir et il sait utiliser la force et surtout les apparences.

NOCOLAS MACHIAVEL nous offre une organisation d’un Etat visant le maintien du pouvoir d’un seul. La politique devient tout simplement une stratégie. Le dirigeant est en perpétuelle lutte pour le maintien de son pouvoir. Dans cet exercice, on exclue la morale. On va droit vers la fin malgré les moyens.

 

c. Conclusion


   L’intention de MACHIAVEL, en écrivant le « Prince », était d’éveiller les hommes aux secrets de la raison d’Etat ou alors révéler la face cachée de l’Etat. Dans cette intention, MACHIAVEL met à jour l’image de l’homme de l’Etat. C’est un homme à deux visages : il donne d’une main, reprend de l’autre. C’est l’ambiguïté par excellence.

Bref, c’est la personne qui sait doser le pour et le contre, le bien et le mal,… pour le maintien de son pouvoir.


Remarque :

-         Machiavélique : rusé, perfide, sans scrupule, immoral. Il faut noter que MACHIAVEL ne s’est jamais identifié à son héros : « Le Prince ». son œuvre n’est pas la propagande d’un modèle de gouvernant, mais simplement le récit du vécu de sa charge publique. Son livre est une sorte de manuel de l’activité politique.

-         Le machiavélisme : qui n’est pas de Machiavel lui-même, se définit comme l’Etat d’une personne qui emploie la probité et la ruse pour parvenir à ses fins : « La fin justifie les moyens ». ce qui n’est pas du tout l’intention de MACHIAVEL.

 

2. L’HUMANISME CHRETIEN

  a)    Vie et œuvre de MORE (1478-1535)


      Thomas MORUS est un homme d’Etat et un philosophe anglais du 16è siècle dont la conduite et les écrits eurent une influence considérable à un moment décisif de l’histoire de l’Angleterre. Il fut premier ministre d’HENRY VIII ; puis il démissionna quand celui-ci se sépara de Rome pour épouser ANN BELEYN et fonder du même coup l’Eglise anglicane ; enfin, en 1535, il fut condamné à mort par son successeur, THOMAS CROMWELL .

         Thomas MORE naquit à Londres vers1478. Fils d’un homme de loi, il devait se destiner au bureau, et c’est dans cet esprit qu’on l’envoya achever ses études à OXFORD. C’est à cette université qu’il connut ERASME (Humaniste Hollandais : 1469-1536, dont l’œuvre est l’ « Eloge de la folie ») dont il devait rester l’ami toute la vie. Ses études terminées, il commença une carrière d’homme de loi, mais il était par ailleurs dévoré d’une passion pour la théologie (à OXFORD il avait traduit l’ouvrage de Saint AUGUSTIN : « La cité de Dieu »). Il hésita sur sa vocation pendant plusieurs années, inclinant à la vie monastique. Enfin, il se décida à « rester dans le siècle » et se maria en 1505, à 27 ans. Il est surtout connu comme l’auteur de l’ « UTOPIE » qui est un grand succès en Europe. Il a également écrit des traités polémiques et des poésies.

 

b)    La pensée politique de THOMAS MORUS


     Jeune Avocat, Thomas MORE refusait toujours de plaider une cause où la morale lui paraissait offensée. Sa vie politique, tout particulièrement, était le miroir de sa haute spiritualité. Il tolérait très mal l’intransigeance tyrannique du roi HENRY VIII. Pour lui, l’Etat doit être administré comme une famille. De la même façon qu’un père ne peut assujettir sa femme et ses enfants, de la même façon le souverain doit conduire dignement et droitement le peuple dont la responsabilité lui est confiée.

Aux yeux de MORUS, l’Etat est une grande famille. Toute sa vie politique sera une lutte contre les méfaits de l’homme politique. Il faut organiser une société dans laquelle seront respectées les valeurs morales et spirituelles.

Toutefois, si chez lui tout se passe dans un accord parfait, il admet qu’au cas contraire un droit de correction domestique appartienne au chef de famille sur sa femme et ses enfants. Il étend cette autorité de façon que dans la famille tout  soit réglé et ordonné et qu’il n’y ait de recours à la justice publique que lorsque l’énormité de crime implique un appel à l’Etat. La politique a besoin de  soutien et de correction. Sans d’avance voir les menaces, il faut dénoncer les injustices au sein de la gestion du bien public. Au bout de l’épée, quiconque veut faire la justice et la paix doit arriver à affirmer sa spiritualité. « On ne renonce pas à sauver le navire dans la tempête parce qu’on ne saurait empêcher le vent de souffler » (MORE, T., L’utopie, Paris, Ed. Flammarion, 1987, p. 126.)

L’accent est ici mis sur sa vie communautaire qui est une déclaration de guerre au principe individualiste. Il faut une société sans classes. Bâtir une pareille société est une barrière contre la corruption dans les Etats. C’est ainsi que MORUS ironise  « sur les pratiques judiciaires utilisées en Europe au début du XVIè S, sur les soldats mercenaires soucieux de leur argent avant que de défendre le pays, sur la pratique conquérante qui amène aux désastres et aux ruines (…) » (op cit., p. 44).

Il faut indexer le mal radical qui pervertit les sociétés. Ce mal, ce sont essentiellement les ferments individualistes dont l’amour-propre dégénère en égoïsme. D’où, le délire de la propriété individuelle d’où sont nées les disparités sociales et économiques du capitalisme, les ambitions politiques des riches. C’est une occasion belle pour sécréter des injustices de tous ordres. Mais, alors, arriverait-on à former une seule et même  famille. En montrant que la société civile est, dès sa cellule originale, une vaste famille, Thomas MORE lui assigne comme règle, dans une mutuelle affection, la cohésion et la solidarité.

         Avant d’être des individus, les hommes sont frères dans la grande communauté humaine. Il est impossible de séparer l’éthique  et la politique. MORUS a éprouvé douloureusement les distorsions, les déséquilibres et les aberrations qui se logent dans la vie quotidienne des hommes. Sous son regard aigu, il est apparu que les hommes ne sont ni ce qu’ils pourraient être ni ce qu’ils devraient être. Ainsi, constatera-t-on, le roi ne peut mal faire, il est le propriétaire absolu du royaume et de ses sujets, la misère du peuple est son rempart (…).

         Dans son souci réformateur, il unit un christianisme moral et une politique de l’ordre. La politique est à ses yeux un outil pour rétablir l’ordre dans la société. Elle devra être une ouverture au respect des valeurs morales et spirituelles au sein de la société. « Il est grand temps que politique et morale remettent les hommes dans la rectitude du chemin » (MORE, op cit ; p.56).

 

3. LE MONSTRE REDOUTABLE

 

a. Vie et œuvre de Hobbes (1588-1679)


     Hobbes est un philosophe anglais né à Westport et mort à Hardwick. Après ses études à oxford, il devint précepteur du fils de W. CAVENDISH et lui resta attaché toute sa vie. Il rencontra Galilée (Italie) et MERSENNE (philosophe et savant français -1588-1648-, Abbé) en France où il séjourna de 1640 à 1451 (craignant d’être suspecté en Angleterre pour ses opinions royalistes).

Il l’auteur d’un « De cive » (1642) (=Du citoyen) ; du « Léviathan » (1651)(=œuvre fondamentale qui est un résumé de sa pensée politique) ; et d’un « De corpore » (1655).

Son empirisme se double d’un utilitarisme moral et s’achève dans une philosophie politique dont la nouveauté consista à associer la notion de contrat social à celle de pouvoir absolu.

 

b. Pensée politique de Hobbes


   Dans sa philosophie politique, Thomas HOBBES considère l’homme comme un être naturel qui lutte contre tout ce qui l’entoure afin de maintenir sa vie. Son essence se caractérise par une conservation de sa vie et un élan à la survie et est appelé à la survie quand il est opprimé à n’importe quel prix. Toucher au conatus(ce avec quoi on naît,le désir, la volonté, le mouvement qui pousse tout être à agir ; chez l’homme, le conatus se caractérise par une conservation de sa vie et un élan à la survie à n’importe quel prix) de l’homme est base de réaction. La seule chose que l’homme conserve jalousement est la vie. Ce conatus présente l’homme dans une nature spécifique qui le met à la ressemblance de la bête : la méchanceté (quant à tout ce qui concerne la vie).

Dans cet ordre, on peut distinguer deux étapes de la vie de l’homme :

 

- L’état de la nature : dans cet état règne la loi de la jungle. Chaque homme est porté à conserver sa vie ; et dans la crainte de la perdre, il est amené à faire la guerre contre son voisin. C’est un état de désordre, un état où l’homme y est pour l’homme un loup, « Homo Homini lupus ». Dans l’état de nature, à chacun appartient ce dont il peut s’emparer aussi longtemps qu’il peut le garder. Dans la guerre, c'est-à-dire dans l’état de nature, rien n’est injuste » (RAYMOND Polin).

Dans cet état de nature, chacun a le droit de faire et de posséder ce qui lui plaît. La mesure du droit c’est la force.

 Mais, alors, les hommes doivent-ils vivre rien que de cette façon ? Où est en ce moment le sens de la fraternité, de la tolérance, de la patience ?

 

-L’état de société : dans cet Etat, l’homme de nature méchante trouve une protection de sa vie. Pour résoudre le désordre naturel de l’homme, il faut ériger un cadre de vie qui permettrait à l’homme de ne plus faire la guerre contre son voisin : c’est la société. Thomas HOBBES fait ici une sorte d’évangélisation dans laquelle il prône le pardon mutuel pour ériger une société d’hommes moraux. « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit. Accordez-vous en conséquence pour renoncer à ce droit absolu sur toute chose que chacun de vous, égal à chacun, possède dans l’Etat de nature et cet accord de renonciation, ayez la volonté de l’observer » (CHEVALIER,J.J., p.48).

         Pour HOBBES, il faut un pouvoir commun, tout puissant, qui serait capable d’imposer la loi à tous et la paix pour tout le monde. Il faut donc un seul qui obtiendra le pouvoir de décider pour tout le monde. Il faut donc un accord entre les hommes : le contrat. Par convention, chaque homme devra renoncer à se gouverner soi-même, à se défaire de sa méchanceté pour la remettre dans les mains d’un seul qui obtiendra le pouvoir de décider pour tout le monde. Le souverain qui aura reçu le pouvoir exerce une autorité absolue sur les citoyens. Il sera même au-dessus des lois puisque le contrat dont il est issu ne le concerne pas mais concerne les signataires. Les lois sont faites pour le roi et non ce dernier pour les premières. Le roi a le pouvoir de les modifier, les garder ou les rejeter. Il est au-dessus de tous et mène le pouvoir à son gré. « Le pacte lui confère (souverain) d’emblée non en tant que contractant mais en tant qu’il personnifie des contractants la pleine autorité législative et judiciaire, le droit de définir à sa guise des normes et des croyances et même de révoquer comme il l’entend ses propres lois » (GANDILLAC, M., « Sur le Léviathan », in Revue de Métaphysique et de morale, N°4, Octobre-Décembre 1973, p.557).

         La politique de Thomas HOBBES évolue vers une monarchie absolue dans les formes de gouvernement de l’Etat. C’est une politique adressé essentiellement au chef d’Etat qui est présenté comme le  « monstre redoutable » en qui tout se rassemble : la méchanceté de l’homme, l’autorité, le pouvoir. A ce niveau, Thomas HOBBES rejoint Nicolas MACHIAVEL. Il s’agit tout simplement de l’instauration de la dictature par la signature du contrat entre les hommes.

Il est prévisible que la politique telle que vue par Thomas HOBBES est un moyen d’unifier les citoyens par le contrat, contrat qui fait sortir les hommes de l’état de nature où la loi est celle  de la jungle ; mais aussi, un contrat qui assujettit le peuple quand ce dernier remet le pouvoir entre les mains d’un seul qui se convertit par la suite en tyran.

 

c. Conclusion.

     
   
La philosophie politique de Thomas Hobbes semble instaurer la dictature par la signature du contrant entre les hommes. Est-ce  une plaidoirie pour la tyrannie, le despotisme, le totalitarisme, la dictature ?

A regarder de près, la réponse serait non puisque Hobbes soutient dans son œuvre l’idée d’une légitime défense : « tout citoyen, menacé dans sa vie par l’Etat, a le droit de se défendre ».

Ø      Le chef est donc un gérant de nos méchancetés : il peut punir,… Méchanceté est ici synonyme de pouvoir. Hobbes n’opte pas pour la tyrannie.

En prônant la légitime défense contre l’Etat, Hobbes n’institue-t-il pas la légitimation de la révolte ?  Ici la réponse est difficile : puisque l’omnipotence de l’homme d’Etat a besoin d’un contre-pouvoir populaire (la révolte s’il y a abus de pouvoir dans la société). Mais, la réponse exhaustive est à rechercher dans la philosophie de Hobbes qui précède sa philosophie politique. Rappelons que la philosophie de Hobbes est un mécanisme qui évolue de la nature vers la culture c'est-à-dire  qui évolue des choses vers l’homme. Ce que Hobbes constate dans la nature, il l’étend à l’homme. C’est ainsi que sa philosophie politique peut-être considérée comme un mécanisme socio-politique. Cette philosophie politique suppose qu’à toute action politique correspond une réaction politique respective c'est-à-dire à toute décision du chef (cause) correspondra un comportement du peuple (effet). Un chef est comme quelqu’un travaillant sur une machine (calculateur) qu’il doit bien maîtriser. Beaucoup de thèses de Hobbes ont servi à installer au 20e siècle le système fasciste de Mussolini et d’Hitler en utilisant la rationalité instrumentale dans l’organisation de la société. Erreur, tout fonctionne comme une machine. C’est possible pour des choses n’ayant pas de conscience !

 

4. LE PACTE SOCIAL

 

a. Vie et œuvre de John LOCKE (1632-1704).


    Philosophe anglais, John Locke fut commissaire royal au commerce et aux colonies. Dans son « Essai sur l’entendement humain » critiquant l’innéisme de DESCARTES, il pose en empiriste le problème de l’origine et des limites de la  connaissance. Son empirisme n’est pas un sensualisme, car si les « idées simples » sont fournies passivement à l’entendement par la sensation (qui enseigne sur les objets extérieurs) et la réflexion (par laquelle l’âme prend conscience de ses opérations), elles se combinent par abstraction ou association pour former les « idées complexes » (de modes, de substances, de relations) entre lesquelles l’entendement établit des rapports (jugements).

Avec sa « Lettre sur la tolérance » (1689) et son « Traité sur le gouvernement civil » (1690), John Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social n’annihile pas les droits naturels des individus.

 

b. Pensée politique de John Locke


   La première intervention décisive de John Locke dans la marche de la pensée politique est de faire passer le droit naturel du côté de la liberté individuelle. Locke s’inscrit dans la même ligne que Thomas Hobbes. Pour le premier, l’état de nature est état de liberté où chacun ne se soucie que de soi, mais liberté ne signifie pas licence. Il y a en effet une loi naturelle à laquelle les hommes comme êtres raisonnables se sentent obligés d’obéir.

         Toutefois, il est à noter que la sanction qui accompagne cette loi est, dans l’état de nature, laissée à l’initiative personnelle ; l’homme ayant naturellement le droit de se défendre, de retrouver ses biens ou de punir, par l’utilisation de la force.

         Chez Locke, l’état de nature ne conduit pas, comme chez Hobbes, à une guerre généralisée en vertu d’une logique interne. La loi naturelle lockéenne rend possible la paix. La guerre ne pourrait procéder que de l’intervention extérieure : l’argent, qui le plus souvent brise le rapport de l’homme à la nature, à lui-même et à l’humanité. Pour éviter cet état de guerre, les hommes vont quitter cet état de nature et vont s’organiser en société. L’origine de la société politique réside en une convention où les hommes décident de constituer une communauté unique. Le pacte social  est donc l’acte de naissance du corps politique. Par ce pacte social, le peuple garde le pouvoir de révoquer les magistrats qui n’assument pas les devoirs que leur charge leur impose.

La société civile garde une autonomie par rapport au gouvernement politique ; et non sur la personne du souverain comme chez Thomas Hobbes. Au peuple demeure attaché le pouvoir suprême d’établissement et d’organisation du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif qu’il instaure par des lois.

Contrairement à Thomas Hobbes, pour qui le contrat assujettit le peuple en remettant un pouvoir abusif entre les mains d’un seul (le lévianthan), Locke quant à lui prône un contrat qui accorde au peuple une liberté politique. La politique, en tant qu’organisation de la cité, est donc aux yeux de John Locke une voie pouvant conduire le peuple à la liberté politique.

Commenter cet article